Le directeur du Centre belge de la bande dessinée, Jean Auquier, démissionne

Jean Auquier devant la fresque de «
La Marque jaune
» des aventures de Blake et Mortimer du CBBD.
Jean Auquier devant la fresque de « La Marque jaune » des aventures de Blake et Mortimer du CBBD. - Mathieu Golinvaux.

Depuis trente ans, Jean Auquier incarnait l’image du Centre belge de la bande dessinée (CBBD), le premier musée dédié au 9e Art dans le monde, avec une moyenne de plus de 200.000 visiteurs par an. Ce 30 juin, le directeur du CBBD passera la main. Plusieurs membres du conseil d’administration du Centre regrettent sa décision, tout en évoquant, à mots couverts, une forme de lassitude concernant les questions de gestion humaine.

Jean Auquier nous a assuré mardi matin avoir la conscience tranquille : « Je pars ravi de ce que j’ai accompli. J’ai toute confiance dans l’équipe pour poursuivre la gestion du Centre au quotidien en attendant la nomination d’un nouveau directeur. Je vais changer d’air tout en continuant à monter des expositions et à donner des conférences sur le 9e Art. Je ne veux rien casser, rien abîmer. Il est exact que j’aurais pu partir plus tard mais j’ai des projets d’avenir personnels motivants et je préférais quitter mon poste avant la célébration du trentième anniversaire prévue les 5 et 6 octobre. A l’instant de prendre ma décision définitive, je me suis senti rajeunir. Je ne veux retenir des trente années passées au Centre que l’excellence du travail accompli avec toute l’équipe.»

Jean Auquier a oeuvré au Centre depuis sa création, avant d’en devenir le directeur en juillet 2008. A l’heure du bilan, il nous dit sa fierté d’avoir accompli la transformation de l’association en véritable entreprise culturelle. A peine 10% du budget provient de subsides publics et plus de 70 % des recettes sont assurées par la billetterie : un exploit dans le paysage muséal belge !

« Les derniers chiffres de fréquentation d’avril 2019 sont ébouriffants : 29.000 visiteurs en un mois. Je suis aussi content d’avoir assis la légitimité du centre. De grands auteurs étrangers comme la Britannique Posy Simmonds ou les Français Emmanuel Lepage et Régis Loisel ont choisi de faire de grandes expositions chez nous. Le ministère chinois de la Culture a montré le plus grand respect pour notre institution et a monté un panorama de la BD chinoise en nos murs. Le Centre s’est imposé en trente ans comme une formidable caisse de résonance des talents de la bande dessinée contemporaine et pas seulement comme une vitrine du patrimoine de l’âge d’or du 9e Art franco-belge. »

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