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La ville comme trait d’union

Un ouvrage évoque une nouvelle conception de la ville. Celle-ci doit être « reliante ».

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 3 min

Président depuis juin 2018 de citydev.brussels, ancienne SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), organisme qui met notamment à disposition du citoyen des logements neufs subsidiés par la Région, Antoine de Borman possède également une autre casquette : celle de directeur du Centre d’études du CDH.

Les villes reliantes. Favoriser les liens pour humaniser les territoires urbains. Editions Presses Universitaires de Louvain
; 361
p.
; 20 euros.
Les villes reliantes. Favoriser les liens pour humaniser les territoires urbains. Editions Presses Universitaires de Louvain ; 361 p. ; 20 euros.

A ce titre, il vient de diriger, avec Jérémy Dagnies, la publication d’un ouvrage intitulé Les villes reliantes, aux Presses universitaires de Louvain. Un livre, ou plutôt une brique, qui donne la parole à une belle brochette de spécialistes en tous genres, et qui offre, exemples et images à l’appui, une vision de la ville de demain où l’humain est placé au centre. « Le tissu urbain est un des domaines où il est important de réinvestir », dit Antoine de Borman depuis le Mipim de Cannes. « Créer des nouveaux quartiers est une question que l’on se pose partout en Europe. Nous sommes allés en visiter plusieurs et en avons publié le best-of dans l’ouvrage. Aujourd’hui, il existe beaucoup de concepts de la ville. On parle de smart-cities, de green-cities, de parcs publics en hauteur, etc. Mais pour nous, le plus important est les habitants et les liens entre eux. »

D’où le concept de « linking-cities », les villes reliantes. « A Bruxelles, il y a beaucoup trop d’éléments qui créent des coupures entre les différents quartiers, insiste notre interlocuteur. Je pense notamment au canal mais aussi aux viaducs. Je vois trop de buildings dans lesquels on arrive avec sa voiture dans le parking sous-terrain et où l’on monte dans son bureau sans voir personne. Il faut lutter contre l’isolement, la montée de l’individualisme, les conflits de voisinage, la ghettoïsation ou le sans-abrisme, mais aussi la privatisation des espaces publics, ou le déclin du commerce de proximité. »

Un idéaliste ?

Pour Antoine de Borman, dont la vision pourrait paraître un tantinet idéaliste à certains, une ville est pareille à un appartement où l’on se sentirait bien dès qu’on en franchit la porte d’entrée. « Un exemple de ce qui est raté aujourd’hui dans la capitale est la place Rogier, poursuit notre homme. On y a construit une belle soucoupe au geste architectural fort, ce qui est très bien. Mais ce nouveau lieu ne dégage aucune convivialité. »

Tisser les liens entre les habitants d’une ville, d’un quartier. Mais comment faire ? « Ça passe parfois par des choses très simples comme élargir les trottoirs pour favoriser les piétons et les contacts. Il faut songer à des espaces animés, à des promenades ou à des sentiers dans la ville et développer des espaces de rencontres en utilisant, par exemple, les toitures. J’ai beaucoup l’image du village dans la ville. J’ai la chance d’habiter une commune comme Schaerbeek où il y a beaucoup d’endroits comme ça. Si l’on prend le nouveau quartier Tivoli, on voit qu’il y a eu une vraie réflexion sur ces thèmes. »

Le problème, selon Antoine de Borman, se trouve à la base même de ces développements. « On construit des logements dans des grands ensembles et on réfléchit ensuite aux aménagements qu’on peut faire autour. Or, il faut faire l’inverse. Il faut partir de l’espace public pour arriver aux logements. »

Sur le livre en lui-même, l’auteur explique avoir voulu dégager des solutions concrètes pour rendre la ville plus humaine et donc plus agréable à vivre. Au Mipim, rendez-vous annuel des professionnels de l’immobilier, Antoine de Borman ne s’est évidemment pas privé d’en faire la publicité auprès des promoteurs présents à Cannes. « J’aimerais que chacun d’eux l’ait en mains », sourit-il, « mais puisque nous sommes en période électorale, il m’est interdit de le distribuer gratuitement… »

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