Ecolo persiste et accuse Gaïa d’avoir incité à voter Vlaams Belang

Ecolo persiste et accuse Gaïa d’avoir incité à voter Vlaams Belang

Il y a de l’eau dans le gaz entre Ecolo et Gaïa. Sur le dossier de l’abattage rituel sans étourdissement, a dit la coprésidente d’Ecolo Zakia Khattabi dans L’Echo, « Gaïa a appelé à voter pour le Vlaams Belang ». Dès ce matin, l’organisation de défense des animaux a dégainé, accusant Khattabi de tenir des « propos injurieux et diffamatoires ». Exigeant des excuses publiques, Gaïa a annoncé porter plainte pour diffamation.

Nulle excuse cependant du côté d’Ecolo. A la veille des élections communales d’octobre 2018, explique Zakia Khattabi, Gaïa a demandé à chaque parti de préciser sa position à propos de l’abattage sans étourdissement. « Nous avons envoyé un courrier circonstancié, expliquant notre position avec toutes ses nuances. Gaïa en a conclu que nous étions contre l’interdiction de l’abattage sans étourdissement ». L’explication se trouve sur un post Facebook de la coprésidente d’Ecolo.

Compilant les réponses, « Gaïa a plus tard diffusé un tract ayant les apparences d’un bulletin de vote, en mettant le Vlaams Belang du côté de ce qu’ils considèrent comme les “bons” partis ». Figurent aussi dans la colonne des « pour l’interdiction » : le CD&V, Groen, la N-VA, le VLD, le SP.A, Défi et le MR.

Un appel au vote pour le Belang, vraiment ? « Oui, absolument, insiste Khattabi. Je ne dis pas que Gaïa c’est le Belang. Mais au nom d’un combat légitime, l’association ne fait pas de différence entre les partis démocratiques et ceux qui ne le sont pas et normalise un parti comme le Belang ». Dès le 8 octobre 2018, Khattabi parle donc de « l’odieuse campagne » de l’organisation de défense des animaux et « prend acte que Gaïa assume d’appeler à voter pour le Vlaams Belang plutôt que pour des partis démocratiques ».

Persiste et signe donc. « C’est factuel. Je reste choquée qu’on puisse mettre le Vlaams Belang sur le même pied que les autres partis démocratiques ». Dans un communiqué, Gaïa dit n’avoir « aucune accointance avec ce parti ou avec l’extrême droite. La xénophobie n’est tout simplement pas inscrite dans l’ADN de Gaïa, dit son président Michel Vandenbosch.

Qui, en fin de journée, persistait lui aussi : « Je n’accepte pas ce discours qui insinue qu’on fait de la propagande pour le Vlaams Belang. Lors de notre enquête, en octobre, nous avions clairement informé tous les partis. Nous avons demandé une réponse claire – oui ou non –, pas de la politique politicienne. Nous ne sommes pas naïfs : lorsqu’un parti accumule les nuances, c’est qu’il ne veut pas répondre par oui ou non ». Par ailleurs, poursuit le président de Gaïa – qui revendique 60.000 sympathisants au compteur, dont 30.000 du côté francophone – « notre critère dans l’annonce que nous avons diffusée a été de mentionner tous les partis établis ayant des députés dans un parlement. C’est tout à fait honorable et acceptable ».

Par ailleurs, conclut Vandenbosche, « on a le droit dans un Etat démocratique de dire si on est d’accord ou pas avec un point de vue. Et c’est notre droit de liberté d’expression d’apporter une information sur base d’une évaluation ».

Chaz Gaïa, on attend toujours des excuses publiques. « Mais si on nous oblige à aller plus loin, il ne nous restera que la Justice ».

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