Elections européennes en France: le RN de Le Pen juste devant la liste Macron, les Verts créent la surprise

Elections européennes en France: le RN de Le Pen juste devant la liste Macron, les Verts créent la surprise

Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, en devançant légèrement la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, tandis que les écologistes ont pris une surprenante troisième place.

Marqué par une participation nettement plus élevée que prévu, au-delà des 50%, le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat confirme le duo de tête attendu. Mais il a été riche en surprises, avec la dégringolade des Républicains de Laurent Wauquiez — à un plus bas historique — et la grosse contre-performance de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Selon les estimations affinées en fin de soirée des instituts de sondages, le mouvement d’extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella totalisent entre 23,4 et 23,7% des suffrages, un peu en deçà de son score des européennes de 2014 (24,9%).

La liste Renaissance pro-Macron menée par l’ex-ministre Nathalie Loiseau est elle créditée de 22,4% à 22,6%, inférieur au résultat d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24,01%). Une dizaine de points derrière, les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) surprennent en obtenant entre 12,9 et 13,2%, alors qu’ils étaient donnés sous les 10% par les sondages.

«La catastrophe annoncée pour Macron n’a pas eu lieu, le RN réalise un score important mais pas spectaculaire quand on le compare avec celui d’il y a cinq ans», a résumé Zaki Laïdi, politologue au Cevipof.

Macron «rejeté»

L’entourage du chef de l’Etat a défendu un «score honorable» dans un contexte national difficile, avec la crise des «gilets jaunes», sur fond de poussée eurosceptique en Europe. Mais «quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu’on a gagné», a reconnu le Premier ministre Edouard Philippe.

Emmanuel Macron s’était beaucoup engagé dans la campagne en affirmant sa détermination à «mettre toute (son) énergie pour que le RN ne soit pas en tête».

Juste après les premiers résultats, l’Elysée a annoncé que le chef de l’Etat allait «intensifier l’acte 2 de son quinquennat» et ne ferait «pas de changement de cap».

Mais pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron «n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale». Car «le pouvoir en place essuie un véritable échec. Ce soir c’est lui et sa politique qui sont rejetés», a fustigé M. Bardella, en s’exprimant devant des partisans enthousiastes.

«Vague verte»

Dans un bar de l’Est parisien, l’ambiance était également à la fête pour célébrer la tête de liste d’EELV, Yannick Jadot, qui a salué «une vague verte européenne», en faisant allusion à la percée des Verts allemands au-delà des 20%.

Alors que tous les candidats ont verdi leurs programmes, «les électeurs ont préféré ceux qui ont toujours défendu l’écologie», a commenté auprès de l’AFP Daniel Boy, professeur à Sciences-Po, constatant la «très grande réussite» de la liste de M. Jadot.

L’ambiance était en revanche plombée chez les Républicains, qui tombent sous la barre des 10% (8,1 à 8,4% selon les sondeurs) soit le pire score de l’histoire de la droite et très loin du score de l’UMP en 2014 (20,81%). «La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire», s’est désolé la tête de liste François-Xavier Bellamy. Cette reconstruction «sera longue et exigeante», a reconnu le patron du parti, Laurent Wauquiez, fragilisé.

Les mines étaient lugubres aussi à la France Insoumise (LFI), qui navigue selon les estimations entre 6,1 à 6,4%, très loin des 19,58% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. «Très décevant», a jugé ce dernier, le visage sombre.

Quant à l’alliance Parti Socialiste-Place Publique, elle recueille également entre 6,3 et 6,4%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet néanmoins de garder des eurodéputés, ce qui était la priorité N.1. La gauche française n’est «pas morte» mais doit «chercher à (se) rassembler», a réagi sa tête de liste Raphaël Glucksmann.

PS et LR, qui ont gouverné alternativement la France pendant plus de 35 ans (1981-2017), dépassent à peine les 15% cumulés ce dimanche. «Les anciens clivages ne sont plus», a commenté le Premier ministre Edouard Philippe.

Une plus forte participation

Les autres listes (Debout la France, Parti communiste, Générations, UDI...) ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux listes issues des «gilets jaunes» à 0,5% cumulé, concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique. Le parti animaliste a obtenu un score surprenant de 2,2% à 2,4 des voix.

Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN obtiendrait entre 21 et 25 sièges, LREM/MoDem 20 à 24, EELV 12 à 15, LR 7 à 10, PS-Place Publique et LFI 5 à 8 sièges chacun, selon les différentes projections.

La première surprise de ce scrutin a été la participation nettement plus forte qu’attendu malgré une campagne atone. Le nombre d’électeurs s’élèverait selon les instituts de sondage entre 51,3% et 54%, soit sept à dix points de plus qu’ en 2014.

C’est la participation la plus forte pour un scrutin européen depuis au moins un quart de siècle (52,7% en 1994), voire depuis 35 ans (56,7%) en 1984, rompant avec l’érosion du vote lors des récents scrutins européens.

Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.

> Les dernières informations en direct

Suivez le direct sur mobile

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. «
On ne peut pas multiplier les politiques et les priorités à couvrir et réduire le budget à y consacrer
», insiste Olivier Chastel.

    Le Parlement européen veut 60 milliards de plus pour le climat, selon Olivier Chastel

  2. d-20190131-3R0NN6 2019-11-05 20:59:31

    L’élève francophone prend souvent du retard, mais la situation s’améliore

  3. d-20191128-3XGE94 2019-11-28 11:17:40

    Affaire Nethys: la Socofe renonce à son recours contre le décret gouvernance wallon

La chronique
  • Peut-on se payer la Maison-Blanche?

    I’m not a billionnaire ! », a lâché, amère, la sénatrice de Californie, Kamala Harris, en annonçant qu’elle abandonnait la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine.

    La pique visait sans doute moins Donald Trump que deux candidats de son propre parti, Tom Steyer et Michael Bloomberg, dont les fortunes personnelles sont estimées, respectivement, à 1,6 milliard et 50 milliards de dollars par le magazine Forbes.

    Que des hommes, blancs, et vieux, comme Steyer (62 ans) et Bloomberg (77 ans), mais aussi Joe Biden (77 ans) ou Bernie Sanders (78 ans), puissent – sauf surprise – mener campagne jusqu’à la convention démocrate de Milwaukee, prévue en juillet 2020, alors que Kamala Harris, self-made woman de 55 ans, métisse, de père jamaïcain et de mère indienne, ait dû jeter l’éponge début décembre 2019 est déjà, en soi, problématique pour certains progressistes.

    Qu’à l’instar de l’actuel président...

    Lire la suite

  • Le Green Deal européen: la politique, la vraie

    Il faut lire le « Green Deal » dans lequel la Commission propose de faire de l’Europe un continent « zéro carbone » en 2050. La Commission y fixe un nouvel objectif 2030 pour la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, identifie les secteurs dans lesquels elle veut agir. Elle annonce cinquante mesures, promet de déposer toutes ses propositions législatives dans les deux années à venir…

    ...

    Lire la suite