Amstel Gold Race: Mathieu van der Poel face à la meute

Amstel Gold Race: Mathieu van der Poel face à la meute
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À 24 ans, le fils d’Adri van der Poel et petit-fils de Raymond Poulidor bouscule les prévisions. À chaque course, le champion du monde de cyclo-cross, vainqueur pour la première fois en WorldTour au début du mois (À Travers la Flandre), impose son immense talent, l’aisance tactique et la décontraction qui déroutent ses adversaires.

Jeudi, au lendemain de sa victoire très maîtrisée dans la Flèche brabançonne, l’une des semi-classiques du calendrier belge, il a déclaré « ne pas être perturbé » par les responsabilités de favori : « Mais je trouve exagéré de me présenter comme le super-favori de cette course parce qu’elle se déroule chez moi. Même si elle constitue effectivement un de mes grands objectifs. »

Bien qu’il ait dominé au sprint Alaphilippe après une course approchant les 200 kilomètres, « VDP » a désigné le Français, vainqueur le mois dernier de Milan-Sanremo, comme l’autre homme à battre : « Il est actuellement le meilleur coureur du peloton. »

« VDP » désigne Alaphilippe

Remis de sa chute du Tour du Pays basque, Alaphilippe a tous les atouts, en effet, pour briller dans l’épreuve néerlandaise et devenir le troisième Français à figurer au palmarès (après Jean Stablinski et Bernard Hinault). Surtout si son entente avec le Belge Philippe Gilbert, le spécialiste de la course néerlandaise (4 victoires), fonctionne bien.

La distance (265 km) et surtout la répétition des côtes (35 !) au fil d’un parcours tarabiscoté entre Maastricht et Valkenburg, jouent en faveur d’Alaphilippe par rapport à van der Poel.

« Ma taille et mon poids (1,84 m et 75 kg) ne m’avantagent pas », souligne d’ailleurs le Néerlandais. À l’inverse du Français, qui entame une semaine cruciale dans les « Ardennaises » puisqu’il doit être aussi et sans doute plus compétitif encore dans la Flèche Wallonne, mercredi, puis Liège-Bastogne-Liège, quatre jours plus tard.

« Nous prenons le départ avec plusieurs atouts », se félicite Gilbert. Le Belge, vainqueur dimanche dernier de Paris-Roubaix, postule à égaler le record du Néerlandais Jan Raas qui avait transformé la course en « Amstel Gold Raas » au carrefour des années 1980. « Il revient à l’équipe de nous amener, Julian et moi, au Kruisberg, dit-il. Ensuite, ce sera à nous d’agir ».

La chance des routiers-sprinteurs

Le Kruisberg ? C’est là, à 40 kilomètres de l’arrivée, que la « Gold Race » entame sa séquence décisive avec, quelques instants après, l’enchaînement de l’Eyserbos puis la troisième montée du Cauberg, la colline de Valkenburg qui précédait de peu l’arrivée jusqu’en 2016. Depuis, le remodelage du final a ouvert un peu plus l’éventail des possibles.

Désormais, les routiers-sprinteurs peuvent croire en leurs chances à l’exemple de Peter Sagan (4e en 2018), le Slovaque noté en regain de forme sur les pavés de Roubaix, de l’Australien Michael Matthews et de l’Italien Sonny Colbrelli. Mais les attaquants qui avaient mis à profit la surveillance réciproque d’Alaphilippe et de Sagan l’année dernière, ont aussi leur mot à dire.

Dans la catégorie des hommes en forme, le Kazakh Alexey Lutsenko, le Belge Tim Wellens, le Tchèque Roman Kreuziger ou encore les Italiens Enrico Gasparotto, deux fois gagnant déjà à Valkenburg, et Alberto Bettiol, relèvent de ce registre. Tout comme deux habitués, le Polonais Michal Kwiatkowski, vainqueur en 2015, et le champion du monde, l’Espagnol Alejandro Valverde. À noter : en 53 éditions, aucun Espagnol n’a encore levé les bras au pays des moulins.

 
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