Un possible «bain de sang»: la situation dégénère au Venezuela

© AFP
© AFP

Le ministre de la Défense du Venezuela, le général Vladimir Padrino, a rejeté mardi sur l’opposition la responsabilité d’un éventuel «bain de sang» après le soulèvement de militaires contre le président Nicolas Maduro. Il a également annoncé qu’un soldat vénézuélien fidèle au président Nicolas Maduro avait été blessé par balle.

Des échauffourées entre forces de l’ordre loyalistes et quelque 3.000 manifestants ont éclaté aux abords de la base militaire de La Carlota, à Caracas, où se trouvait Juan Guaido.

Gaz lacrymogènes, véhicules blindés, blessés…: les images des affrontements au Venezuela

Des policiers ont lancé des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui avaient répondu à l’appel de Juan Guaido à sortir dans les rues pour soutenir les militaires entrés en rébellion contre le président Nicolas Maduro dans le quartier d’Altamira, proche de la base La Carlota.

Venezuela : les ambassadeurs sans ambassade d’un président sans palais

Sur une vidéo publiée par une chaîne de télévision colombienne, on aperçoit un véhicule blindé de l’armée foncer sur des manifestants pro-Guaido.

« Plus de retour en arrière », assure Guaido

« Plus de retour en arrière » pour faire chuter Nicolas Maduro, avait lancé Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, sur Twitter appelant ses partisans à descendre dans la rue. À l’aube, dans une vidéo tournée depuis la base militaire de La Carlota, il a annoncé sur les réseaux sociaux avoir le soutien d’un groupe de « soldats courageux ».

« Aujourd’hui, des soldats courageux, des patriotes courageux, des hommes courageux attachés à la Constitution ont répondu à notre appel, nous avons répondu aussi à l’appel et nous nous sommes retrouvés dans les rues du Venezuela », a-t-il dit, accompagné d’un petit groupe d’hommes en uniforme.

Venezuela : un « parfum de guerre froide »

« Un groupe de traîtres », fustige Maduro

En réponse, Nicolas Maduro a affirmé sur Twitter avoir « l’entière loyauté » des chefs de l’armée, tandis que son ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a assuré que la situation était « normale » dans les casernes.

« Nous sommes en train d’affronter et de neutraliser un groupe réduit de traîtres au sein des effectifs militaires, qui se sont positionnés sur l’échangeur d’Altamira pour promouvoir un coup d’Etat », avait expliqué le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez, peu après l’annonce de Juan Guaido. Il a évoqué une « tentative » de coup d’Etat et accusé la « droite putschiste ».

« Retour au calme », « tentative de coup d’Etat »... : les réactions internationales

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté «toutes les parties à éviter de recourir à la violence» au Venezuela et leur a demandé de «prendre des mesures immédiates pour faire revenir le calme», selon son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Les Etats-Unis ont affiché mardi leur soutien au peuple vénézuélien dans sa «quête de liberté», réaffirmant leur appui sans faille à l’opposant Juan Guaido.

Le gouvernement britannique, l’un des premiers en Europe à reconnaître Juan Guaido comme «président constitutionnel intérimaire» du Venezuela en février, a appelé mardi à une «résolution pacifique» de la crise.

La Russie a accusé mardi l’opposition menée par Juan Guaido et soutenue par les Etats-Unis de provoquer la confrontation au Venezuela, mettant en garde contre un bain de sang.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné sur Twitter «la tentative de coup d’Etat» au Venezuela. «En tant que pays qui a combattu contre les coups d’Etat et connu les conséquences négatives causées par les coups d’Etat, nous condamnons la tentative de coup d’Etat au Venezuela. Le monde entier doit respecter les préférences démocratiques des Vénézuéliens», a souligné le dirigeant turc.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Pierre-Yves Dermagne

    Ventes de Voo et de Win: Enodia et Nethys ont cinq jours ouvrables pour répondre au ministre

  2. Stéphane Moreau (à gauche) et François Fornieri sont à la fois dans la société vendeuse et dans la société acquéreuse.

    Nethys a vendu Win à Fornieri sans mise en concurrence: les dessous de l’accord

  3. La Ville de Bruxelles assume simplement ses obligations de propriétaire
: entretenir le bien pour permettre le maintien de son exploitation, guère plus de 1,5
million par an.

    Le stade Roi Baudouin maintenu: aucun gouvernement ne veut payer pour un nouveau stade national

La chronique
  • Nethys: Putsch en bord de Meuse

    N ethys. Pour beaucoup au nord du pays, ce nom reste inconnu. Celui de Publifin l’est sans doute moins, car il est lié au versement de jetons de présence à des mandataires wallons pour leur participation à des comités fantômes. Ce scandale de la gouvernance qui a éclaté il y a trois ans, a pourri la vie politique en Wallonie, mettant particulièrement à mal le PS d’Elio Di Rupo, obligé de jeter deux membres clés hors du parti : Stéphane Moreau, patron de Nethys et bourgmestre d’Ans et André Gilles, président de Publifin et homme fort de la province. L’éviction a fait grand bruit car les deux hommes étaient aussi des membres clés du Club des 5 connu pour décider de tout à la très puissante Fédération liégeoise du PS. L’affaire Publifin/Nethys a donné naissance à une Commission d’enquête et, jumelée à l’affaire du Samusocial, elle a inspiré à Benoît Lutgen (CDH) l’idée d’éjecter les socialistes du pouvoir wallon au nom de la gouvernance.

    Ça, c’est...

    Lire la suite

  • Un scrutin en Israël qui ne résout rien et occulte l’occupation

    Une élection sans vrai vainqueur, cela existe. Les Israéliens viennent de le prouver ce 17 septembre alors qu’ils étaient appelés, pour la seconde fois cette année, fait sans précédent, à élire un nouveau Parlement (Knesset). Les deux principales formations, arrivées à égalité en tête le 9 avril dernier, restent grosso modo sur leurs positions : ni le Likoud nationaliste du Premier ministre Binyamin Netanyahou ni « Bleu et blanc », le parti de centre droit emmené par l’ex-général Benny Gantz, ne font de percée décisive et...

    Lire la suite