Deux matchs du RAEC Mons soupçonnés de fraude : «La masse d’argent pariée interpelle»

Deux matchs du RAEC Mons soupçonnés de fraude : «La masse d’argent pariée interpelle»

Deux matchs du RAEC Mons (contre Dessel et l’Antwerp en avril dernier) et un match amical d’Ostende contre l’équipe albanaise du Laci figurent au nombre des confrontations suspectées de corruption au cours de la saison 2014-2015, selon un rapport dévoilé mardi au Parlement européen par le député Marc Tarabella (PS) , en charge des questions de consommation.

Ce rapport, établi par la Federbet, l’association d’opérateurs et de consommateurs de paris en ligne, affecte de lourds soupçons de corruption à 50 matchs européens disputés la saison dernière. «C’est peu par rapport à l’ensemble des matchs disputés partout en Europe, mais la masse d’argent pariée sur des matches des compétitions de D1, D2 et D3 européennes est interpellante », souligne Marc Tarabella. Les soupçons de corruption procèdent de l’analyse des paris lancés sur différents marchés mondiaux, essentiellement en Asie. Les matchs qui enregistrent des paris anormaux sont considérés comme suspects, même si, précise le député européen, « une équipe concernée n’est pas nécessairement une équipe impliquée. Bon nombre de ces clubs sont victimes de la malversation d’une poignée de gens se servant du sport pour faire du blanchiment d’argent ».

Transformer les soupçons en preuves

Des plaintes seront déposées en Belgique, en Italie, en Espagne ou au Portugal, à charge pour les justices concernées d’étayer les soupçons par des preuves. «L’objectif est de faire la clarté autour des matchs sur lesquels pèsent de gros soupçons. Les matches truqués ou corrompus sont une minorité mais ils jettent le discrédit sur l’ensemble du football, un peu comme on le vit dans le dossier FIFA…. », précise le député.

Les enjeux sont énormes. Les paris (essentiellement en ligne) sur les matches de football au niveau mondial représentent un chiffre d’affaire annuel de 500 milliards de dollars (4 x le budget de l’Union européenne). Les estimations des mises moyennes par match de championnat révèlent des chiffres de 50 millions d’euros joués en Belgique par match de division 1, 10 millions pour ceux de D2 et 1 million sur ceux de la D3, selon les chiffres de l’Agence de contrôle des flux financiers sur les paris sportifs. Peu de chose en regard du championnat anglais dont les matchs de D1 drainent pour un milliard d’euros de paris.

Selon les auteurs du rapport, les pratiques de corruption glissent vers les divisions inférieures et sont plus fréquentes dans les pays soumis à une situation économique difficile. Au Portugal, par exemple, des fraudeurs étaient parvenu à faire insérer dans une liste de matches ouverts aux paris un …faux match. « Dans le championnat chypriote, précise Marc Tarabella, les malversations sont tellement nombreuses que les seuls qui ne connaissent pas le résultat sont les supporters dans le stade ».

Le Parlement européen, a rappelé Marc Tarabella, a voté une série de résolutions invitant à une lutte plus intense contre la corruption, les matchs truqués et le blanchiment. « Nous avons proposé l’interdiction des paris sur les matchs de jeunes. Nous avions aussi voulu imposer une interdiction de paris criminogènes, parce que trop facile à perpétrer, comme parier sur qui fera la première remise en touche, de quelle couleur seront les chaussures d’un joueur ou quelle sera sa manière de célébrer un but ». Ces paris demeurent possibles…parce que des bookmakers les proposent sur le marché et parce que rien ne les interdit...

 
 
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