Habitat: vivre ensemble c’est mieux

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Brutopia est le premier habitat partagé de Bruxelles. Il est né il y a déjà plusieurs années.
Brutopia est le premier habitat partagé de Bruxelles. Il est né il y a déjà plusieurs années. - dominique rodenbach.

Com’on Home est le nom donné à un nouveau bureau d’études et de conseil pour le développement de l’habitat collaboratif. À sa tête, on trouve Hélène Stryckman, une jeune détentrice d’un master en anthropologie persuadée que le logement peut améliorer le bien-être humain. « Le cohabitat existe depuis les années 70 au Danemark où 8 % de la population vit de cette manière. C’est un tiers des habitants de Bruxelles… », explique-t-elle.

Pour donner du crédit à sa démarche, la jeune entrepreneuse de 29 ans s’appuie sur une étude qui démontre qu’en deux ans, les Belges ouverts à ce type d’habitat sont passés de 20 à 50 %. « La cohabitation fait encore peur mais les mentalités évoluent rapidement », dit-elle. « Nous sommes en plein changement avec la prise de conscience environnementale à laquelle nous assistons tous. L’habitat durable peut rendre le comportement humain durable également. Com’on Home veut accompagner ce changement. »

Hélène Stryckman explique répondre à une demande : celle des habitants eux-mêmes ainsi que des acteurs professionnels de l’immobilier. « Le cohabitat comporte des risques en termes d’investissement de départ car pour que ça fonctionne, il faut que les logements soient habités une fois la construction achevée », fait remarquer notre interlocutrice. « Nous intervenons dès le départ du processus en apportant notre conseil et en procédant à un appel à manifestation d’intérêt pour rechercher des propriétaires et/ou des locataires. Puis, nous faisons remonter les discussions avec ces derniers auprès des promoteurs pour qu’ils sachent quel type de cohabitat concevoir. »

L’enjeu est énorme car ces dernières années, c’est le rapport complet à la brique qui a changé. Il n’existe plus un seul projet qui ne se pose pas la question de savoir s’il peut développer une partie de celui-ci en habitat partagé. « Nous recherchons des partenariats public-privés qui pourraient déboucher sur ce type de conception », intervient Hélène Stryckman. « On trouve des terrains, on démarche auprès des banques, on crée des sociétés et on va voir les promoteurs. Mais on peut également trouver nous-mêmes un bâtiment et l’acquérir avec un premier noyau d’habitants. Aujourd’hui, de plus en plus de promotions proposent des jardins et des potagers collectifs, des salles communes et une terrasse sur le toit où les habitants peuvent se réunir. Mais si le coliving prend ces espaces partagés comme une commodité, le cohabitat les considère plutôt comme des acquis. »

La créatrice de Com’on Home travaille à temps plein sur le projet depuis août 2018. « Pour l’heure, les choses avancent bien », assure-t-elle. « Je me fais connaître et des rendez-vous intéressants sont planifiés. Une plateforme internet permettra bientôt aux futurs habitants de s’inscrire en spécifiant leurs centres d’intérêt. Ils pourront ainsi dire avec combien d’habitants maximum ils veulent vivre, s’ils veulent le faire en ville ou à la campagne… On pourra affiner les recherches. »

Travaillant seule, Hélène Stryckman se rétribuera en prélevant un forfait mensuel auprès des habitants pendant toute la phase de construction du projet. Si elle intervient auprès des promoteurs, sa rémunération se fera comme celle d’un bureau d’études classique.

À court terme, elle envisage aussi de voir d’autres compétences intégrer le bureau. « Je suis consciente de mes carences, notamment en matière de gestion d’un chantier, mais je vais m’entourer de professionnels », avoue-t-elle. « Je suis en train de développer des partenariats avec des notaires, des banquiers, des avocats… »

Surtout, Hélène Stryckman peut compter sur le soutien de Marc, le paternel, fondateur du bureau d’architecture bruxellois ADE qui a décidé de soutenir moralement Com’on Home car, comme tous les autres bureaux, il est confronté chaque jour à cette nouvelle donne de l’habitat partagé. « Il y a aujourd’hui à Bruxelles 6,5 millions de mètres carrés vides », conclut la jeune entrepreneuse. « L’habitat partagé peut apporter un capital social et culturel, une composante qui est justement recherchée par les gens. Il va aller en grandissant, c’est sûr… »

Enjeu européen

Par Paolo Leonardi

Portes ouvertes

Les 18 et 19 mai auront lieu les Portes ouvertes européennes de l’habitat groupé. Cinq pays participent à la manifestation : l’Angleterre, l’Italie, la France, les Pays-Bas et la Belgique. À ce titre, il sera possible de visiter neuf habitats groupés existants en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles et de voir comme on peut désormais vivre ensemble et autrement. Le programme complet de ces journées peut être consulté sur www.habitat-participation.be.

 
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