Tensions sociales chez Skeyes: les actions des contrôleurs aériens devraient continuer

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L’entreprise publique en charge du contrôle aérien en Belgique, Skeyes, annonçait en début de soirée qu’un préaccord avait été obtenu avec les deux syndicats qui s’opposaient jusqu’ici aux termes des négociations et qui poursuivaient des actions qui paralysaient à tour de rôle les tours de contrôle des différents aéroports du pays. Quelques heures plus tard, un des deux syndicats réfractaires à l’accord social obtenu vendredi dernier en commission paritaire, que la direction et le syndicat socialiste avaient adopté, démentait la position de la direction et assurait que les actions de grève tournante dans les tours de contrôle allaient continuer.

L’incertitude continue donc à planer sur les départs en vacances prévus dès ce week-end par de nombreux passagers.

Depuis la semaine dernière, les ailes flamandes de la CSC-Transcom et du SLFP refusaient les termes de l’accord social obtenu vendredi dernier en commission paritaire sur 25 points qui devaient, notamment, tenir compte d’un manque chronique de personnel.

«  L’accord social qui était intervenu vendredi dernier en commission paritaire sera respecté. Les actions syndicales sont arrêtées » avançait mercredi en début de soirée Skeyes, en nuançant cependant que les syndicats devaient encore transformer ce préaccord en accord formel. On peut donc en déduire que les deux syndicats devaient consulter leur base avant de confirmer quoi que ce soit.

Procédure judiciaire arrêtée

Visiblement, le préaccord porte sur la quasi-totalité des points litigieux, sauf un qui reste en suspens. « Un conciliateur sera désigné à propos des shifts de nuit. Ce point était repris dans le préavis de grève mais ne faisait pas l’objet d’une décision dans l’accord de vendredi. La discussion traite sur la question de savoir si un shift de nuit compte pour un jour de travail ou deux » précise encore la direction de Skeyes. Il s’agit d’un héritage social d’application de longue date qui veut qu’une pause de nuit (22h-7h du matin) soit suivie d’un jour de récupération le lendemain et non pas dans la foulée de la nuit prestée. « Après une série de nuits, je termine ma journée de travail à 7 heures du matin puis je vais dormir, la journée est perdue, expliquait il y a peu un contrôleur. Dans le nouveau système, la récupération débute à 7h01, comme si je n’avais pas fait la nuit avant. Je travaille en moyenne trois nuits par mois, ça veut dire qu’ils veulent me reprendre 36 jours sur une année. »

Pour participer à calmer la situation, la direction de Skeyes précise encore que « La procédure judiciaire en cours sur cette discussion est arrêtée. »

« Vous me l’apprenez… »

Un préaccord, vous me l’apprenez, réagit en effet Lennert Mervilde (SLFP), nous avons décidé de ne faire aucun commentaire sur le sujet tant qu’il n‘y a pas d’accord.  » Est-ce en réaction à la communication de la direction que, quelques minutes plus tard, le SLFP faisait savoir qu’il contredisait le communiqué de Skeyes et affirmait qu’il n’y avait pas d’accord, que les actions allaient se poursuivre et qu’une demande de conciliation allait être faite au ministre fédéral de l’Économie, Kris Peeters.

Les passagers en partance, les compagnies aériennes et les gestionnaires d’aéroports ne peuvent donc pas encore voir venir les prochains jours plus sereinement.

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