ArtBrussels: «Un dialogue pertinent entre les œuvres»

Pour sa 37e édition, ArtBrussels accueille à Tour & Taxis 148 galeries en provenance de 32 pays. Un peu plus d’un quart des participants sont belges, ce qui donne à la manifestation un caractère incontestablement international. Cependant, hormis de rares exceptions, peu de poids lourds du marché de l’art mondial sont présents.

Fidèle à sa tradition, ArtBrussels est constituée des meilleures galeries belges et de galeries bien établies dans leur pays d’origine, tout en faisant confiance à des professionnels plus jeunes qui montrent des artistes moins connus. Et c’est ce large panorama de la création contemporaine qui attire les collectionneurs à Bruxelles le temps d’un long week-end. Quant aux amateurs d’art, voire aux simples curieux, il s’agit pour eux d’une occasion à ne pas manquer de se frotter à des milliers d’œuvres d’art qui témoignent des tendances artistiques du moment. Membre du comité international de sélection du salon, Rodolphe Janssen y participe depuis 25 ans. Interview.

Bram Bogart,  « Promenade » , 2007. 133 x 110 cm.
Bram Bogart, « Promenade » , 2007. 133 x 110 cm. - Courtesy rodolphe janssen, Bruxelles

Vous avez participé au début de ce mois à Miart, la foire d’art contemporain de Milan. Votre prochain salon est la Fiac qui se tiendra Paris en octobre. Quelle est, selon vous, la place d’ArtBrussels dans ce circuit bien chargé des foires ?

En 2009, il y avait trente foires d’art contemporain dans le monde, et ce, de la plus locale à la plus internationale. Dix ans plus tard, il y en avait trois cents, parmi lesquelles une trentaine sont potentiellement intéressantes pour une galerie comme la mienne. ArtBrussels en fait partie et occupe une place à part en raison de la réputation des collectionneurs belges qui rejaillit sur son aura. Il y a également son positionnement au cœur de l’Europe.

Comment sélectionnez-vous les œuvres que vous montrez sur votre stand à ArtBrussels ? Est-ce différent des autres manifestations ?

Il n’y a pas de différence car j’essaye de montrer des œuvres inédites et de construire un stand qui « tient » esthétiquement, c’est-à-dire où le dialogue entre les œuvres est pertinent.

Thomas Lerooy,  « Face the Truth » , 2019, huile sur toile, 52,5 x 44 cm.
Thomas Lerooy, « Face the Truth » , 2019, huile sur toile, 52,5 x 44 cm. - Courtesy l’artiste et rodolphe janssen, Bruxelles, HV photography

Est-ce que vous vous fixez un seuil de prix maximum pour cette foire ?

Absolument pas, mais je ne suis pas non plus une galerie qui montre des œuvres à des prix qui dépassent les 200.000 euros. Je vais amener des œuvres à partir de 5.000 euros jusqu’à cette limite supérieure. Il y a donc un éventail de prix très large parce que cela correspond à mes collectionneurs, mais aussi de manière à pouvoir toucher des acheteurs moins réguliers, qui se font plaisir à ArtBrussels en cédant à des « coups de cœur ».

Ce salon est-il l’occasion de promouvoir vos artistes belges ou bien préférez-vous les défendre à l’étranger ?

Les deux ! Actuellement, deux de « mes » artistes belges, Thomas Leeroy et Wim Delvoye, sont exposés aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique et j’en profite pour montrer des pièces importantes. J’ai commencé récemment une collaboration avec l’Estate de Bram Bogart, et je vais donc exposer un très beau tableau de ce dernier. A l’étranger, je ferai la même chose à cause de cette actualité. A Miami en décembre prochain, je consacrerai mon stand à mes artistes belges. Bref, à Bruxelles ou à l’étranger, je tiens à faire la promotion des Belges…

Est-ce que certains artistes créent des œuvres spécialement pour l’occasion ?

Pas vraiment. Je ne « commande » pas des œuvres pour des foires, mais je demande de mettre de côté des œuvres que je vois dans les ateliers et que j’ai envie d’avoir sur mon stand.

En tant que membre du comité international du salon, remarquez-vous ces dernières années un regain d’intérêt de la part des galeries étrangères pour ArtBrussels ?

La situation est la même chaque année. Il y a des galeries internationales qui aiment et connaissent bien la Belgique. Elles sont fidèles à la foire et viennent presque spontanément. Le travail du comité consiste plutôt à convaincre une première fois du potentiel d’ArtBrussels. Cela dit, nous avons de la concurrence et c’est le même problème pour toutes les foires. Il n’y a que Art Basel qui n’a pas ce souci…

ArtBrussels, c’est également l’occasion de découvrir le Bruxelles de l’art contemporain…

Selon moi, une foire aujourd’hui est certes un événement commercial, mais qui engendre une série d’événements en parallèle dans la ville. Cela entraîne un nombre important de visiteurs étrangers et cela participe d’une dynamique et d’une énergie qui sont profitables à la foire et aux galeries bruxelloises. Pour nous, c’est un moment important, c’est un peu le pic de notre année. Depuis hier, les vernissages, les dîners et autres événements se succèdent de 9 h à minuit…

Rens. : www.ArtBrussels.be

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Arts|Bruxelles (Bruxelles-Capitale)|Wim Delvoye
 
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