Notre-Dame: la résistance de la structure a diminué, selon un expert

© MAXPPP
© MAXPPP

La résistance de la structure de la cathédrale Notre-Dame de Paris à des vents violents a nettement diminué depuis l’incendie qui l’a ravagée il y dix jours, s’est inquiété jeudi le professeur Paolo Vannucci, spécialiste de mécanique et bon connaisseur du bâtiment.

«On a mesuré une diminution de 60% de la résistance au vent. La structure a changé. Une partie de cette structure n’existe plus, la toiture a disparu, ainsi qu’une partie de la voûte. Cet effondrement d’une partie de la voûte a causé les dommages les plus importants» pour l’équilibre du bâtiment gothique, a souligné à l’AFP M. Vannucci, qui est professeur de mécanique à l’Université de Versailles et explique avoir utilisé un modèle numérique pour procéder à des simulations.

Un effondrement pas exclu

L’ingénieur, qui avait réalisé en 2016 un rapport sur les risques d’incendie à Notre-Dame, calcule dans le magazine spécialisé «Batiactu» qu’avant l’incendie, «la vitesse des vents critiques que pouvait supporter la cathédrale était de 222 km/heure» et qu’elle «n’est plus que 90 km/heure aujourd’hui».

Il n’a pas exclu qu’«une violente tempête puisse, en l’état actuel, entraîner l’effondrement d’une partie du clair-étage», c’est-à-dire la rangée supérieure des murs de la nef ornée de vitraux, tout en soulignant qu’il s’agit de simples hypothèses tant que les données précises ne sont pas précisément connues sur l’état de la structure.

«Notre-Dame a réellement perdu de sa capacité de résistance. Les voûtes ont été exposées à des hautes températures, et les pierres et mortiers ont subi des dommages», ce qui fait que «la résistance en compression a été amoindrie», affirme cet expert.

La fragilisation du monument doit être évaluée sous toutes les coutures par les experts avant tous travaux. Le feu et l’eau ont eu des effets fragilisants et corrosifs qui peuvent perdurer ou se manifester à long terme. Une des priorités absolues est la mise hors d’eau et le séchage. Le bâchage intérieur et extérieur a débuté mardi.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. «
La manière dont la politique budgétaire reste conçue globalement en Europe privilégie une rigidité qui n’a aucun sens
», dit Paul Magnette. A ses côtés, Olivier Chastel ne dément pas. © Pierre-Yves Thienpont.

    Le face-à-face: Olivier Chastel et Paul Magnette, pas d’accord, pas distants

  2. Manifestations étudiantes ce 21 mai à Alger comme tous les mardis depuis trois mois.

    Algérie: le chef de l’armée tente de mettre la contestation au pas

  3. Chaussée d’Ixelles à Bruxelles, piétons, vélos et bus cohabitent dans un espace semi-piétonnier. © Bruno Dalimonte.

    Les programmes à la loupe: mobilité, gros sous et belles promesses

Chroniques
  • Campagne 2.0: le Vlaams Belang tire son épingle du jeu

    Jusqu’à présent, le moment le plus captivant de la campagne électorale en Flandre a été l’interruption par des activistes climatiques d’un débat électoral entre Guy Verhofstadt, député européen libéral, et Geert Bourgeois, tête de la liste européenne de la N-VA et actuel ministre-président de la Flandre. Ils ont lancé des confettis et des tracts sur les deux hommes politiques, et se sont jetés par terre dès que les agents de la sécurité ont essayé de les écarter du plateau. Après le lancement par la rédaction d’une séquence sur un thème tout à fait différent, les activistes ont été écartés et remis dans les mains de la police. Le débat put reprendre, mais le suspense avait disparu.

    L’insipidité de la campagne électorale en Flandre a, selon moi, plusieurs causes : la proximité des élections précédentes, en octobre dernier, pour le niveau communal, qui à ce moment-là était le premier scrutin depuis plus de quatre ans ; ou encore,...

    Lire la suite

  • Le double combat européen d’Emmanuel Macron

    En politique européenne, vaut-il mieux avoir raison seul, ou avoir un peu moins raison mais en coalisant des forces autour de soi pour faire progresser ses idées ? C’est la question que nous avons posée au président Emmanuel Macron, que beaucoup – y compris ce journal – jugeaient s’être enfermé ces derniers temps dans des positions notoirement minoritaires. Elles ont conféré une image de perdante à la France, particulièrement face à l’Allemagne d’Angela Merkel, sa partenaire que l’on dit beaucoup plus irritée par le président français...

    Lire la suite