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Pacte d’excellence: la réforme du tronc commun approuvée en commission du Parlement

Le futur tronc commun s’articulera autour de sept domaines d’apprentissage.

Temps de lecture: 3 min

Après un débat-marathon de près de 18 heures, la commission Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé mercredi dans la nuit le projet de décret modifiant la formation commune qui sera dispensée à l’avenir à tous les élèves de Wallonie et de Bruxelles, et ce dès la maternelle jusqu’à la troisième année du secondaire.

La redéfinition et modernisation de ce tronc commun constitue l’un des deux grands piliers du Pacte pour un enseignement d’excellence, l’autre étant la réforme de la gouvernance scolaire déjà validée ces derniers mois par ce même parlement.

Ce nouveau tronc commun, qui sera pour l’occasion rallongé d’un an, entend doter tous les jeunes d’un même socle de savoirs et de connaissances dont la maîtrise est jugée indispensable dans la société du 21e siècle.

Pour ce faire, la grille horaire des cours a été revue, et les référentiels -qui servent à la confection de programmes de cours dans les différentes écoles de Wallonie et de Bruxelles- ont été réécrits et actualisés. Ils avaient en effet déjà près de 20 ans d’âge.

Le futur tronc commun s’articulera autour de sept domaines d’apprentissage: le français, les arts et la culture; les langues modernes; les mathématiques, les sciences et la technique; les sciences humaines, la philosophie et la religion; l’éducation physique; la créativité et l’engagement; et enfin la capacité d’"apprendre à apprendre».

Une mise en oeuvre dès 2020

Vu les piètres performances actuelles de l’école francophone, la réforme met l’accent sur l’acquisition et la maîtrise des savoirs de base (lire, écrire, compter) ainsi que la connaissance de la langue française.

Elle ambitionne aussi d’offrir à chaque élève un bagage pédagogique polytechnique et pluridisciplinaire, avec notamment des cours d’informatique, l’acquisition de compétences manuelles, une initiation aux arts et à la créativité, etc.

L’apprentissage des langues modernes sera par ailleurs renforcé: l’enseignement d’une première langue moderne débutera ainsi pour tous dès la 3e primaire. Une seconde langue moderne suivra à partir de la 2e secondaire.

Pour lutter contre l’échec et le redoublement, chaque élève pourra bénéficier de deux heures hebdomadaires « d’accompagnement personnalisé» pour faire face à d’éventuelles difficultés.

La mise en oeuvre de ce nouveau tronc commun devrait débuter dès 2020 dans le maternel, avant d’être étendu aux deux premières années du primaire à la rentrée 2021. L’extension aux années d’enseignement suivantes sera ensuite appliquée selon une progression annuelle afin d’atteindre la 3e secondaire autour de 2028.

A l’issue de ce parcours formatif, les élèves se verront décerner un ’certificat du tronc commun’. Ils pourront alors poursuivre soit dans l’enseignement général, soit dans l’enseignement qualifiant (qui doit être lui aussi revalorisé).

Adopté mercredi aux petites heures en commission par 8 voix pour (PS-cdH), 3 contre (MR) et une abstention (Ecolo), ce projet de décret devrait être définitivement validé le 2 mai prochain à l’occasion de toute dernière séance plénière avant les élections du 26 mai.

Avec ce vote, qui donnera une forme législative cohérente au Pacte pour un enseignement d’excellence, la majorité PS-cdH bouclera le plus important des chantiers ouverts sous cette législature en Fédération Wallonie-Bruxelles.

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6 Commentaires

  • Posté par De Cuyper Thierry, vendredi 10 mai 2019, 13:14

    Une trame vient d'être votée. Mme Schyns laisse le CEB, un certificat inutile qui oblige les écoles, les parents à bachoter et refuse de parler du CTC. Nous ne saurons donc jamais, si elle l'envisage sélectif ou non. Elle a remis le redoublement chaque année, pour "responsabiliser les enseignants", peu de journalistes s'en sont émus. Elle n'a jamais parlé du désastre psychologique du redoublement, et nous garderons encore longtemps une éducation punitive. Devant une telle inertie, il faut espérer que le prochain ministre aura de l'empathie pour nos enfants et OSERA prendre des mesures dans leur intérêt. Y-a-t-il un pilote qui aime nos enfants dans l'enseignement ?

