«Édifiant», «poignant», «génial»…: le film Grâce à Dieu suscite les louanges

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Lorsque l’on a annoncé que le nouveau film de François Ozon porterait sur les abus sexuels perpétrés par des hommes d’Église, nombreux avaient prédit que le réalisateur français allait se prendre les pieds dans le tapis. Les craintes ne concernaient pas tant un éventuel manque de qualités du cinéaste – Ozon est une référence du 7e art français – que le timing de la sortie du film. Le jugement du procès du cardinal Barbarin, finalement écroué pour non-dénonciation d’agressions pédophiles, a effectivement été rendu le 7 mars. Après deux assignations en référé émanant de protagonistes incriminés, le long-métrage n’est admis dans les salles françaises qu’en février, alors qu’il était initialement prévu en décembre. En Belgique, il sort ce mercredi 3 avril.

Malgré tous ces remous, la critique est d’accord pour encenser la justesse de Grâce à Dieu. Le Soir a décidé de lui accorder quatre étoiles, soit la cote maximale : « Ozon ne tombe pas dans le débat provocateur. Il questionne notre société avec pertinence et signe un film puissant et poignant d’utilité publique. » L’Avenir indique qu’il s’agit d’une « enquête magistralement construite qui soulève des questions essentielles, avec pudeur et retenue ». Pour la RTBF, Hugues Dayez, plus nuancé, pointe tout de même une lacune : « le talon d’Achille d’une démarche aussi neutre que celle-là, c’est un déficit d’émotion. Grâce à Dieu est toujours instructif, rarement émouvant. »

En France, la critique est dithyrambique. « Grâce à Dieu n’a ni l’allure d’un édifiant film-dossier ni la littéralité des images télé et des articles de presse. Il est même étonnamment doux, serein » en dit les Inrocks. L’Express corrobore : « Il est difficile d’écrire « magnifique », « formidable », « génial », vu le sujet, mais c’est tout de même ça. » Le Monde salue l’audace du cinéaste : Ces dernières années, le cinéma français a soigné en partie sa frilosité à l’endroit de l’actualité. Reste qu’on ne voit guère de scénaristes et de réalisateurs s’emparer d’affaires en cours. C’est ce qu’a fait François Ozon. »

De son côté, Le Parisien a soumis le film à 16 évêques. Et, surprise, la grosse majorité a apprécié. « Je pense que ce film n’est pas à charge contre l’Église et le cardinal. Il a son intérêt. Ce qui est décrit correspond aux faits » rapporte Yves Baumgarten, bras droit du cardinal Barbarin.

Sorti en France durant le mois de février, Grâce à Dieu a cumulé 700 000 entrées sur ses trois premières semaines d’exploitation.

 
 
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