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Intrusion à la Pitié-Salpêtrière: l’opposition appelle le ministre de l’Intérieur à s’expliquer

Selon plusieurs vidéos, les manifestants auraient tenté de se réfugier dans l’hôpital pour fuir les gaz lacrymogènes.

Temps de lecture: 3 min

L’opposition s’en est pris jeudi au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, l’accusant de mentir et lui demandant de «s’expliquer», après ses propos concernant une «attaque» de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge du cortège du 1er mai.

Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait twitté: «Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre: elles sont la fierté de la République».

Une vidéo diffusée jeudi sur Facebook contredit la version, défendue notamment par Christophe Castaner, d’une «attaque» par des manifestants du service réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

• «Le ministre de l’Intérieur doit cesser de mettre de l’huile sur le feu et doit maintenant s’expliquer sur ses déclarations démenties par les faits», a écrit Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat sur Twitter.

• «Monsieur Castaner est un menteur, en plus d’être un incompétent», a lancé un peu plus tôt à Marseille le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, accusant le ministre de l’Intérieur d’avoir «inventé» l’attaque de l’hôpital parisien.

• «On peut arrêter de monter en épingle l’histoire de »l’attaque« de l’hôpital et revenir aux revendications sociales des mobilisations massives du premier mai ? @CCastaner doit répondre de ce mensonge!», a aussi twitté Manon Aubry, tête de liste France Insoumise.

• «S’il s’agit d’un mensonge délibéré dans le seul et unique but de disqualifier et salir une mobilisation sociale, le ministre de l’Intérieur doit être démis de ses fonctions sans délai», a aussi estimé Benoit Hamon (Génération.s), demandant que «le gouvernement produise les preuves de ce qu’il affirme».

• «Le Gouvernement pris en flagrant délit de #FakeNews, assez de cette propagande ! @CCastaner a manipulé les faits pour discréditer ses opposants : il doit démissionner. Il y a suffisamment de violences à condamner pour ne pas en inventer», a jugé de son coté Nicolas Dupont-Aignan.

• Pour la sénatrice EELV Esther Benbassa, «si @CCastaner s’appelait Pinocchio, on n’ose imaginer quelle longueur aurait son nez».

• Pour le porte-parole des députés communistes Sébastien Jumel, «M. Castaner se sert de la parole ministérielle comme d’un LBD (lanceur de balles de défense, ndlr). Mais par #PitieSalpetriere que le ministre garde son sang froid, tienne des propos mesurés sur des infos circonstanciées et arrête de dégoupiller des grenades verbales d’enfumage politique !».

• «Les détenteurs de la parole publique ne sont-ils pas tenus à plus de prudence et de sérieux dans leurs déclarations? Ce gouvernement se discrédite chaque jour davantage» a estimé pour sa part Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen et candidat sur la liste RN aux européennes.

• Jeudi matin, Edouard Philippe a aussi dénoncé l’intrusion «totalement irresponsable» d’une trentaine de manifestants dans l’hôpital parisien, sans reprendre à son compte l’hypothèse d’une attaque.

•La ministre de la Santé Agnès Buzyn a été interpellée jeudi au Sénat par le président du groupe PS Patrick Kanner «Faut-il suivre les conclusions de M. Castaner ou faut-il plutôt vous suivre, puisque vous avez été beaucoup plus prudente ?», a-t-il demandé.

«Il y a une enquête en cours (...) et je pense qu’il y a eu différents temps», a répondu la ministre. «C’est-à-dire un temps à l’entrée de l’hôpital, au niveau des grilles, puis un temps sur une passerelle qui menait à une réanimation, et donc je pense que l’enquête clarifiera les responsabilités, la volonté d’agression ou pas, en fonction de ces différents moments».

>1er mai: les 32 gardes à vue suite à des incidents dans un hôpital parisien ont été levées

 

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4 Commentaires

  • Posté par Monsieur Alain, vendredi 3 mai 2019, 12:39

    Un point à mettre au crédit des réseaux sociaux qu'on charge volontiers de tous les maux et de toutes les bêtises. C'est le propre du politique qui se drape de la légitimité du pouvoir en France comme partout : "dire ce qui s'est passé et s'imaginer que tout le monde va gober". Trump, ou l'exemple à suivre.

  • Posté par LAURENT Christian, samedi 4 mai 2019, 22:51

    Heureusement également que le personnel de l'hôpital ait remis les faits en perspective, notamment sur le rôle excessif des forces de l'ordre! Le pouvoir en France saute sur chaque occasion pour se mettre en évidence et déblatérer ceux qui ne sont pas de son avis. Le personnel hospitalier est également victime de la politique de ce gouvernement.

  • Posté par LAURENT Christian, samedi 4 mai 2019, 22:51

    Heureusement également que le personnel de l'hôpital ait remis les faits en perspective, notamment sur le rôle excessif des forces de l'ordre! Le pouvoir en France saute sur chaque occasion pour se mettre en évidence et déblatérer ceux qui ne sont pas de son avis. Le personnel hospitalier est également victime de la politique de ce gouvernement.

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