Pas de congé pour les maîtres anciens !

Mis en vente par le célèbre artiste Frank Stella, cet important double portrait par Jan Sanders Van Hemessen a changé de main contre un peu plus de 10 millions de dollars. LOT 7.
Mis en vente par le célèbre artiste Frank Stella, cet important double portrait par Jan Sanders Van Hemessen a changé de main contre un peu plus de 10 millions de dollars. LOT 7. - Christie’s

Alors que, contrairement à Sotheby’s, la maison du Rockefeller Center n’avait pas tenu le marteau en janvier, c’est la configuration inverse qui avait lieu en ce début mai. La session principale rapporta presque 33 millions de dollars et 79 % des lots trouvèrent preneur, un très bon score pour une vacation d’art ancien. Il faut encore y ajouter les un peu moins de 10,5 millions de dollars de la vente de la succession de Lila et Herman Shickman. Les deux ventes ont permis à Christie’s d’enregistrer sept enchères à sept chiffres.

Cette Vierge à l’Enfant avec Jean-Baptiste et Sainte Lucie est due aux pinceaux d’Annibale Carrachi. On en a offert un peu moins de 6,1 millions de dollars. LOT 26
Cette Vierge à l’Enfant avec Jean-Baptiste et Sainte Lucie est due aux pinceaux d’Annibale Carrachi. On en a offert un peu moins de 6,1 millions de dollars. LOT 26 - Christie’s

Stella

Le meilleur prix de la vente alla, comme prévu, à un double portrait exécuté en 1532 par Jan Sanders Van Hemessen, une huile sur panneau de grandes dimensions (111 par 123 cm environ). Estimée entre 4 et 6 millions de dollars, l’œuvre changea de main contre un peu plus de 10 millions de dollars au grand étonnement de la salle. Reproduit en couverture du catalogue ce magnifique tableau représente un couple de bourgeois en train de jouer à un ancêtre du backgammon dans un riche intérieur. L’on ignore leur identité, mais ils furent portraiturés lorsque l’artiste vivait à Anvers. La provenance de cette œuvre est plutôt inattendue, puisqu’il s’agit de l’artiste américain Frank Stella, qui l’avait acquis chez Christie’s à Londres le 6 juillet 1984, alors qu’il était mis en vente par l’une des descendantes du 25e Earl of Crawford censé l’avoir acheté au siècle précédent.

Feigen

Ce tondo de Lorenzo Monaco a réalisé un peu plus de 3,6 millions de dollars. LOT 10
Ce tondo de Lorenzo Monaco a réalisé un peu plus de 3,6 millions de dollars. LOT 10 - Christie’s

C’est également à une œuvre du XVIe siècle, mais exécutée un bon demi-siècle plus tard, que va le deuxième meilleur prix du même catalogue, à savoir un peu moins de 6,1 millions de dollars. Il s’agit également d’une œuvre sur panneau, ce qui est rare dans l’œuvre de son auteur, Annibale Carracci. Elle représente la Vierge à l’Enfant avec Jean-Baptiste et Sainte Lucie qui présente à Marie un plateau sur lequel reposent ses yeux, symboles de son martyre. Peinte, selon les spécialistes, à Bologne aux alentours de 1587-1588, l’œuvre était mise en vente par le marchand new-yorkais Richard Feigen, une figure atypique du marché de l’art puisque ce dernier s’est intéressé au cours de sa longue carrière, qui n’est pas finie à près de 90 ans, aussi bien à l’art ancien qu’à l’art impressionniste, moderne et contemporain. Le troisième résultat de la vente va également à une œuvre provenant de ses collections, soit un tondo d’environ 20 centimètres de diamètre représentant le Prophète Isaïe. Estimée entre 1,5 et 2,5 millions de dollars, cette œuvre du Florentin Lorenzo Monaco s’est vendue un peu plus de 3,6 millions de dollars.

Shickman

Cette magnifique nature morte de Juan Van der Hamen y Leon a été vendue un peu plus de 6,5 millions de dollars. LOT 109
Cette magnifique nature morte de Juan Van der Hamen y Leon a été vendue un peu plus de 6,5 millions de dollars. LOT 109 - Christie’s

Christie’s s’était vu confié quinze tableaux de la succession des marchands new-yorkais Lila et Herman Shickman, ce dernier étant décédé en 2007. Leur galerie était surtout active à partir des années 1970 et ils furent de généreux donateurs auprès de plusieurs institutions, notamment le Musée d’Israël à Jérusalem. Les estimations étaient fortes et une nature morte de Luis Melendez prisée entre 2 et 4 millions de dollars ne trouva pas preneur. Une autre nature morte datée de 1629, soit un bon siècle plus tôt, mais due cette fois aux pinceaux de Juan Van der Hamen y Leon, a été vendue à son prix de réserve pour un peu plus de 6,5 millions de dollars…

 
 
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