Rénovation: un bâtiment bruxellois fait son retour parmi les vivants

La nouvelle façade est faite de panneaux en bois avec de la céramique collée par-dessus. Ils arrivent sur le chantier prêts à l’emploi.
La nouvelle façade est faite de panneaux en bois avec de la céramique collée par-dessus. Ils arrivent sur le chantier prêts à l’emploi. - D.R.

Faire du neuf à partir de l’ancien. Cet adage, le développeur Axa Investment Managers-Real Assets (agissant pour le compte d’Axa Belgium) et le bureau d’architecture architectesassoc l’ont très bien mis en pratique en rénovant en profondeur un bâtiment de bureaux qui commençait à prendre de (très) vilaines rides.

Situé à l’entrée de la commune d’Auderghem, en bordure de Forêt de Soignes, l’immeuble HD54 datait des années 80 et accusait depuis plusieurs années déjà un vide locatif de 30 %. Trop pour le groupe d’assurances, propriétaire des lieux (et qui possède quelque 7 milliards d’euros d’immobilier sous gestion à travers le monde…), qui décide de passer à la vitesse supérieure en demandant au bureau architectesassoc. de rebrancher le bâtiment à une vie nouvelle. « Sans travaux, il était destiné à mourir car le marché des bureaux à Bruxelles est aujourd’hui aux mains de locataires qui recherchent du non énergivore », affirme Alain Verheulpen, le responsable du développement immobilier chez Axa Real Estate. « Or, sur le plan énergétique, le HD54 consommait beaucoup… »

Situé à la fin de l’E411 dans le quartier Delta, une zone prioritaire de la capitale où les bureaux neufs se font rares, le HD54 a réussi à faire peau neuve sans avoir eu à subir de démolition. « La hauteur des plafonds étant suffisante, nous n’avons jamais songé à le démolir », avoue Alain Verheulpen. « La façade étant “cuite”, nous nous sommes adressés à architectesassoc. vu leur expérience dans le domaine dans des bâtiments comme Elia, Aeropolis ou même Greenbizz.

Privilégiant les panneaux qui s’imbriquent les uns dans les autres (à moins qu’ils ne se posent les uns sur les autres), le bureau bruxellois dirigé par Sabine Leribaux et Marc Lacour a entrepris la rénovation des 7 étages ainsi que de la mezzanine. Le HD54 a vu sa volumétrie modifiée puisqu’il est passé de 7.700 m2 de surface totale à 8.800 m2. « Nous avons enlevé des mètres carrés à certains endroits pour en rajouter à d’autres », sourit Sabine Leribaux. « Le bâtiment s’ouvre plus sur la ville et la forêt parce que nous avons creusé des loggias et avons travaillé le rapport par rapport au ciel. Nous avons aussi imaginé quatre nouvelles terrasses dans le prolongement des espaces de bureaux. »

Une belle ouvrage qui se remarque avant tout par la façade, dont on peut apercevoir ce qu’elle était à l’origine puisque le bâtiment voisin, construit en même temps et quasiment à l’identique, est toujours en place. « Nous avons enlevé la peau de la façade qui était faite de briques et d’isolants », poursuit l’architecte. « A la place, nous avons prévu une façade préfabriquée en bois avec de la céramique posée dessus. Les panneaux arrivent prêts à l’emploi et il n’y a plus qu’à les assembler… »

Plus facile à dire qu’à faire mais le résultat est bluffant : quand on regarde le bâtiment depuis le viaduc de l’autoroute, on a l’impression d’avoir affaire à une construction neuve. Ce n’est pas un hasard si après la rénovation, 65 % des espaces sont déjà loués. « Spaces occupe le rez-de-chaussée, ainsi que les premier et deuxième étages », se réjouit Alain Verheulpen. « Une boîte de marketing s’est installée aux cinquième et sixième étages. Puisqu’il n’y a pas de bureaux neufs ailleurs dans le quartier, je suis sûr que le reste va se louer rapidement. »

Bâtiment passif certifié Breeam, le HD54 a vu ses étages retapés au prix de 185 euros/m2. « Démolir et reconstruire aurait coûté beaucoup plus cher car une nouvelle structure, c’est 350 euros/m2  », assure le spécialiste immobilier. « Et puis, ici, on a gagné en vitesse de chantier ainsi que sur les permis puisqu’on est parti des mètres carrés existants. Au moins, on était sûr de les avoir ! »

Les travaux se sont également appuyés sur les principes de l’économie circulaire. Les briques de la façade ont ainsi été nettoyées et récupérées pour la construction de murs à l’arrière de l’immeuble. Tous les anciens (doubles) vitrages ont servi à l’édification d’une serre de 3.000 m2 en Pologne. Enfin, les cloisons intérieures, l’éclairage, le mobilier, les sanitaires et les portes ont notamment servi à aménager le fablab de Greenbizz le long du canal.

A qui le tour ?

 
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