  • Posté par De Cuyper Thierry, vendredi 10 mai 2019, 12:58

    Comment sera ce CTC (certificat du tronc commun), c'est toute la question. Sera-t-il certificatif (donc sélectif) à l'image du CE1D ou sera-t-il formatif et donc destiné à informer les élèves de leurs performances mais en leur laissant le choix de l'orientation future. A l'heure actuelle personne ne le sait. Le prochain gouvernement sera-t-il clair, transparent, volontariste, soucieux de l'équilibre psychique de nos enfants. C'est toute la question.

  • Posté par Tibaux Vincent, mercredi 24 avril 2019, 10:56

    Derrière ce beau projet tel qu'il nous est présenté sur papier se cachent une multitude d'effets pervers ! 1° Le Pacte oublie que les élèves de 12 à 15 ans deviennent progressivement des adolescents qui manifestent un désir de plus en plus pressant de poser des choix. Or est mis en place un véritable carcan de 3 ans sans aucun choix possible, ni aucune porte de sortie pour ceux, par exemple, qui auraient un projet dans le qualifiant dès la fin de la 2ème. 2° Le Pacte se défend d'offrir la possibilité aux élèves de découvrir différents domaines de l'apprentissage pour lui permettre de prendre une décision en fin de T.C. mûrement réfléchie. Un adolescent ne fonctionne pas de cette manière ! C'est par étape qu'il faut l'amener à faire ses choix pour qu'il soit acteur de son parcours scolaire. Dans ce scénario, il prendra la posture du consommateur et ne va pas le moins du monde se projeter dans un avenir qui lui semblera de toute façon bien lointain ! 3° Il se retrouvera en plus dans un système contre-productif où tout le monde doit faire la même chose. Tout le monde doit faire du latin (avec deux heures sur deux ans, autant dire que les déclinaisons seront à peine maîtrisées !) ; tout le monde doit suivre des cours plus pratiques (les écoles ne sont pas équipées ni en matériel, ni en locaux, autant dire que ces cours seront surtout livresques !). Bref, personne ne sort gagnant d'une telle formule : les élèves en quête de dépassement n'y trouveront pas leur compte, pas plus que ceux qui voudraient avoir une image réaliste du qualifiant ! Les deux heures (de dépassement ou de renforcement) inscrites dans l'horaire n'y changeront rien : qui va donner ces heures ? Un professeur de branches ? Pourra-t-il répondre à tous les besoins ? Devant combien d'élèves va-t-il se retrouver ? Si on dépasse la dizaine, ces heures n'auront aucun impact ! 4° Système contre-productif car les classes vont gagner en hétérogénéité avec des écarts de niveau si importants qu'il sera très difficile, voire impossible, pour le professeur de faire constamment le grand écart pour s'adapter à la diversité des profils. Une expérience longue de quinze ans dans le métier me fait dire que ces groupes deviendront très vite ingérables sur le plan disciplinaire. Quand le disciplinaire prend le pas sur les apprentissages...durant trois longues années... Je crois que tout est dit !

  • Posté par De Cuyper Thierry, vendredi 10 mai 2019, 13:06

    Quel discours de vieux ronchon qui désespère des élèves, c'est un gachis!!

  • Posté par Clodong André, mercredi 24 avril 2019, 10:04

    Au delà des discours, il demeure que la qualité des enseignants et leur motivation sera toujours différente entre les écoles. J'ai suggéré le port obligatoire d'un uniforme scolaire selon les écoles, pour réduire les différences sociales entre les élèves. Mais qui aura le courage de le proposer? Le pacte d'excellence, le si mal nommé, doit être mis aux oubliettes.

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