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Notre-Dame: la générosité ne garantit pas l’indulgence

Il faut saluer la générosité manifestée ces derniers jours pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris mais il fallait aussi en souligner les travers.

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Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Dans 500 ans – si la planète est toujours là –, les visiteurs de la nouvelle cathédrale de Notre-Dame de Paris s’interrogeront sur l’identité de cette gargouille et de cette guivre à tête humaine qui orneront peut-être la partie restaurée du bâtiment : « Mais qui sont ces gens ? » On leur répondra : les donateurs de l’époque. Lorsque Notre-Dame a brûlé, deux hommes, François Pinault et Bernard Arnault, ont cassé leur tirelire pour permettre à ce monument de reprendre le cours de sa longue vie et au peuple de sécher ses larmes. Leurs dons généreux et décisifs leur valaient bien de figurer dans la nouvelle œuvre.

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16 Commentaires

  • Posté par Deckers Björn, jeudi 18 avril 2019, 21:25

    Ce que certains ne semblent pas comprendre (ou ce qu'ils font semblant de ne pas comprendre, c'est selon), c'est que la déduction fiscale fait que ce ne sont pas les noms illustres des milliardaires français qui financent les travaux, mais bien TOUS les français. Les méga déductions des généreux donateurs font qu'il y aura un trou dans les rentrées fiscales qu'il faudra bien compenser, soit un impôt nouveau ou augmenté pour ceux qui n'ont pas de moyens de l'optimisation fiscale, soit en suppression de dépenses. Dans tous les cas, les dons sont ici un trompe l'oeil. Passe encore si la déduction était limitée, (une simple encouragement au geste), ici, l'Etat finance lui-même l'essentiel du don, c'est ubuesque! Et pour le commun des mortels français, c'est payer deux fois la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Une première fois pour la part que l'Etat prendra à son compte de toute façon, et une deuxième pour payer les "largesses" fiscales de l'Etat aux Seigneurs des temps modernes. N'oubliez pas de demander aux gilets jaunes de faire un don... pour qu'ils puissent payer une troisième fois!

  • Posté par SCH SCH, jeudi 18 avril 2019, 19:51

    Est-ce que Le SOIR est justement habilité à juger de l'hypocrisie ? En tant que spécialiste du domaine, sûrement, mais pour dans ce cas bien précis il se trompe de cible. Cela devient, par ailleurs, l'une de ses marques de fabrique ! Je conclus en écrivant : "Qui se sent morveux, se mouche". C'est toujours ça de gagné ! Et à l'attention de M. Petitjean ci-dessous : ce n'est pas la quantité de la prose qui en fait sa qualité. Plutôt que de critiquer avec une mauvaise foi crasse et une idéologie marxiste-léniniste, la France et ses mécènes, commencez par vous tourner vers la Belgique et la médiocrité de son monde politique et de sa presse… Il y a beaucoup à écrire, ce qui semble vous plaire. Au plaisir de vous lire à ce sujet.

