L’anesthésiste soupçonné d’empoisonnements remis en liberté: les victimes «profondément choquées»

Frédéric Péchier © AFP
Frédéric Péchier © AFP

Satisfaction de la défense, choc des victimes présumées : l’anesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen pour 17 nouveaux cas d’empoisonnements de patients, a été laissé libre sous contrôle judiciaire dans la nuit de jeudi à vendredi, une décision contestée par le parquet qui va faire appel.

L’annonce en pleine nuit, au terme de plusieurs heures d’audience à huis clos, a suscité l’étonnement : désormais mis en examen pour 24 cas d’empoisonnements – avec neuf personnes décédées – entre 2008 et 2016, le médecin de 47 ans a été laissé libre sous contrôle judiciaire par la juge des libertés et de la détention (JLD).

Les avocats de l’anesthésiste ont immédiatement affiché leur satisfaction : « C’est une décision juste et opportune », a réagi auprès de l’AFP l’un d’entre eux, Me Randall Schwerdorffer.

Quelques heures après l’annonce de son maintien en liberté, le procureur de la République à Besançon Etienne Manteaux, qui avait requis son placement en détention provisoire, a indiqué qu’il allait « bien évidemment » faire appel de cette décision dès vendredi. L’appel devrait être examiné « dans un délai de 15 jours », a-t-il précisé.

La colère des victimes

Du côté des victimes présumées du Dr Péchier, son maintien en liberté est difficile à accepter.

« Nous sommes profondément choqués (par) cette décision, compte tenu des charges qui pèsent aujourd’hui contre » le médecin, a déclaré lors d’une conférence de presse Sandra Simard, l’une des sept victimes présumées initialement identifiées de M. Péchier et vice-présidente de l’association Avapolvi, qui rassemble les victimes ou leurs proches.

La jeune femme de 38 ans est restée cinq jours dans le coma après un arrêt cardiaque intervenu à l’occasion d’une opération du dos en janvier 2017. « Aujourd’hui, j’ai des lésions au cerveau, donc des séquelles cognitives, des problèmes de mémoire et de concentration », a-t-elle expliqué.

Conseil des parents de la plus jeune victime présumée, un enfant de quatre ans en 2016, opéré des amygdales, qui a survécu à deux arrêts cardiaques, Me Jean-Michel Vernier a évoqué la « colère » de ses clients qui se sont constitués parties civiles « vendredi matin ».

 
 
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