Le gouvernement bruxellois actera ce jeudi la démolition du viaduc Herrmann-Debroux

Vue dans la forêt de Soignes vers le carrefour Léonard
: illustration de la situation possible dans le futur.
Vue dans la forêt de Soignes vers le carrefour Léonard : illustration de la situation possible dans le futur. - Gouvernement bruxellois.

La E411 qui prolonge son flux autoroutier jusqu’à Delta, ce sera bientôt fini. Le gouvernement Vervoort actera ce jeudi la démolition du viaduc Herrmann-Debroux et la transformation de l’entrée sud de la ville en boulevard urbain. Voilà quinze ans que Didier Gosuin, bourgmestre d’Auderghem, plaide en ce sens. C’est aussi la politique menée par l’exécutif régional sous cette législature. « C’est une autre façon de concevoir la ville », se réjouit le ministre Défi. Plus question de déverser les voitures dans les quartiers bruxellois par des grands axes, appuie Rudi Vervoort (PS).

En filigrane du projet : d’abord et avant tout la modération du trafic sur la colonne vertébrale dessinée par la E411, ce qui s’inscrit dans la volonté plus globale de réduire le trafic automobile à l’échelle de la Région. Et en atténuer les impacts négatifs sur la qualité de vie et la sécurité des quartiers avoisinants. C’est la philosophie qui a prévalu à Meiser, au débouché de la E40, ramenée de six bandes à trois. C’est l’objectif du déclassement de l’A12, et de la réflexion menée au bout de l’autoroute de la mer, vers l’avenue Charles-Quint.

Concrétisation durant la prochaine législature

Concrètement, le sort du viaduc était sur la table depuis belle lurette. Une première fois, voici quinze ans, lorsque le viaduc des Trois Fontaines (la première partie, juste à la sortie de l’autoroute, en face du centre sportif) avait été fragilisé, suite à l’incendie d’un chalet sous ses piliers. Une seconde fois, à l’automne 2017, lorsque la structure du viaduc Herrmann-Debroux avait montré des signes de fragilité.

Entre-temps, le gouvernement régional a établi un vaste projet de réaménagement de tout le périmètre : un PAD (plan d’aménagement directeur), qui définit la philosophie, qu’il faudra, ensuite, traduire en plans précis, puis en permis d’urbanisme. « Cela prendra un peu de temps, vu la durée des procédures, mais l’objectif est bien d’inaugurer le tout sous la prochaine législature », insiste le ministre-président (PS). Avec, dans la tête des ministres actuels, l’idée qu’il sera bien difficile, pour leurs successeurs, de faire marche arrière.

Prolongation du tram 8

Les projections ont, en effet, de quoi séduire. Du centre sportif de la forêt de Soignes à Delta, point de viaduc en béton qui survole les quartiers. Mais un boulevard urbain, de deux bandes dans chaque sens. Un site propre pour le tram 8, lequel sera prolongé jusqu’à Rouge-Cloître. Et, à terme, scindé en deux tronçons : une ligne de rocade, vers Roodebeek et une ligne radiale vers l’avenue Louise. Au passage, les Bruxellois apprécieront de pouvoir rejoindre la forêt (et les infrastructures sportives) en transports en commun – pour l’heure, un bus aux fréquences parcimonieuses ne répond pas vraiment à l’objectif. Le projet prévoit aussi la création d’un parking de dissuasion, couplé au terminus du tram 8.

« On a étudié différentes options, le maintien du viaduc ou pas, pour le transformer en piétonnier ou en espace arboré mais on a conclu que cela n’avait pas beaucoup de sens. Nous avons donc opté pour la démolition, qui permettra notamment aussi de meilleures connexions avec les quartiers avoisinants », explique Rudi Vervoort. L’enquête publique devrait démarrer à l’automne.

► A Bruxelles, la qualité de vie au centre du plan de mobilité

 
 
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