  • Posté par Petitjean Charles, jeudi 18 avril 2019, 14:58

    L'incendie de Notre-Dame, qui a éclairé, cette semaine, le ciel de Paris de joyeuses et nostalgiques étincelles de lumière, comme dans un feu de camp, a suscité chez beaucoup de nos voisins français une émotion que nous, Belges à l'esprit moins survoltés, avons peine à comprendre. Beaucoup d'entre nous, par contre, se sont indignés du torrent d'euros qui s'est déversé sur la noble dame pour lui rendre sa virginité : les Arnault, les Bettancourt, les Pinault, les Ladreit de Lacharrière, les Bouyges, tous ces entrepreneurs capitalistes se sont donnés la main pour danser une farandole morbide autour du corps à moitié calciné de la France, meurtrie dans sa chair, son esprit et son coeur. Indécent, avons-nous décréter ! Mais au fond qu'est-ce qui est indécent ? Que des gens fortunés viennent, en mécènes moyenâgeux, soutenir une oeuvre culturelle qui fait la fierté d'une nation ou, un cran plus loin, que de tels mécènes existent encore aujourd'hui en ce début du XXIe siècle ? Comment peut-on accepter que des individus, à travers des entreprises qui leur appartiennent, possèdent des fortunes qui se comptent en dizaines de milliards d'euros et que, d'un claquement de doigts, alors que l'incendie illumine encore le bleu marine du soir tombant, ils soient en mesure de libérer des centaines de millions d'euros, pendant que des misérables, l'autre roman célèbre de Victor Hugo, battent le pavé de la France depuis six mois pour obtenir des conditions de vie acceptables ? Là est l'indécence, là est le scandale : des riches toujours plus riches qui, dans l'instant, arrosent des pierres calcinées de leur magot pendant que des citoyens pauvres quémandent à longueur de semaines le juste droit de vivre décemment. Si jadis la misère était le fruit du servage, de la dépendance du manant à son seigneur et à sa terre, aujourd'hui elle résulte à la dépendance du serf moderne, "le travailleur", à la puissance de l'argent que le système néo-libéral capitaliste entretient et développe jalousement. Dans la hiérarchie des valeurs, le capital privé est premier : il permet la prédation et l'enrichissement sans limite, la domination et l'exploitation des sujets à son service et la confiscation des libertés d'autrui. C'est la dictature du fric dans les mains des dictateurs sanguinaires - les Arnault, les Bettancourt, cfr. ci-dessus), sanguinaires parce que, à travers leurs activités industrielles, ils ont, sur leurs subordonnés, droit "de vie ou de mort" personnelle, familiale, sociale. Ils sont d'autant plus puissants qu'ils ont à leur service les soi-disant représentants du peuple. Ils les ont d'ailleurs eux-mêmes placés aux commandes du pays pour décider des lois, toutes dévoués à leurs intérêts. Ils volent, ils exploitent, ils délocalisent, ils fraudent, ils optimisent, ils "paradisent" en toute légalité, en toute impunité. Il faut lire la nouvelle enquête des Pinçon-Charlot : Macron "Le président des ultra-riches" (éd. La découverte). Edifiant. Et pendant ce temps, le bon peuple pleure sur le désastre national avec le guignol de l'Elysée, en deuil, larmoyant mais digne, tel le fils de Notre-Dame, transpercé par la lance du centurion romain sur le Golgotha. Et pendant ce temps, les gilets jaunes sont invités à se joindre aux lamentations de la nation, à oublier qu'il ne fait pas bon, pour beaucoup d'entre eux, de vivre en France après le 15 du mois, à oublier surtout qu'aux pays du fric les voleurs sont rois. Vive la république, vive la France ! Alors, puisse ce triste événement, qui étale au grand jour le scandale du capitalisme, faire prendre conscience aux honnêtes gens que ce système économique est un cancer qui ronge l'humanité de nos vies individuelles, familiales, de nos sociétés, de la planète et de notre environnement. N'en déplaise à Notre-Dame... et à Béatrice Delvaux.

  • Posté par Vandersleyen Thomas, jeudi 18 avril 2019, 17:06

    Combien de personnes les Arnault, les Bettancourt, les Pinault, les Ladreit de Lacharrière, les Bouyges emploient-ils ? Des milliers je suppose. Etre pauvre ou riche dans nos contrées est très souvent un choix, et comme vous devez le savoir: "donne un poisson à quelqu'un et il mangera un jour, apprend lui à pécher et il mangera toute sa vie". Pourquoi les riches devraient sans cesse donner leur argent à des gens qui ne font aucun effort pour étudier, travailler, sortir de leur pétrin dans un pays qui aide déjà à tous les niveaux ? Et pourquoi les riches ne pourraient-ils pas donner leur argent pour reconstruire une oeuvre formidable qui est en partie responsable de ce que l'Occident (c'est à dire nous) est aujourd'hui ?

  • Posté par VERDOODT-COLART Jean-Marie, jeudi 18 avril 2019, 16:11

    Mais quel commentaire lamentable, digne d'un anarchiste.

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