Les données de voitures connectées analysées pour identifier les zones à risque du réseau routier

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Trop souvent, il faut attendre qu’il y ait des accidents mortels pour qu’un gestionnaire de voirie prenne conscience ou reconnaisse la dangerosité d’un carrefour et entreprenne les travaux nécessaires de sécurisation. Les statistiques des accidents sont souvent les seules données objectives disponibles pour juger de cette dangerosité.

Comment repérer plus vite ces zones à risque dans le réseau routier, avant que les accidents ne se produisent et ne fassent des victimes ? En utilisant la technologie embarquée dans les voitures modernes et les données que celles-ci peuvent nous fournir, répondent aujourd’hui en chœur la Febiac (la Fédération de l’industrie automobile) et le géant de l’informatique IBM. Les deux organisations viennent d’inaugurer un projet pilote en Brabant flamand en collaboration avec les autorités publiques flamandes. Elles ont créé une plateforme qui permet de recueillir de façon anonymisée les informations provenant du système de freinage ABS et du correcteur automatique de trajectoire (ESP) de 5.000 voitures connectées (dotées d’une carte sim). « Ces données vont nous permettre de déterminer à quel endroit du réseau routier l’ABS se déclenche plus souvent que la moyenne », explique Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac. « On pourra dès lors se dire qu’il y a quelque chose qui cloche à cet endroit, comprendre ce qui se passe et remédier à cette situation dangereuse. »

Pendant les neuf mois de ce projet pilote, les données anonymes des 5.000 volontaires seront recueillies, analysées et croisées avec d’autres données disponibles comme l’état de la voirie, la météo, les limitations de vitesse en vigueur. Ces informations permettront pour la première fois de mener des analyses poussées sur l’entièreté du réseau. Aujourd’hui, les gestionnaires de voirie ne peuvent compter que sur des instruments de mesure générant des informations très limitées et très locales comme par exemple les boucles d’induction insérées dans le revêtement de la route (comptage des véhicules).

« Nos instruments de mesure traditionnels sont des capteurs dans et à côté de la route mais, aujourd’hui, les voitures sont des capteurs roulants », explique Ben Weyts (N-VA), ministre flamand de la Mobilité. « Nous avons maintenant la possibilité de rassembler beaucoup plus d’informations sur la vitesse réelle des véhicules et les endroits très dangereux. »

Pour Joost Kaesemans, le potentiel des données générées par les automobiles est gigantesque et ne se limite pas au seul domaine de la sécurité routière. Les véhicules pourraient aussi envoyer des informations concernant leur consommation de carburant et leur taux de pollution. On pourrait ainsi détecter les endroits du réseau où cette propension à polluer est plus élevée qu’ailleurs et constater par exemple que cela est dû à une mauvaise synchronisation des feux ou au type de revêtement.

La Région wallonne a déjà mené une expérience similaire avec IBM de fin 2015 à 2017 en région liégeoise. 3.100 voitures ont été équipées d’un logiciel qui enregistrait différents paramètres. Trois objectifs étaient poursuivis  : l’analyse de vitesse, l’identification de zones à risque et l’étude des carrefours problématiques

 
 
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