«Avengers», «Funan», «At eternity’s gate»... Nos critiques des sorties cinéma

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Avengers
: Endgame
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« Avengers : Endgame ».

Avengers: Endgame (Anthony & Joe Russo)

On n’en dira pas trop, histoire d’éviter de froisser les réalisateurs qui ont publiquement demandé à ceux qui ont déjà vu leur petit dernier de ne rien spoiler (cherchez le hashtag dontspoiltheendgame), ne rien dévoiler de ces 180 minutes (c’est un peu trop) suivies cette fois d’aucune séquence post-générique !

At eternity’s gate (Julian Schnabel)

Voir l’art plutôt que le comprendre. Parler de la vie grâce aux images, et ne pas s’attarder à ce que l’on pourrait croire anecdotique. Voilà ce qui pourrait résumer la démarche de Julian Schnabel dans ce portrait sans concession de Vincent van Gogh. Une expérience artistique plutôt qu’un biopic traditionnel et gentiment linéaire.

Duelles (Olivier Masset-Depasse)

Criblé de références, que ce soit au cinéma d'Alfred Hitchcock ou aux ambiances chères à Douglas Sirk, un thriller d'une grande maîtrise formelle, aux accents rétro mais avec aussi quelque chose de résolument moderne. Si les effets parfois trop nombreux ajoutent un peu de lourdeur à l'ensemble, que la trame s'étire en longueur, le film offre une partition grandiose à deux des actrices belges les plus en vue du moment.

Another day of life (Raúl de la Fuente & Damian Nenow)

Il aura fallu dix ans pour aboutir à cet étonnant résultat, étonnant parce que visuellement, techniquement assez inédit dans le genre. Another day of life est porté par une animation loin des rondeurs disneyennes. On est ici parfois plus proche de l’esthétique de certains jeux vidéo qui posent des scènes de violence sur de la musique classique. C’est fort!

L’adieu à la nuit (André Téchiné)

Si Catherine Deneuve est touchante dans ce rôle, le film pèche quelque peu par excès de didactisme. Ce qui lui permet, d’un autre côté, d’éviter le sentimentalisme ou le tragique. Téchiné reste de la vieille école. Il tente de comprendre ce qui pousse des jeunes à devenir des kamikazes un peu comme un professeur.

Funan (Denis Do)

En toile de fond de ce film bouleversant, c’est le génocide orchestré par les Khmers rouges dont il est question. Denis Do met avant tout en scène les rapports humains et l’intériorité des personnages. C’est fait avec pudeur, grâce, poésie. Le film, soigné visuellement, diffuse une plénitude et nous pousse vers la vie. Le trait fin de Denis Do s’imprime magistralement sur l’écran.

Mitten (Olivia Rochette & Gerard-Jan Claes)

Si les premières scènes d’étude des partitions peuvent sembler un peu arides, elles se révèlent indispensables pour comprendre la minutie extrême du travail. Fascinant.

Santiago, Italia (Nanni Moretti)

Pas d’effet de mise en scène dans ce documentaire, juste la force des images d’archives et des récits individuels. C’est passionnant, captivant et plein d’émotions.

Mid90s (Jonah Hill)

Une plongée touchante dans la jeunesse du metteur en scène. Un petit film indépendant qui ne cherche pas à se donner de grands airs mais parvient, l’air de rien, à retrouver le chemin vers cette étrange période qu’est l’adolescence.

Victor et Célia (Pierre Jolivet)

Voilà le genre de comédie romantique mignonne mais ultra-prévisible, dont on se divertirait bien un dimanche soir devant la télévision, comme pour mieux se préparer à aborder la dure semaine qui nous attend. Mais peut-être pas plus… Il y a là quelque chose d’à la fois sympathique et de niais. Un peu trop gentil pour être tout à fait réussi.

Sakawa (Ben Asamoah)

 
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