Une ambiance de chaos à Anderlecht après la défaite contre l’Antwerp

Une ambiance de chaos à Anderlecht après la défaite contre l’Antwerp

Il y avait un parfum de pétaudière ce dimanche à Anderlecht. Aux regards hagards des joueurs aux coups de sifflets finals et à un tour d’honneur effectué sur la pointe des pieds et dans une bronca générale ont rapidement succédé des scènes de franc chaos. De celles qui rappellent les heures les moins glorieuses de l’histoire du Sporting d’Anderlecht. 21 ans après des débordements qui avaient mené au licenciement d’Arie Haan en septembre 1998 alors que les Mauves occupaient la dernière place, c’est au président Marc Coucke que les supporters bruxellois s’en sont pris. Regroupés en face de l’entrée principale Avenue Theo Verbeeck, ils étaient plus d’une centaine à vouloir visiblement en découdre avec les forces de l’ordre. Plus certainement donc avec Marc Coucke, ce président avec qui plus rien ne tourne rond depuis sa nomination surprise en décembre 2017.

Seize mois plus tard, le navire tangue, mais le président n’est pas là. Actuellement en vacances, il n’aura pas pu entendre de vive voix le courroux de la frange la plus agacée de ses supporters qui au son des « Coucke buiten » allaient semer le désordre pendant une bonne demi-heure dans les rues adjacentes du parc Astrid.

Quelques explications musclées, la menace de l’intervention d’une auto pompe, des enfants en pleurs parce qu’apeurés, une femme emmenée en ambulance après un malaise et en filigrane ce mano à mano viril entre des supporters désabusés et des forces de l’ordre contraintes de protéger les portes de l’entrée pour ne pas que l’histoire tourne au drame. Le pire a sans doute été évité ce dimanche, mais le mal est là, profond. Et les faits gravissimes. Ils traduisent une rupture peut-être définitive entre les supporters et la nouvelle direction.

Remballé au moment de vouloir venir calmer le jeu, Michael Verschueren en a pris pour son grade et aura, contraint et forcé, une nouvelle fois dû laisser le rôle ingrat de porte-parole à des joueurs visiblement secoués.

Anderlecht's supporters pictured after a soccer match between RSC Anderlecht and Royal Antwerp FC, Sunday 07 April 2019 in Brussels, on day 3 (out of 10) of the Play-off 1 of the 'Jupiler Pro League' Belgian soccer championship. BELGA PHOTO BRUNO FAHY
Anderlecht's supporters pictured after a soccer match between RSC Anderlecht and Royal Antwerp FC, Sunday 07 April 2019 in Brussels, on day 3 (out of 10) of the Play-off 1 of the 'Jupiler Pro League' Belgian soccer championship. BELGA PHOTO BRUNO FAHY - BELGA

Thomas Diddilon en tête qui s’exprimait face à la presse alors que les stewards habituellement présents en zone mixte avaient déserté leur poste pour venir épauler la police à l’extérieur du stade. « On ne peut que comprendre la réaction des supporters, même si je ne sais pas tout ce qu’il se passe actuellement hors du stade. Ce qui est certain, c’est que ce 0 sur 9 n’est pas digne du Sporting d’Anderlecht, nous en sommes conscients. Mais l’important, à ce stade, c’est de se concentrer sur le jeu, pas sur le contexte global un peu catastrophique autour du club. »

C’est peu de le dire. Et les yeux brumeux du dernier rempart bruxellois suffisaient à dépeindre le ressentiment d’un groupe dont on se demande bien comment il pourra se relever d’un pareil traumatisme. « Ce n’est pas facile de prendre du plaisir actuellement, mais il va falloir baisser la tête (sic) et repartir de l’avant. Je pense que ce groupe en est encore capable et qu’il y a suffisamment de caractère pour cela. Ce sera à nous de le prouver dès vendredi. »

Anderlecht's supporters pictured after a soccer match between RSC Anderlecht and Royal Antwerp FC, Sunday 07 April 2019 in Brussels, on day 3 (out of 10) of the Play-off 1 of the 'Jupiler Pro League' Belgian soccer championship. BELGA PHOTO BRUNO FAHY
Anderlecht's supporters pictured after a soccer match between RSC Anderlecht and Royal Antwerp FC, Sunday 07 April 2019 in Brussels, on day 3 (out of 10) of the Play-off 1 of the 'Jupiler Pro League' Belgian soccer championship. BELGA PHOTO BRUNO FAHY - BELGA

Aux fiascos sportifs des derniers mois s’ajoute donc aujourd’hui cette ambiance de fin de règne pour un Marc Coucke encore novice dans l’exercice de la gestion quotidienne d’un grand club, mais déjà expert en communication de crise.

 
 
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