Elections 2019: «Ce genre de pratique est inacceptable, même chez nous», réagit Khattabi au tract d’Ecolo

Des élus et observateurs de la vie politique ont dénoncé mercredi la distribution par Ecolo d’un tract dans l’entité de Laeken, au nord de la ville de Bruxelles, présentant la position des différents partis en matière de liberté de culte, singulièrement le culte musulman. Ce tract, qui souligne notamment l’appui d’Ecolo à l’autorisation de l’abattage sans étourdissement dans le cadre de rites religieux à Bruxelles, a été distribué par les élus bruxellois Zoé Genot et Ahmed Mouhssin. A la suite de la polémique, Ecolo en a ordonné le retrait.

On y lit notamment qu’à l’exception des autres partis, Ecolo et le PTB sont en faveur de l’autorisation du port du foulard islamique pour le personnel au guichet de l’administration, de la possibilité pour les parents de pouvoir choisir un jour de congé selon leurs convictions ou de l’autorisation du port du foulard à l’école par les élèves. En outre, à l’exception de Défi et du PS, Ecolo, le PTB, le MR et le CDH sont pour le maintien de cours de religion et de morale dans le réseau officiel. Le tract précise qu’Ecolo est pour l’autorisation de l’abattage sans étourdissement dans le cadre de rites religieux à Bruxelles.

La coprésidente d’Ecolo a réagi en fin d’après-midi sur Twitter. « Nous avons toujours critiqué et dénoncé ce genre de pratique électorale chez les autres. Elles ne sont pas plus acceptables quand elles viennent des nôtres, même une seule fois c'est une de trop », écrit Zakia Khattabi.

Discussions sur l’abattage sans étourdissement

Interdit en Flandre et en Wallonie (avec l’appui d’Ecolo), l’abattage sans étourdissement reste autorisé à Bruxelles. Chez les Verts, la députée régionale Annemie Maes (Groen) avait déposé en vain une proposition d’ordonnance d’interdiction. La question divise d’ailleurs les élus dans d’autres partis, les Wallons étant parfois plus sensibles à la question du bien-être animal, et les Bruxellois plus soucieux de la pratique religieuse de certains croyants dans les communautés musulmanes et juives.

Mercredi, le ministre wallon du Bien-Être animal Carlo Di Antonio (CDH) a d’ailleurs croisé le fer sur Twitter avec son compagnon de parti, le député bruxellois Ahmed El Khannouss sur cette question.

Les débats se poursuivent également sur le terrain du droit. Saisie d’une requête contre le décret flamand d’interdiction de l’abattage rituel, la Cour constitutionnelle a posé une question préjudicielle à la Cour de justice de l’Union européenne.

En attendant, la distribution du tract d’Ecolo a fait l’objet d’une vive polémique mercredi.

► «Racolage», «honte», «hallucinant»: les réactions au tract polémique d’Ecolo à Bruxelles

Alain Maron renie la paternité du tract

La tête de liste Ecolo au parlement bruxellois, Alain Maron, a renié la paternité du tract. «Ce tract n’a en effet pas été avalisé par Ecolo BXL avant sa diffusion et ne l’aurait pas été. Ce n’est clairement pas notre façon de faire campagne. Nous misons sur la nuance et le dialogue, par sur les clichés ni le communautarisme», a-t-il réagi sur Twitter.

Le parti Ecolo a fait savoir qu’il avait ordonné le retrait de ce tract qui reprenait une présentation de propositions en matière de cultes réalisée par La Libre. «Ce sujet mérite mieux qu’un tract racoleur sur un marché», ont estimé les verts.

 
 
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