Explosion d’un colis piégé à Lyon: 13 blessés légers selon un nouveau bilan, un suspect recherché

Explosion d’un colis piégé à Lyon: 13 blessés légers selon un nouveau bilan, un suspect recherché

L’explosion d’un colis piégé dans une rue très fréquentée de Lyon vendredi après-midi, qualifiée d’«attaque» par le président Emmanuel Macron, a fait une dizaine de blessés légers à deux jours des élections européennes.

>Explosion d’un colis piégé à Lyon: un suspect recherché, la section antiterroriste du parquet de Paris se saisit de l’enquête

La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé s’être saisie de l’enquête et que le procureur de Paris, Rémy Heitz, se rendait sur les lieux. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, s’est rendu à Lyon.

Ce sac ou colis qui contenait des vis, clous ou boulons selon des sources policières, a été déposé devant une boulangerie de la rue Victor Hugo, une artère piétonne et commerçante proche de la place Bellecour au coeur de la ville, actuellement en travaux.

Un homme d’une trentaine d’années, circulant sur un VTT noir et aperçu à proximité des lieux au moment des faits, est recherché par la police, selon une source proche du dossier. Aucune piste n’est privilégiée à ce stade quant à son profil et ses motivations.

Ce suspect a été filmé par les caméras de vidéosurveillance de la ville, selon le maire du 2e arrondissement, Denis Broliquier.

D’après un dernier bilan fourni de source proche du dossier, 13 personnes ont été touchées par l’explosion, dont 11 hospitalisées. Toutes ne sont blessées que légèrement, dont une petite fille de huit ans, d’après M. Broliquier.

Le procureur de la République à Lyon, Nicolas Jacquet, s’est rendu sur les lieux avec le préfet de région Pascal Mailhos.

>Explosion d’un colis piégé à Lyon: la section antiterroriste du parquet de Paris se saisit de l’enquête

«Un grand boum»

La rue a été rapidement évacuée et bouclée par les forces de l’ordre. Le périmètre de sécurité a été élargi dans un second temps à la place Bellecour après la découverte de deux sacs dans un square d’enfants, pour lesquels une levée de doute a été effectuée par les démineurs.

Le ministère de l’Intérieur a parallèlement décidé de renforcer la sécurité des sites accueillant du public et des événements sportifs, culturels et cultuels.

«Ça a explosé et j’ai cru que c’était un accident de voiture (...) Il y avait des bouts de fils électriques autour de moi, des piles et des bouts de carton et de plastique. Les vitres étaient explosées», a témoigné Eva, une lycéenne de 17 ans encore sous le coup de l’émotion, qui se trouvait à 15 mètres du lieu de l’explosion.

«J’étais en train de travailler, de servir les gens, et d’un coup on entend un grand boum. Du coup, on descend voir pour voir ce que c’était. On pensait que c’était par rapport aux travaux. Mais en fait c’était un colis abandonné», a ajouté Omar Ghezza, boulanger dans un commerce voisin.

«Attaque»

Cette explosion s’est produite au moment où la France s’apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs États membres depuis jeudi, dont le Royaume-Uni.

Lors d’une interview avec un Youtubeur à propos de ces élections, Emmanuel Macron a déclaré qu’il y avait «eu une attaque à Lyon (...) il ne m’appartient pas d’en faire le bilan, mais a priori, aujourd’hui, à ce stade, il n’y a pas de victime. Il y a des blessés, donc je veux avoir évidemment une pensée pour les blessés, leurs familles».

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annulé sa participation au dernier meeting de campagne de la majorité prévu à Paris.

«Toute la lumière devra être faite sur les circonstances de cet attentat terroriste», a déclaré Marine Le Pen. «Une nouvelle attaque ignoble sur notre sol qui rappelle la menace qui pèse sur le quotidien des Français et notre modèle démocratique», a réagi Nicolas Dupont-Aignan.

Le pays n’avait plus connu d’attaque au colis piégé depuis décembre 2007, lorsqu’une explosion dans un cabinet d’avocats — dont les raisons sont à ce jour restées inexpliquées — avait fait un mort et un blessé.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Les profs auraient-ils le blues
?

    Les enseignants font corps mais se sentent incompris

  2. Alexandre Hart au moment des faits. Ici avec sa maman.

    Procès Valentin: que fait-on des détenus «étiquetés» psychopathes?

  3. «
Notre crise est culturelle, une crise de civilisation, une crise de l’excès.
»

    Climat: à la recherche de nouveaux sens

Chroniques
  • La crise du livre ne fait que commencer

    Ce mardi, Le Soir consacrait un long article à la baisse de la pratique de la lecture en Belgique. Nul doute que certaines déclarations de Benoît Dubois, qui représente les éditeurs belges francophones, vont être contestées. Le pessimisme est en effet mal vu dans le monde culturel, où l’on pratique l’optimisme de la volonté : si on lit moins de classiques, on lit davantage de littérature de genre ; si les romans reculent, la BD est en expansion ; si le livre papier se vend moins bien, la lecture sur écran explose, etc. En alignant des chiffres implacables et en glissant, au passage, que 35 % des enfants quittent l’école primaire sans comprendre ce qu’ils lisent, Benoît Dubois risque de se faire accuser de mépris ou d’élitisme.

    Je reviendrai à la question scolaire dans d’autres chroniques. Je voudrais simplement ajouter, ici, que Benoît Dubois me paraît bien optimiste quand il pronostique un nouveau recul de la lecture en raison des faibles compétences des...

    Lire la suite

  • Identité de genre: un progrès qui demande de la pédagogie

    La Belgique est un pays très progressiste, notamment pour ce qui relève de la vie intime des individus. Droit à l’avortement et à l’euthanasie, mariage gay, adoption par des couples homosexuels, procréation assistée : dans tous ces domaines, des associations ont combattu pour décrocher des droits que des hommes et des femmes politiques ont bétonnés en votant des lois. Cela nous semble relever du luxe ou de l’abstraction, jusqu’au jour où la vie ou la mort nous rattrape. On loue alors ceux qui ont pris ces risques, défendu des causes...

    Lire la suite