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«Deux Belgique», «séisme», «jour noir», «tsunami»: ce que disent les éditorialistes francophones

La Belgique se réveille divisée en deux. Un pays, deux démocraties.

Temps de lecture: 6 min

Les éditorialistes francophones font tous le même constat. Il sera difficile, très difficile de former une coalition au gouvernement fédéral. Bart De Wever a déjà prévenu, « il ne veut pas d’un gouvernement minoritaire côté néerlandophone ». Au nord du pays, les journaux flamands s’interrogent sur le cordon sanitaire.

Le Soir : deux Belgique

Le Soir

Notre éditorialiste Béatrice Delvaux écrit  : « Vous avez bien lu : la N-VA et le Vlaams Belang sont désormais les deux premiers partis. Un gâchis. Un tsunami ». Béatrice Delvaux explique que « la Flandre vient ce dimanche d’ajouter une tache sur la carte noire de l’Europe. Ceux qui croyaient avoir réduit l’extrême droite à néant au nord du pays ne doivent pourtant pas faire les surpris : notre dernier sondage montrait cette forte montée en puissance. « Dimanche pourrait être noir, mais qui s’en soucie ? », écrivions-nous alors, hélas, à raison. Aujourd’hui, nous voilà le nez contre le mur, et quel mur !

« La Belgique était une formidable exception sur la carte des extrémismes européens et aurait pu le rester. Mais elle a joué avec le feu. »

L’Avenir : la Belgique coupée en deux

L'avenir

Dans son édito, Philippe Martin s’interroge : « Étions-nous trop confiants ? Collectivement aveuglés ? Trop absorbés par les scénarios qui pouvaient se profiler en Wallonie ou à Bruxelles ? Par la « vague verte » – c’est néanmoins une réalité – qui devait déferler sur nos douces vallées ? Tous les présidents de partis francophones en ont fait l’amer constat dimanche soir : le Vlaams Belang a commis un hold-up sur les élections du 26 mai 2019 ».

« En additionnant les résultats du Vlaams Belang et de la N-VA, porte les résultats de l’ultra-droite à des sommets jamais atteints en Flandre : plus de 44 % des votes !

Tout le monde est d’accord : ce n’est plus une tendance lourde, c’est un séisme, un coup de massue ! ».

Pour l’éditorialiste, la formation d’un gouvernement au fédéral sera compliquée. « Et la question ne se limite pas à l’installation du prochain gouvernement. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement politique, il est d’abord sociologique : comment les dirigeants de ce pays vont-ils faire pour amener à cohabiter, dans un même espace institutionnel, deux peuples à ce point différents, opposés ? C’est le grand enseignement du scrutin de dimanche et nous n’avons pas fini d’en mesurer les conséquences ».

La Capitale : la Flandre a voté… la fin de la Belgique

La Capitale

« La Belgique c’est encore un pays, mais c’est déjà deux démocraties. On peut reprocher beaucoup de choses à Bart De Wever, mais il faut lui reconnaître cette faculté de comprendre l’évolution profonde de notre société avec au moins un temps d’avance sur les autres politiques », explique dans les journaux du groupe SudPresse, Demetrio Scaglia.

« Le scrutin de ce dimanche a accentué une fois de plus, mais dans des proportions inquiétantes, le fossé grandissant entre les deux grandes communautés de notre pays. (…) Pour la première fois au cours de l’histoire politique récente de ce pays, les partis nationalistes et séparatistes représentent près de la moitié de l’électorat flamand. C’est un choc, c’est un séisme encore plus puissant que les différents dimanches noirs qui avaient vu l’extrême droite flamande (appelée Vlaams Blok dans les années 90) faire une entrée fracassante sur la scène politique belge.

« La question coule de source : que veulent encore nos compatriotes flamands, pour accepter de figer le processus de désintégration de ce pays ? », s’inquiète l’éditorialiste.

La DH : Noire Jaune Rouge

DH

Dans son édito, la DH explique que « en Wallonie et à Bruxelles, le PS et Ecolo vont pouvoir monter les coalitions conclues en coulisses depuis des semaines. Même si la montée du PTB doit les interpeller ».

