Les mesures des partis chiffrées par le bureau du Plan: Gilkinet invite Bouchez à faire preuve «d’honnêteté intellectuelle»

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Le Bureau fédéral du Plan a livré vendredi son analyse chiffrée des priorités que lui ont soumises les partis politiques en vue des élections du 26 mai.

Pour le porte-parole de campagne du MR, Georges-Louis Bouchez, le chiffrage par le Bureau du plan des priorités des partis politiques en vue du scrutin du 26 mai permet de clarifier les convergences, « l’axe de l’emploi et de la croissance », d’une part, avec « l’attelage MR-cdH », et celui «  des taxes et du chômage, un consortium des gauches, avec Ecolo en tête ».

Une sortie qui a fait bondir le député fédéral Ecolo Georges Gilkinet. « Quand on présente aux générations futures une note de plus de 9 milliards d’euros sans aucune mesure climat par ailleurs, on devrait se la jouer un peu modeste, M. Bouchez, non ? »

Le programme coûteux du MR

Les priorités des uns et des autres sont difficiles à comparer. L’exercice permet toutefois de cerner l’impact sur les finances publiques des mesures proposées. A ce titre, parmi les formations francophones, le plus coûteux est le MR. Le MR propose ainsi de relever la quotité exemptée d’impôts à 13.500 euros. Le coût s’élèvera à 1,4 milliard en 2020 pour 8,8 milliards en 2024. Des mesures de renforcement de la compétitivité sont également mises en avant, en particulier une suppression des cotisations sociales sur les trois premiers emplois.

« Nous invitons M. Bouchez à faire preuve d’un peu plus d’honnêteté intellectuelle et de modestie par rapport à l’exercice réalisé par le MR. Le coût par emploi créé est énorme. Nous sommes réellement curieux de savoir

comment il va financer cela. Et attendons toujours ses mesures en matière de climat, par ailleurs ! », ajoute Georges Gilkinet.

Ecolo a mis quant à lui l’accent sur le défi climatique. En 2020, les mesures coûteraient 1,22 milliard avant de rapporter 261 millions en 2024. Il est question d’investir dans le rail, rénover/isoler des bâtiments et de « transformer » l’avantage fiscal des voitures de société (économie : 2,38 milliards d’euros). Le relèvement des allocations les plus basses au-dessus du seuil de pauvreté coûterait 1,4 milliard et les mesures en matières de fiscalité, en particulier la globalisation des revenus, rapportent de 448 millions en 2020 à 2,43 milliards en 2024. A terme, l’impact sur le taux d’emploi serait négatif : -0,04 pt en 2024. La dette diminuerait de 0,79 pt et le solde de financement s’améliorerait de 0,26 pt en 2024.

« L’exercice était vraiment intéressant même si le modèle du bureau du plan doit évoluer pour mieux prendre en compte les effets des propositions des partis en matière de climat et de création d’emplois », indique Georges Gilkinet. « Mais c’est un premier pas et nous espérons, sur cette base, pouvoir mener une campagne électorale sur des idées, bien loin des caricatures et des slogans du MR »

 
 
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