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Assassinat de Valentin: «Belinda tente de se construire un avenir en prison», explique son père

Le père de Belinda Donnay, accusée d’avoir assassiné Valentin Vermeesch, est venu témoigner aux assises de Liège. « Quoi qu’il arrive, je ne la laisserai pas tomber », a-t-il assuré.

Temps de lecture: 3 min

Belinda Donnay a pris la mesure de la gravité des faits commis et elle tente de se construire un avenir, a indiqué jeudi matin son père devant la cour d’assises de Liège au procès des cinq accusés de l’assassinat de Valentin Vermeesch. En prison, elle a entamé diverses formations même si elle ignore encore son sort à l’issue du procès.

Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d’un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d’être précipité dans la Meuse, les mains menottées dans le dos.

Hier la cour a écouté les témoins de moralité de Alexandre Hart. Ce jeudi ont lieu les auditions des témoins de moralité de Belinda Donnay. Le premier a témoigné est son père. Cet homme a exposé que Belinda Donnay était une enfant désirée, née d’une relation d’amour mais dans un couple trop jeune. Les parents se sont séparés neuf mois après sa naissance. Belinda est principalement restée sous la garde de sa maman.

Une rupture familiale

Le père de Belinda a participé, par des gardes accordées tous les 15 jours, à son éducation jusqu'à l'âge de 12 ans. « Je n’ai jamais eu à crier sur elle », a précisé le père pour dépeindre son caractère.

Une rupture est intervenue entre Belinda Donnay et son père entre ses 12 et ses 20 ans. « La mère voulait une augmentation de pension alimentaire et nos problèmes se sont envenimés. Il y a eu aussi une brèche survenue par jalousie quand j’ai noué une autre relation et dont mon ex-épouse s’est servie pour monter Belinda contre moi », a détaillé le père.

La mère de Belinda Donnay aurait décrit, à tort, son père comme un homme violent. « Belinda y a cru et, manipulée, elle a été très braquée sur cette réputation violente. Elle a développé de la haine, elle s’est braquée contre moi et elle avait peur de se retrouver avec moi », a indiqué le témoin.

Quand Belinda Donnay a décidé de quitter le domicile de sa maman pour emménager dans son studio de Statte (Huy), elle a renoué des contacts plus serrés avec son père. Puis, elle a été impliquée dans les faits qui ont coûté la vie à Valentin Vermeesch. Entre la mort de Valentin et son arrestation, elle n’a rien dit à son père mais elle l’a contacté pour recevoir de l’aide car elle souffrait de crampes au ventre.

« Elle n’a donné aucun message d’alerte »

« Elle était stressée et absente dans son esprit mais elle n’a pas parlé des faits. Elle était inquiète, avec ses douleurs. Mais elle ne s’est pas confiée et elle n’a donné aucun message d’alerte. On ne pouvait pas se douter que ce genre de chose s’était passé chez elle. Après son arrestation, elle était sous le choc et n’arrivait pas à expliquer les faits. Elle fondait en larmes. Elle peut paraître dure et froide mais ce n’est pas la personne que je connais », a annoncé le père.

► Le risque de récidive de Belinda Donnay est faible, selon les experts

Le père de l’accusée a encore précisé que sa fille tente de se construire un avenir en prison. « Elle s’occupe beaucoup et elle a repris des cours pour obtenir son diplôme de fin d’études. Elle veut apprendre un maximum de choses et elle essaye de se projeter dans un avenir, même si elle ignore encore le sort qui lui sera réservé par le procès. J’ai reconstruit quelque chose de solide avec elle et, quoi qu’il arrive, je ne la laisserai pas tomber », a insisté le père.

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9 Commentaires

  • Posté par Reginster Jean-luc , jeudi 23 mai 2019, 20:51

    Je comprends parfaitement votre réaction. Cette histoire de perpétuité me vient d'un bouquin de l'écrivain péruvien Alonso Cueto qui, dans "La passagère du vent" cherche à saisir la psychologie d'un ex-guérillero du Sentier Lumineux , complice de pas mal d'atrocités et retrouvant une de ses anciennes victimes après un retour à la vie normale. Un parcours presque impossible qui s'achève par cette formule : "On peut lutter contre ses souvenirs, mais pas contre le passé." A chacun sa perpétuité. Il est évidemment trop tard pour Valentin et ses proches. Mais en Belgique, on a aboli la peine de mort. Parce que la conviction existe que tout n'est pas nécessairement irrémédiablement perdu pour certains criminels. Si vous ne voulez pas laisser une chance à ceux qui cherchent à se reconstruire en pleine conscience de ce qu'ils ont commis, vous demandez en fait le rétablissement de la peine capitale.

  • Posté par Reginster Jean-luc , jeudi 23 mai 2019, 13:11

    Chapeau à son père pour s'être engagé comme il l'a fait, offrant son soutien à sa fille sans chercher des excuses ou réclamer de l'indulgence. C'était une ado à l'époque des faits, manifestement en perte totale de repères. Les psys qui l'ont examinée, semblent unanimement admettre que le risque de récidive est presque inexistant dans son cas. Cela n'aurait aucun sens de ne pas lui laisser une chance. Quoiqu'elle entreprenne, elle n'effacera de toutes façons jamais ce qui s'est passé. La perpétuité, elle est là.

  • Posté par Belga Film , jeudi 23 mai 2019, 14:09

    L'avis des experts semble également avoir dressé le portrait d'une jeune femme manipulatrice. Et lorsque vous dites que la perpétuité réside dans le fait qu'elle n'effacera jamais ce qu'il s'est passé. Il me semble que c'est d'avantage pour la victime et sa famille que cette perpétuité vaut. Adolescente, ou pas, désorientée ou pas au moment des faits, elle n'a pas (comme aucun autre qui y était) eu le mini soubresaut d'humanisme ou de dignité qui aurait pu changer le cours de ce drame et de sa vie. Dire que cela n'aurait pas de sens de ne pas lui laisser une chance sous prétexte qu'elle étudie en prison et que des experts ont dit que la chance de récidive était quasi inexistante me semble aussi très dur à comprendre pour un grand nombre. Même si c'est probablement ce qui arrivera.

  • Posté par Pablos Gino, jeudi 23 mai 2019, 11:59

    Pour moi leur sort serait vite réglé à tous,travaux forcés à perpétuité ,sans aucune chance de remise de peine,l'avenir il fallait y penser avant.Le message serait vite envoyé aux futurs petites crapules qui pensent toujours passer aux travers des mailles du filet.Aprés des actes d'une telle barbarie elle ose encore envisager un avenir,c'est indécent.

  • Posté par Petitjean Marie-rose, jeudi 23 mai 2019, 12:22

    Gino, Mme Donnay, très jeune femme, a évidemment son avenir devant elle, sauf à appliquer la peine de mort, abolie en Belgique, pays appliquant les droits humains. Les actes barbares auxquels elle a participé pèseront sur toute sa vie et la sanction sera probablement lourde. Après celle-ci, il sera important, pour elle comme pour la société, qu'elle poursuive sa vie de la meilleure façon possible. Soyons donc satisfaits si elle montre la volonté de s'y préparer.

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