Le choc est venu, comme souvent, des résultats en Flandre. Où cette région n’avait plus connu un dimanche (aussi) noir depuis 1991. La très forte montée du Vlaams Belang (…) Le béton armé qui semblait entourer le cordon sanitaire semble s’effriter. Bart De Wever, habitué à semer le doute, n’a pas donné le sentiment de fermer la porte au Vlaams Belang ».

« Plus difficile sera de mener une coalition au gouvernement fédéral. « Avec une Flandre encore plus à droite et une Wallonie à nouveau plus à gauche, les négociations risquent d’être délicates et surtout de prendre du temps .

La Belgique continue de s’étioler. Inexorablement ».

La Libre : la fracture

La Libre

« C’est un dimanche noir. Encore un. 1991, 2004 et 2019, l’histoire se répète. La Belgique, la Flandre en particulier, se réveille avec une gueule de travers. Près d’un électeur flamand sur deux a voté en faveur d’un parti nationaliste, pour la N-VA (en recul, elle reste le premier parti) ou pour un parti ultranationaliste et xénophobe, le Vlaams Belang (qui triple son score). C’est un séisme dont l’ampleur n’avait pas été annoncée. Le pays est plus que jamais fracturé », explique dans son édito La Libre qui s’interroge : « Pourquoi un tel résultat en Flandre ? Que signifie leur vote ? Est-ce le rejet de l’étranger, du francophone, qui les a séduits ? Est-ce l’espoir d’une Flandre indépendante ? Est-ce un vote anti-système ? Autre question. Le cordon sanitaire, qui empêche de gouverner avec l’extrême droite, va-t-il tenir ? Bart De Wever, un temps opposé à toute alliance avec l’extrême droite, n’a pas exclu cette possibilité dimanche soir ».

La Libre constate toutefois que le Belang et la N-VA n’ont pas la majorité pour former un gouvernement en Flandre

Pour la Libre, « le résultat des élections en Flandre va compliquer la situation fédérale. Bart De Wever a prévenu : pas question de former un gouvernement qui n’aurait pas de majorité en Flandre ».

L’Echo

L’Echo appelle aussi à « ouvrir les yeux » et « effectuer un travail de longue haleine pour comprendre les motivations du vote extrémiste ». « Il faut assécher ces idées extrémistes, en particulier auprès de la jeunesse, en démontrant leur inanité. »

Pour le quotidien économique, le cordon sanitaire doit absolument tenir autour du Vlaams Belang : « On entend, au Nord du pays, certaines voix s’élever pour le remettre en cause. Ce serait une tragique erreur. ’Mouiller’ un parti au pouvoir ne le fait pas forcément reculer. Et ce serait surtout au prix de la légitimation et de l’application d’une partie de son programme ».

>>> Les élections vues de Flandre: «Que va-t-il advenir du cordon sanitaire?»

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11 Commentaires

  • Posté par Bricourt Noela, lundi 27 mai 2019, 10:02

    Et c'est maintenant que l'on va voir qui sont les grands politiques et les grands journalistes.

  • Posté par Bricourt Noela, lundi 27 mai 2019, 9:48

    Maintenant la balle est dans le camps des médias.

  • Posté par Bricourt Noela, lundi 27 mai 2019, 9:45

    Non pas deux Belgique. Trop simple, pour ne pas dire simpliste. Tout le monde a peut-être une part de responsabilité. Pas de mépris ou d'autosatisfaction. Du respect vis à vis du nord de notre pays à tous. Nous ne parlons peut-être pas la même langue; mais nous avons beaucoup de points communs. Ne pas favoriser notre séparation. Ne pas cliver. C'est comme ça et il faudra gérer le mieux possible.

  • Posté par Debrabander Jean, lundi 27 mai 2019, 8:46

    Toujours pas compris : pas deux Belgique, plus de Belgique !

  • Posté par BRASSIENE Jean-Louis, lundi 27 mai 2019, 7:39

    Admettons... tsunami, dimanche noir, séisme, etc. N'était-ce pas annoncé depuis longtemps? Très longtemps. Pour la Belgique francophone, ce scrutin pourrait sceller sa descente aux enfers sachant que le confédéralisme n'a jamais été aussi proche dans un contexte économique et social plutôt en berne. Mais le plus intéressant ne serait-ce pas de tâter le pouls en Flandre? Que pensent les Flamands des résultats de ces élections? Qu'en pense la presse au Nord?

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