Des joyaux à l’encan!

Cette tiare fut créée en 1904 par Fabergé pour la grande-duchesse Alexandra de Mecklenburg-Schwerin. Lot 267.
Cette tiare fut créée en 1904 par Fabergé pour la grande-duchesse Alexandra de Mecklenburg-Schwerin. Lot 267. - Christie’s

La plupart des bijoux offerts dans cette vente sont modernes et, de préférence, signés par un grand joaillier. Genève oblige, les estimations sont exprimées en francs suisses et courent entre quelques milliers de francs (mais il faut chercher pour les trouver !) et plusieurs millions. Certains bijoux anciens sont également inclus dans cette vente. Ils doivent leur valeur à leur rareté, à la qualité des gemmes et, souvent, à leur provenance, celle-ci étant bien mise en avant par la maison de ventes. Les ventes de Sotheby’s sont construites sur le même mode et sa vacation genevoise aura lieu la veille de celle de Christie’s.

Les émeraudes d’Hélène

Ce collier d’émeraudes et diamants appartint à la princesse Hélène d’Orléans, duchesse d’Aoste. Il est estimé entre 1,5 et 2,5 millions de francs suisses. Lot 244.
Ce collier d’émeraudes et diamants appartint à la princesse Hélène d’Orléans, duchesse d’Aoste. Il est estimé entre 1,5 et 2,5 millions de francs suisses. Lot 244. - Christie’s.

La princesse Hélène d’Orléans (1871-1951) fut la propriétaire d’un magnifique collier d’émeraudes agrémenté de très nombreux diamants datant des alentours de 1810. Elle le reçut de son parrain, le duc d’Aumale, le fameux collectionneur habitant le célèbre château de Chantilly sis non loin de Paris. Rappelons que le duc était le fils du dernier roi de France, Louis-Philippe et le beau-frère de Léopold Ier. Le don eut lieu à l’occasion du mariage de la princesse en 1895 avec le prince italien Emanuele Filiberto, duc d’Aoste. L’on ignore le moment où le bijou passa ensuite dans la cassette de la marquise de Cholmondeley, très connue pour son élégance et sa collection de bijoux prestigieux. Depuis sa mort en 1989, Christie’s le proposa deux fois aux enchères, en 1990 et plus récemment en 2015. Il est cette fois estimé entre 1,5 et 2,5 millions de francs suisses.

Une perle des Amériques

Cette broche arbore une perle datant du XVI
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siècle. Christie’s en attend entre 800.000 à 1.200.000 francs. Lot 264.
Cette broche arbore une perle datant du XVI e siècle. Christie’s en attend entre 800.000 à 1.200.000 francs. Lot 264. - Christie’s.

La broche, proposée sous le numéro 264 de la vente, est exceptionnelle et son estimation (800.000 à 1.200.000 francs) le reflète. Ornée d’une émeraude à l’avers et d’une montre à l’envers, elle possède en pendant (amovible) une perle de forme baroque. Celle-ci aurait fait partie du trésor de la Couronne espagnole et aurait été ramenée des Amériques au XVIe siècle par le conquistador Hernan Cortes de sinistre mémoire. Le roi Charles V l’aurait par la suite offerte à son très proche collaborateur Francisco de los Cobos et la perle s’est depuis transmise de génération en génération.

Une tiare aux aigues-marines

Les tiares sont particulièrement recherchées par certains collectionneurs. Celle-ci fut créée par le joaillier russe Fabergé pour la grande-duchesse Alexandra de Mecklenburg-Schwerin, née Hanovre et Cumberland. Celle-ci la reçut en cadeau de son fiancé à l’occasion de leur mariage en 1904. La commande du bijou, aujourd’hui prisé entre 230.000 et 330.000 francs suisses, est bien documentée. L’on sait ainsi que le grand-duc ne s’était toujours pas décidé 15 jours avant la noce et qu’une fois son choix opéré, Fabergé lui objecta qu’il lui était impossible de réaliser la pièce en quelques jours. Tout se termina bien et la toute récente grande-duchesse put le porter pour le bal de la cour à Schwerin un mois plus tard…

Un morceau de caillou

Christie’s va également proposer à la vente le « Jonker V », soit un diamant monté en bague par le grand joaillier new-yorkais Harry Winston. De taille émeraude, il pèse plus de 25 carats et a été estimé entre 2,5 et 3,5 millions de francs. Ce diamant a été taillé dans une pierre beaucoup plus importante (726 carats bruts) trouvée le 17 janvier 1934 et il porte le nom de l’ouvrier qui l’a découvert. À l’époque, il s’agissait du quatrième plus gros diamant excavé et 13 gemmes en furent taillées, chacune numérotée de I à XIII. Déjà proposée par Christie’s à Hong-Kong en mai 2017, elle est de retour sur le marché…

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