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Dialogue, bière et élections: voilà comment Nicosie tente d’abattre le dernier mur européen

45 ans après son conflit avec la Turquie, Chypre est toujours divisée en deux. Les Chypriotes turcs au nord et les Chypriotes grecs au sud. Au milieu, la ligne verte, un no man’s land gardé par les Casques bleus. Mais certains tentent de surmonter les obstacles que la politique ne parvient pas à faire tomber. Et attendent avec espoir les élections de dimanche, qui pourraient permettre au premier Chypriote turc de faire son entrée au Parlement européen.

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Seuls des barbelés séparent la maison de Fatima Azgin de la « ligne verte », la zone tampon qui divise l’île de Chypre en deux. Si l’adresse de son habitation est toujours « rue Tevfik Fikret 8 », cette rue n’existe plus sur la carte. Elle a disparu sous la terre aride et les mauvaises herbes. « À l’époque, l’entrée se trouvait ici, mais vu qu’elle est barrée, nous utilisons une porte latérale. » Un convoi militaire passe à toute allure devant elle, mais Fatma n’y prête pas attention. Jusqu’à ce qu’un soldat turc pointe la clôture du doigt : « Vous ne pouvez ni filmer ni prendre de photos aux abords de la ligne verte. Supprimez les images et montrez-moi vos papiers. » Fatma Azgin est surprise. « Ça ne m’était jamais arrivé avant. » Cela fait 45 ans que le conflit avec la Turquie a pris fin, mais Nicosie reste la dernière capitale divisée du monde. Les Chypriotes turcs au nord et les Chypriotes grecs au sud.

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