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La Belgique organise une réunion des dirigeants des pays les plus touchés par un Brexit sans accord

Charles Michel veut tout faire pour éviter de donner un air de « mini-sommet » à ce qui devrait être une simple « réunion de coordination politique » entre les pays les plus voisins du Royaume-Uni.

Info « Le Soir » - Chef du service Monde Temps de lecture: 4 min

La Belgique est en train de monter une réunion des chefs d’Etat ou de gouvernement des pays qui seraient le plus directement touchés par une sortie brutale du Royaume-Uni ce vendredi 12 avril. Cette réunion se tiendra avant le sommet extraordinaire sur le Brexit ce mercredi soir à Bruxelles, où les 27 devront se prononcer sur la nouvelle demande de report du Brexit formulée par Theresa May.

« Il s’agira d’une réunion de coordination politique portant sur toute une série de problèmes très concrets qui se poseront à nos pays. Mais il ne doit s’agir en aucun cas d’un “mini-sommet”  », explique-t-on du côté du Seize rue de la Loi. Autrement dit, pas question que cela soit perçu comme une réunion restreinte de dirigeants qui prépareraient entre eux les décisions du Conseil européen proprement dit à 27.

La Belgique sera l’un des pays le plus touché par le Brexit

« Mais nous sommes un peu victimes de notre succès, car d’autres pays qui en ont entendu parler nous ont contactés, souhaitant du coup être de la partie également », explique-t-on encore dans l’entourage du Premier ministre. Les diplomates belges ont d’ailleurs pris soin de contacter les services de Donald Tusk, président du Conseil européen, et du président de la Commission Jean-Claude Juncker, afin de dissiper tous doutes éventuels sur le sujet.

Les pays invités par la Belgique sont la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, la France et l’Irlande, qui ne sont autres que les pays géographiquement les plus voisins du Royaume-Uni, et qui entretiennent les relations commerciales les plus intensives avec ce pays. L’Allemagne a également été approchée : mais comme la chancelière Angela Merkel doit intervenir devant le Bundestag avant le sommet, elle ne peut rejoindre Bruxelles à temps. Ce qui arrange un peu les choses, reconnaît-on au Seize, dans la mesure où la présence de la chancelière et du président français aurait inévitablement donné des airs de mini-sommet à la réunion.

L’Espagne, qui par le caractère britannique du petit territoire de Gibraltar sur la péninsule se considère aussi très concrètement impactée par un éventuel Brexit sans accord, a d’abord manifesté son souhait de participer à la réunion. Mais il n’en sera finalement rien.

Quels sont les problèmes concrets qui demanderont une coordination entre les pays les plus concernés, dans le cas extrême et le moins probable d’un Brexit dur vendredi ? « Les opérations de contrôles aux frontières, pour commencer : on évoque la possibilité de mouvements de personnes à certains points de passage… Mais il y a aussi tout le domaine des inspections économiques et phytosanitaires. Or comme la Commission européenne a été jusqu’il y a peu avare de communication sur la coordination qu’elle a prévue dans ces matières, afin de ne pas donner l’impression d’accréditer le scénario du ‘no deal’, nous avons maintenant besoin d’une coordination entre nous », explique-t-on encore au Seize.

Pas de « mise en scène médiatique »

Charles Michel compte fermement éviter toute « mise en scène médiatique » à la réunion : c’est pourquoi, plutôt que d’utiliser le palais d’Egmont qui sert d’habitude aux rencontres officielles d’avant sommet, le Premier ministre a donné instruction de l’organiser plutôt dans l’enceinte du bâtiment Europa, rue de la Loi, siège du Conseil européen où se tiennent les sommets de l’UE.

Certains se rappelleront qu’en marge du premier sommet européen où il allait être question de la crise grecque en 2015, Donald Tusk alors frais émoulu président du Conseil avait organisé un « mini-sommet » avec le Premier ministre grec Tsipras et le couple franco-allemand Hollande et Merkel. Charles Michel, lui aussi Premier ministre depuis quatre mois, avait fait un esclandre public contre cette rencontre « entre grands », alors que tous les Etats de l’UE payaient pour le plan de sauvetage grec…

Brexit : où en est-on ? (infographie)

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4 Commentaires

  • Posté par De Cuyper Thierry, mardi 9 avril 2019, 13:12

    Pourvu que s'il y a un report, on prenne des mesures pour que la Grande Bretagne ne participe pas aux élections européennes et qu'elle n'envoie pas des députés anti-européens pour s'opposer à toutes les avancées qui surviendront inévitablement si la GB s'en va...

  • Posté par Deckers Björn, mardi 9 avril 2019, 12:05

    Bizarre, LE SOIR a refermé tous les commentaires au sujet des élections en Israël... Cela ne sert pas à grand chose de faire nombre d'articles de commémorations du 25ème anniversaire du génocide tutsi au Rwanda si c'est pour fermer les yeux sur d'autres aberrations dangereuses dans le monde. Il faut dénoncer le nouvel apartheid qui de fait s'installe en Israël et dans les territoires occupés. Ce n'est pas en fermant les yeux qu'on "repense le quotidien"!!! Auriez vous agit de la même manière s'agissant de l'apartheid en Afrique du Sud? Auriez vous piétiner Nelson Mandela? Car c'est bien ce que vous faites! Et ce n'est pas glorieux!!!

  • Posté par BRASSIENE Jean-Louis, mardi 9 avril 2019, 13:59

    Votre commentaire rejoint en partie celui que j'avais rédigé à la suite de l'éditorial du 2 avril, intitulé "«Le Soir» fait peau neuve: repensons notre quotidien" Il y a des sujets qui fâchent, il y a les intouchables qui ne tolèrent aucun commentaire quel qu'il soit. Il s'agit d'une forme de censure "soft" qui dessert le journalisme tel qu'il se conçoit... en théorie.

  • Posté par Rousseau Jean-pierre , mardi 9 avril 2019, 11:49

    Les conservateurs soutiennent ainsi leur collègue libérale Mme May. il est vrai aussi que certains libéraux ont l'habitude de baisser leur culotte. Diviser l'Europe pour faire régner le libéralisme ?

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