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Relativity Space, l’entreprise qui veut imprimer des fusées en 3D

Si Relativity Space réussissait cette prouesse, ce qu’elle n’a pas encore prouvé, elle révolutionnerait l’industrie du lancement.

Temps de lecture: 3 min

À voir Tim Ellis courbé sur son ordinateur portable, seul dans une salle de la plus grande conférence de l’industrie spatiale dans le Colorado, on peine à imaginer que le jeune fondateur de Relativity Space puisse devenir le prochain Elon Musk.

Mais la société qu’il a cofondée en décembre 2015 avec comme vision de lancer des fusées entièrement imprimées en 3D est passée en un an de 14 à 80 salariés, et recrutera 40 autres personnes cette année.

À 28 ans, Tim Ellis a débauché plusieurs vétérans de l’industrie, dont de SpaceX, le leader du marché américain des lancements fondé par Elon Musk. Relativity Space a levé 45 millions de dollars à ce jour. L’opérateur Telesat vient de lui confier le lancement d’une partie de sa future constellation 5G. L’armée américaine lui a accordé un pas de tir à Cap Canaveral.

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Beaucoup moins cher

Relativity Space, basée comme SpaceX à Los Angeles, a imprimé à ce jour 9 moteurs et trois seconds étages en aluminium de son modèle de fusée, baptisée Terran 1, dont le premier vol d’essai est programmé pour la fin 2020.

Avec ses grands robots d’impression 3D, la start-up affirme diviser par 100 le nombre de pièces par rapport à une fusée traditionnelle. « Nous ne sommes experts que dans deux ou trois processus », fait valoir Tim Ellis, au lieu d’avoir à gérer une grande chaîne logistique et des dizaines ou centaines de fournisseurs. « C’est beaucoup plus simple ». Seuls les systèmes électroniques ne sont pas imprimés.

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Une prouesse qui pourrait révolutionner l’industrie

« C’est beaucoup moins cher car l’automatisation réduit les coûts de main-d’œuvre », dit l’ingénieur, qui facturera 10 millions de dollars le lancement, du moins au début. « C’est aussi plus flexible » : à terme, Relativity Space voudra adapter la taille de la coiffe de ses fusées aux clients individuels, en fonction de la taille de leur satellite. La rapidité est l’autre avantage : « 60 jours des matières premières au lancement », promet Tim Ellis.

Si Relativity Space réussissait cette prouesse, ce qu’elle n’a pas encore prouvé, elle révolutionnerait l’industrie du lancement. Aujourd’hui, un opérateur de satellite peut attendre des années avant d’avoir une place dans les grosses fusées d’Arianespace ou de SpaceX.

La Terran 1 sera dix fois plus petite que la Falcon 9 de SpaceX, capable de placer 1.250 kg en orbite très basse (185 kilomètres d’altitude). Cela pourrait convenir pour des constellations de mini-satellites de télécommunications ou d’imagerie de la Terre, mais aussi pour l’un des plus gros clients de l’espace : l’armée américaine.

 

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