Art et design belges à la portée de tous

Un Permeke entre 700 et 900 euros, un Delvaux entre 1.500 et 2.000, c’est possible et c’est ce lundi 27 mai chez Cornette de Saint Cyr. Bien sûr, à ce prix-là, on ne peut pas espérer un tableau figurant régulièrement dans les expositions internationales. Mais on a déjà la possibilité de s’offrir un dessin de l’un des deux artistes.

Maurice Langaskens (1884-1946), «
Le môme
», 1915, aquarelle sur papier.
Maurice Langaskens (1884-1946), « Le môme », 1915, aquarelle sur papier. - Cornette de Saint Cyr

« Beaucoup de gens continuent à penser que les ventes aux enchères sont inabordables et réservées à quelques très riches collectionneurs », explique Sabine Mund, en charge de l’art belge. « C’est vrai dans les grosses ventes de Christies ou Sotheby’s mais chez nous, on peut tout à fait acquérir une œuvre avec des moyens normaux. Bien sûr, la marchandise se raréfie mais on a parfois de belles surprises. »

Cette fois, ce sera notamment une série de portraits en aquarelle de Maurice Langaskens. « Nous avons la collection complète. Elle a changé de mains mais en restant toujours complète. C’est un document exceptionnel, un peu de la vie de Langaskens dans les camps où les prisonniers organisaient des pièces de théâtre pour tenir le coup. Ici, nous allons vendre les œuvres au compte-gouttes mais avec la possibilité de les réunir. À l’issue des enchères individuelles, si un amateur est prêt à débourser une somme supérieure à l’addition des sommes proposées, il peut emporter le tout. Évidemment, c’est une collection qui aurait sa place dans un musée… »

Des œuvres jamais vues

Parmi les autres belles pièces, plusieurs Delahaut et bon nombre d’autres artistes de l’abstraction géométrique. « C’est un domaine qui a connu un bel essor ces dernières années. Les gens sont à la recherche de choses épurées. C’est devenu une de nos spécialités. » On retrouvera d’ailleurs une autre série de Delahaut lors de la prochaine vente de juin.

Vedette de cette vente, une grande huile sur toile de Joseph Lacasse, estimée entre 50.000 et 70.000 euros. « C’est un prix soutenu. Mais le tableau est de très grande dimension. Il n’a jamais figuré sur le marché et est totalement “frais” pour les collectionneurs. »

Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910), plafonnier «
aux marronniers».
Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910), plafonnier « aux marronniers». - Cornette de Saint Cyr

L’autre grand volet de cette vente (outre la photographie avec quelques beaux Misonne, Hannon ou Mariën) concerne le design. Avec notamment la deuxième partie de la collection Milo Miler consacrée à Serrurier-Bovy. « Il s’agit d’une très belle collection, en parfait état avec quelques pièces remarquables. Mais le clou de la sélection Serrurier-Bovy est sans doute le lustre qui provient de la villa l’Aube qu’il possédait dans le Parc de Cointe. Il n’a jamais été vu, sauf sur photo, et bien sûr jamais mis en vente. C’est une pièce unique qui nous vient directement de sa descendance. » Pour les amateurs, ce lustre est estimé entre 15.000 et 20.000 euros.

Mais là aussi, entre Wabbes, Ado Chale ou Christophe Gevers, on en trouve pour toutes les bourses et tous les publics. « Beaucoup de jeunes collectionneurs sont intéressés par ces pièces pour les installer dans des intérieurs très blancs et dépouillés. Et pas mal de choses partent dans la fourchette estimative. Donc il ne faut pas hésiter à se lancer dans l’aventure… »

Lundi 27 mai à 19 heures, Cornette de Saint Cyr, 89 chaussée de Charleroi, 1060 Bruxelles, www.cornettesaintcyr.be (exposition les vendredi 24 mai 9 h 30-18 h, samedi 25 mai 11-18 h, dimanche 26 mai 11-18 h, lundi 27 mai 9 h 30-16 h, entrée libre)

 
 
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