Robert Vertenueil (FGTB): «Nous ne céderons pas au chantage de la FEB»

Robert Vertenueil (FGTB): «Nous ne céderons pas au chantage de la FEB»

A qui reviendra le valet « puant » ? Mercredi soir, la mauvaise carte politique se trouvait dans le jeu de la FGTB, le gouvernement et les partenaires sociaux invitant le syndicat socialiste à permettre la mise en œuvre de l’ensemble des points de l’accord interprofessionnel (AIP) afin d’obtenir en échange l’application de la norme salariale et de l’enveloppe bien-être (1,7 milliard d’euros).

Autrement dit, si la FGTB votait contre certains points de l’AIP en Conseil National du Travail, le gouvernement n’adopterait pas l’arrêté royal validant une marge d’augmentation des salaires de 1,1 % et ne soumettrait pas au parlement l’augmentation des allocations sociales telle qu’envisagée par les partenaires sociaux. Le leitmotiv était le même tant du côté politique que chez les partenaires sociaux (hors FGTB) : l’AIP est un tout à prendre ou à laisser.

Robert Vertenueil, lui, présente une lecture de cette situation : si ces trois dossiers – normes salariales, AIP et enveloppe bien-être – ne peuvent être traités séparément, c’est parce que « la FEB fait à nouveau le lien entre les dossiers bien-être et les CCT » (conventions collectives, NDLR) mettant en œuvre les points repris dans l’AIP. « C’est un chantage et une prise en otage des allocataires sociaux, tonne le président du syndicat socialiste. Nous n’y céderons pas. »

Bref, il souhaite disjoindre ces trois volets. « Sur la norme, je prends acte de la décision du gouvernement de vouloir reprendre les choses en main, poursuit-il. Sur le bien-être, je suis prêt à signer. Et pour les CCT, qu’on nous laisse négocier au Conseil National du Travail. »

Réunion du Groupe des Dix à 16h

Or au CNT, certains points de l’AIP risquent fort d’essuyer un veto de la FGTB. A commencer par l’augmentation du salaire minimum. En effet, en négociations, les partenaires sociaux s’étaient accordés sur une hausse de 1,1 % au 1er juillet 2020. « Cela fait 10 cent de l’heure, s’indigne Robert Vertenueil. Comme on travaille en moyenne 166 heures par mois, cela représente une augmentation de 16,6 euros bruts. Soit quelque 9 euros nets par mois. C’est une moquerie, une gifle pour les travailleurs les moins bien payés. »

Et le patron du syndicat socialiste de repartir à l’offensive : « Nous ne signerons pas une convention à 1,1 % pour les salaires minimums. Il nous faudra au moins 1 euro/heure », prévient-il. Soit une hausse de 10 %.

Un point de vue que le président de la FGTB ira défendre à 16h lors d’une nouvelle réunion du Groupe des Dix. Avec cette difficulté : hier, même la CSC et la CGSLB s’accordaient pour lier l’ensemble des dossiers. Avec cette formule éculée : il n’y a accord sur rien s’il n’y a pas accord sur tout.

 
 
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