Patrick Hofstetter: «Les collectionneurs sont devenus très pointilleux»

Le marché des montres a fortement évolué depuis une vingtaine d’années pour devenir un marché presque exclusivement dédié aux montres-bracelets et aux montres rares qui se vendent dans une fourchette très large, entre 3.000 et 1.000.000 de francs suisses.

Quels sont les critères qui font qu’une montre est aujourd’hui désirable ?

Tout d’abord, il y a la marque. Avant, le marché était principalement centré sur Patek Philippe et Rolex, mais maintenant d’autres marques attirent l’attention des acheteurs, comme Audemars-Piguet, Tag-Heuer ou encore Vacheron Constantin pour n’en citer que trois. Ces grandes marques ont compris qu’il était important pour leur marketing d’être représentées dans les ventes aux enchères. Elles collaborent pour la plupart volontiers avec nous, notamment en nous ouvrant leurs archives. C’est très important pour vérifier l’authenticité des pièces de savoir que le numéro de mouvement correspond au numéro du boîtier.

En deuxième lieu, il y a l’état de conservation de la montre, qui se doit d’être d’origine. Pas question de vendre une montre dont le cadran a été remplacé ! Les collectionneurs sont devenus très pointilleux sur la question et je pense que cela ne changera plus. Par le passé, la marque suffisait. Maintenant, il faut un état irréprochable, surtout sur le marché asiatique sur lequel nous sommes également présents via nos ventes à Hong Kong. En troisième lieu, il y a ce que j’appellerais les accessoires, comme la présence de la boîte et du certificat. Enfin, le métal utilisé. Mais attention, une montre en or n’a pas nécessairement plus de valeur qu’une montre en acier qui peut avoir été produite à moins d’exemplaires.

Qui sont vos clients ?

Il y a bien entendu des collectionneurs ou des marchands qui achètent régulièrement. Mais il y a aussi des amateurs que nous ne voyons qu’une fois. En effet, s’ils trouvent chez nous le modèle qu’ils cherchent et qui leur évite de patienter des mois voire des années pour un exemplaire neuf, ils ne vont pas hésiter. Cela étant, nos catalogues sont constitués d’environ 250 lots et ceux-ci s’adressent presque à autant de personnes différentes qui choisissent en fonction de leur goût, mais aussi de leurs moyens.

Il s’agit plutôt d’un marché pour les hommes…

Effectivement, il y a peu de montres pour dames dans les ventes, mais je connais quelques collectionneuses. La montre est l’un des rares bijoux qu’un homme peut porter et c’est un signe de statut financier : vous n’entrez pas dans un restaurant avec votre voiture ! Les ventes de montres que nous organisons à Genève se font en parallèle avec les ventes de bijoux et nous faisons les expositions dans le même hôtel et au même étage. Donc Monsieur et Madame peuvent tous les deux y trouver leur bonheur… En même temps qu’il s’agit d’un bel objet, la montre est également une merveille de technique de précision et beaucoup d’hommes y sont sensibles.

Comment se porte le marché « online » ?

Très bien et toujours mieux. Nous pouvons proposer plus de ventes que par le passé et nous augmentons la présence de lots de valeur. Nous nous adressons à une clientèle qui sait ce qu’elle veut. Internet a d’ailleurs contribué au développement du marché dans son entier. Les forums spécialisés se sont multipliés et l’intérêt pour les montres a augmenté. Le marché « online » s’adresse à une clientèle plus jeune, que nous essayons également de séduire dans nos ventes classiques. Ainsi, nous n’hésitons pas à inclure des montres « touch screen » dans celles-ci. Il faut penser au renouvellement de notre clientèle !

Le 11 avril, un franc suisse valait 0,88 euro.

 
 
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