Belgique, terre d’accueil ou salle d’attente ? (vidéo)

Etes-vous pour ou contre la régularisation des sans-papiers, et selon quels critères ? Quid de la criminalisation des personnes sans titre de séjour et de ceux qui les accueillent ? Quel accueil pour les demandeurs d’asile ? Comment favoriser l’intégration économique des migrants ? Faut-il maintenir l’accord avec la Turquie et quid du sort des migrants renvoyés vers la Libye ? Quid du respect par la Belgique de l’état de droit en ces matières ?

C’est ces six questions que 12 représentants de la société civile vont poser en direct à 6 hommes et femmes politiques francophones de 15h30 à 17h30 ce dimanche à Kanal – Centre Pompidou. Une confrontation ou un dialogue ? Les deux heures de débat le diront, mais on doit déjà saluer une rencontre qui n’a jamais eu lieu au cours de la législature qui s’achève, et qui a pour but d’obtenir des réponses claires parti par parti, sur la politique d’asile et de migration à appliquer , à changer ou à poursuivre en Belgique. Une rencontre lourde de symboles aussi, car elle se déroule à l’initiative et sous l’égide de la Plateforme Citoyenne et de de son porte-parole Mehdi Kassou qui depuis des mois tente chaque jour et chaque nuit d’abriter quelques centaines de migrants avec l’aide de centaines de citoyens du nord et du sud du pays.

► 200.000 nuitées ont été offertes aux réfugiés en 2018 par la plateforme citoyenne

L’invitation avait été lancée aux partis flamands. En l’absence de réponse de la N-VA et de la ministre en charge de l’asile et de la migration Maggie De Block (Open VLD), les organisateurs ont décidé de se « limiter » aux interlocuteurs francophones même si l’on sait, pour l’avoir vécu notamment dans la législature qui se termine, à quel point en ces matières aussi le poids des partenaires flamands au gouvernement fédéral sera décisif. Que veulent les partis flamands ? La politique d’asile voulue par les francophones est-elle possible avec ou sans la N-VA, ou plus précisément encore, avec ou sans Theo Francken ? Ce sont des questions qui vont peser, tel des fantômes, sur les échanges de cet après-midi. Car s’il s’avérait que les six partis francophones montrent des lignes de convergence, encore faudrait-il qu’elles résistent aux coalitions avec les partis du nord du pays.

Pour juger de l’intérêt et du caractère inédit et intéressant de la rencontre qui démarrera à 15h30, il suffit de jeter un œil aux participants. Pour la société civile, les interpellants seront Alexis Deswaef (Président honoraire Ligue des Droits humains, Ariane Estenne (Présidente MOC), Arnaud Zacharie (Secrétaire général – CNCD 11.11.11), Bernard De Vos (Délégué général aux Droits de l’Enfant), Brieuc Wathelet (Porte-Parole Tam-Tam), Estelle Ceulemans (Secrétaire générale – FGTB Bruxelles), Hamza Belakbir (Rédacteur en Chef – Revue Politique), Mehdi Kassou (Porte-Parole Plateforme citoyenne de Soutien aux Réfugiés), Pierre Verbeeren (Directeur général de Médecins du Monde), Philippe Hensmans (Secrétaire général Amnesty international), Sotieta Ngo (Directrice Ciré) et Youri Lou Vertogen (Chercheur Université St Louis).

Pour le monde politique, les intervenants seront David Leisterh (patron du CPAS de Watermael Boistfort) qui remplacera Françoise Schepmans (1ère à la Région pour le MR), Georges Dallemagne (cdH – 1er à la Chambre), Françoise Desmedt (PTB - 1ère à la Région), François De Smet (Défi 1er à la Chambre), Delphine Chabert qui remplacera Ahmed Laaouej (PS – 1er à la Chambre). A noter, et ce n’est plus anodin depuis l’histoire du fameux tract électoral jugé communautariste, c’est Zoé Genot qui remplacera Zakia Khattabi (Ecolo, 1ere à la Chambre).

Belgique, terre d’accueil ou salle d’attente ? Ce dimanche 19 mai de 15h30 à 17h30, à Kanal-Centre Pompidou (Bruxelles). La modération de cette confrontation sera assurée par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir. Le débat pourra être suivi sur les réseaux sociaux via www.facebook.com//bxlrefugees

 
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