Lokeren lance la chasse aux trésors

André Cadere, Untitled (A 12000300), 1975.
André Cadere, Untitled (A 12000300), 1975.

On va vous le faire à la Prévert : un Chagall, deux de Saint Phalle, trois Haring, quatre Topor, cinq Delvaux, six Permeke, sept Panamarenko… douze Spilliaert. Vingt et un Ensor. Et du Fabre, du Léger, du Lichtenstein, des Broodthaers, Folon, Delvoye… Dans la vente « Maîtres contemporains, modernes et anciens »chez De Vuyst, le 18 mai prochain, oui, il y a un peu de tout.

Jan Fabre, Guerrier flamand (Le guerrier du désespoir, 1996)
Jan Fabre, Guerrier flamand (Le guerrier du désespoir, 1996)

« Mais si la gamme est très large, en effet, et qu’il y a des œuvres très abordables qui démarrent à mille euros, c’est un catalogue qui reste extrêmement qualitatif », explique Stefanie Vets, de la maison de ventes De Vuyst, à Lokeren. « Il y a par exemple aussi des pièces exceptionnelles, de qualité muséale, comme l’œuvre d’André Cadere qui est unique sur le marché de l’art. La suite que nous présentons, huit barres de bois rond, c’est du jamais vu. Dans la vente précédente, nous en avions une seule et l’intérêt a été énorme. Elle était estimée à 30.000-50.000 euros, ce qui était modeste, mais sachant que les œuvres de l’artiste roumain sont plutôt rares en salles de ventes, nous étions restés prudents. Elle est partie aux enchères à 170.000 euros chez un collectionneur privé, à l’international. Alors sur cette nouvelle suite que nous avons, estimée à 400.000-600.000 euros, je peux déjà vous dire qu’il y a beaucoup d’intérêt. »

Léon Spilliaert, Femme regardant la mer (ca.1902)
Léon Spilliaert, Femme regardant la mer (ca.1902)

Cadere, fan d’art minimal et conceptuel, voyageait avec ses barres. Objets tridimensionnels de taille variable, sans haut, ni bas, ni face, ni revers. Une « peinture sans fin », disait l’artiste, à poser partout, mais surtout pas, du moins à l’époque, dans un musée. L’engouement, on le sent au nombre de gens qui ont contacté la maison ces derniers jours, collectionneurs ou instituts. « De l’étranger, ils enchérissent par téléphone et nous contactent à l’avance pour s’organiser. » Mais aucune transaction ne se fera avant le jour J. « Il y en a toujours qui essaient mais jamais on ne l’autorise parce que nous avons une responsabilité vis-à-vis du propriétaire. Et puis ce jour-là, tout le monde a sa chance, on est ouverts à tous. »

Trois ventes par an

Depuis 1962 De Vuyst propose une sélection de peintures, aquarelles, dessins, sculptures et œuvres graphiques. La galerie expose toute l’année des œuvres d’artistes nationaux et internationaux de la collection permanente. Régulièrement, elle organise des expos consacrées à un artiste ou des groupes et des salons d’art ancien, moderne et contemporain.

Trois fois par an, la maison, qui monte des ventes d’art international depuis 1970, planifie une très grosse vente comme celle du 18 mai. Où l’on trouvera surtout du moderne et du contemporain, mais aussi quelques pièces des XVIe et XVIIe siècles. « La partie romantique et maîtres anciens est moins importante », poursuit Stefanie Vets, « mais il y a toujours un public pour ces périodes aussi. Trois ventes par an, c’est notre rythme à nous. Ça nous donne quelques mois, quelques semaines pour nous organiser, pour retrouver de belles pièces. »

Pendant quelques jours, la petite ville de Lokeren devient très animée. Les gens arrivent de partout pour assister aux journées d’exposition. Celles-ci s’achèvent ce mercredi à 20 heures. Dépêchez-vous, cette caverne d’Ali Baba située en Flandre-Orientale, dans l’arrondissement de Saint-Nicolas, à mi-chemin entre Gand et Anvers, mérite le (gros) détour.

 
 
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