«Douleur et gloire» d’Almodóvar, une œuvre puissante: nos critiques des sorties cinéma

Antonio Banderas dans «
Douleur et gloire
».
Antonio Banderas dans « Douleur et gloire ».

Douleur et gloire (Pedro Almodóvar)

Almodóvar rompt toutes les barrières intimes et fait le bilan. C’est magnifique, joyeux, triste, douloureux, âpre, intensément émouvant. Un film très intime et ample qui nous prend aux tripes. Une œuvre puissante. On sort de la projection enveloppé d’une douce mélancolie apaisée et apaisante car par ce film poignant et coloré qui agit en effet miroir, le cinéaste espagnol se réconcilie avec ses proches (morts ou vivants) et fait la paix avec lui-même.

Sunset (László Nemes)

László Nemes s’attaque à une période historique trouble et complexe. Dans un monde au bord du chaos, voici une déambulation à laquelle il faut accepter de s’abandonner. Le tout avec une dimension presque philosophique où, pour en saisir toute la complexité, il faut s’immerger pleinement.

Séduis-moi si tu peux ! (Jonathan Levine)

Le scénariste Dan Sterling prend un malin plaisir à dépeindre par l’absurde l’Amérique de Trump pour mieux laisser Charlize Theron sauver les meubles. Pour le reste, les plus vieilles blagues sont toujours les meilleures : en l’occurrence, blagues de sexe et comique de situation. Ajoutez à cela la bonne trogne de Seth Rogen et voici une comédie romantique fraîche, drôle et joliment féministe.

J’veux du soleil ! (Gilles Perret & François Ruffin)

A l’instar d’un Michael Moore aux Etats-Unis, François Ruffin signe un film engagé, militant, prenant clairement le parti des floués du système. Fatalement, l’utilisation des images est subjective, mais il se dégage beaucoup d’humanité et une sincérité sur cette détresse sociale. Ruffin met la parole de ceux qu’on ne veut pas entendre au cœur de son film. Et éclaire ainsi le vrai visage des vrais gilets jaunes. C’était nécessaire.

Bruxelles-Brussel, une traversée urbaine (Luc Jabon)

Luc Jabon traverse Bruxelles en zigzag, de façon un peu tordue. A l’image de la ville, en somme. Ce qui rend ce documentaire un petit peu décousu, sans que cela remette en cause son attrait, surtout quant aux questions qu’il pose.

 
 
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