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Jean-Claude Juncker: «Voter, ça compte»

Carte blanche - Temps de lecture: 5 min

Dans quelques semaines, les Européens se rendront aux urnes pour le plus grand exercice démocratique transnational au monde. 427 millions de personnes dans 28 pays voteront pour élire les membres du Parlement européen qui les représenteront. Par leur vote, ils détermineront également quelle direction prendra la politique européenne des cinq prochaines années.

Il est vrai que les élections au Parlement européen souffrent depuis longtemps d’une grande apathie des électeurs. On entend souvent les abstentionnistes se justifier en disant : « de toute façon en quoi mon vote peut-il faire la différence ? ». Mais imaginez que tout le monde se dise la même chose. En allant voter, chaque Européen devrait penser que tout le monde fera de même – et assumera sa part de responsabilité quant aux conséquences des élections pour notre continent.

Parce que cela compte. Cela compte pour notre planète si nous votons pour des candidats qui se battront contre le changement climatique. Cela compte pour nos emplois si nous votons pour des candidats qui œuvreront à la protection des droits des travailleurs à l’ère numérique. Cela compte pour notre sécurité si nous votons pour des candidats qui défendront les citoyens européens dans un monde où les puissances, anciennes et nouvelles, décident de faire cavalier seul ou de jouer selon leurs propres règles. L’Europe est à votre service et pas l’inverse. C’est en votant que vous ferez en sorte qu’il en soit bien ainsi.

Dans chaque pays, il y aura des candidats qui crieront haut et fort que l’Europe n’est jamais la réponse, qu’elle empiète sur notre identité nationale. Je ne crois pas que cela soit vrai. Dans un grand nombre de domaines les nations d’Europe peuvent tout simplement obtenir plus ensemble qu’elles ne peuvent le faire seules – par exemple, lorsqu’il s’agit de faire face aux géants de la technologie, de sécuriser nos frontières extérieures, de conclure des accords commerciaux ou de nettoyer les océans du globe des déchets plastiques.

Des chiffres encourageants

Nous devons donc combattre les populistes là où ils sont faibles : avec des actions et non pas des mots. Avec de l’espoir et non pas de la peur. En nous unissant, et non pas en nous divisant. Et selon un plan clair pour un avenir meilleur, et non pas guidés par la nostalgie d’un passé qui n’a jamais existé.

Lorsque j’ai été élu président de la Commission européenne, mon mandat était clair : se concentrer sur ce qui compte le plus pour les Européens. Et c’est exactement ce que nous avons fait. Aujourd’hui, 240 millions d’Européens travaillent, soit plus que jamais auparavant. Le chômage est à son niveau le plus bas de ce siècle. Les salaires ont augmenté de 5,7 %. Nous disposons désormais d’un corps européen de garde-frontière et de garde-côtes qui contribue à la protection de nos frontières, même si nous devons encore achever les travaux entamés en la matière et porter à 10 000 le nombre de garde-frontière de l’UE. Nous pouvons à présent bénéficier de l’itinérance aux tarifs nationaux partout dans l’Union et nous pouvons utiliser nos abonnements de services de diffusion en continu même si nous sommes dans un autre pays de l’UE. Nos entreprises peuvent aujourd’hui commercer avec le Japon et le Canada sans payer de droits de douane, grâce aux plus vastes accords commerciaux du monde.

Mais l’Europe ne se résume pas à des chiffres et à des statistiques, l’Europe c’est également des valeurs partagées. L’Europe, c’est 120.000 jeunes volontaires qui, dans le cadre du corps européen de solidarité, aident à la reconstruction des zones touchées par un tremblement de terre en Italie. Ce sont les pompiers polonais accueillis comme des héros dans les rues en Suède lorsqu’ils sont venus prêter main-forte pour éteindre les feux de forêt. Ce sont 30.000 jeunes qui voyagent à travers le continent en train grâce au programme DiscoverEU et 10 millions d’étudiants Erasmus qui explorent de nouvelles cultures, histoires et langues.

Unis malgré tout

Tout au long de notre mandat, nous avons été mis à l’épreuve de nombreuses manières. Chaque fois, nous en sommes ressortis plus forts et plus unis. Nous avons veillé à ce que la Grèce reste dans l’euro, allant à l’encontre de toutes les attentes et prédictions. Nous avons réduit de 90 % le nombre de personnes arrivant sur nos côtes de manière irrégulière, alors que certains déclaraient que la crise migratoire était ingérable. Et nous sommes restés unis lorsque l’un des nôtres, le Royaume-Uni, a décidé de quitter notre Union.

Nous pouvons toujours faire plus et mieux. Mais toutes ces situations ont redynamisé notre Union. Elles nous ont rappelé que notre Union ne devrait pas être considérée comme acquise, qu’il faut nous battre pour elle, chaque jour. L’opinion publique est plus positive qu’elle ne l’a été depuis 27 ans. En Belgique, 71 % estiment que l’appartenance à l’UE est une bonne chose et 75 % voteraient pour rester dans l’Union si un référendum était organisé demain.

Mais bâtir l’Europe est un travail permanent. N’oublions pas qu’il y a seulement 30 ans que le rideau de fer est tombé et que le mur de Berlin s’est écroulé. Les Européens ont toujours lutté pour leurs droits, leurs libertés, leurs valeurs, leur souveraineté. Il ne devrait pas en être autrement aujourd’hui.

Les élections européennes du 26 mai sont l’occasion pour vous de faire entendre votre voix, de défendre ce en quoi vous croyez. Une fois dans l’isoloir, nous savons que nous avons tous le même pouvoir et la même influence sur notre avenir commun. Nous sommes tous l’Europe ce jour-là. Nous avons tous notre destin entre nos mains.

 

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