Enchères multimillionnaires sur les bords de l’Hudson

Christie’s et Sotheby’s avaient réuni quelques œuvres d’exception pour leurs sessions en soirée des 13 et 14 mai. Particularité cette saison, plusieurs tableaux impressionnistes de qualité muséale figuraient dans les catalogues et ce sont ces peintures qui se hissent tout en haut du palmarès.

Christie’s

Avec un produit total d’un peu moins de 400 millions de dollars, la maison du Rockefeller Center l’emporte sur sa rivale Sotheby’s qui a vendu quant à elle pour un peu moins de 350 millions de dollars. Le catalogue de cette dernière était toutefois moins épais de neuf lots, ce qui fait que cette « victoire » est ténue !

Cette nature morte de Paul Cézanne a changé de main contre un peu plus de 59 millions de dollars chez Christie’s.
Cette nature morte de Paul Cézanne a changé de main contre un peu plus de 59 millions de dollars chez Christie’s. - DR

Cela étant le meilleur prix de la soirée chez Christie’s va à une magnifique nature morte de Paul Cézanne qui fut vendue un peu plus de 59 millions de dollars. Peinte vers 1888-1890, elle représentait une bouilloire et des fruits négligemment disposés sur un linge blanc chiffonné sur une table en bois. L’estimation de ce tableau très désirable était confidentielle et une garantie avait été donnée au vendeur, de sorte que ce dernier était certain d’en obtenir une certaine somme, elle aussi tenue secrète… C’était également le cas pour le deuxième meilleur prix de la soirée puisque l’œuvre provenait de la même source : la succession de S.I. Newhouse.

Peinte à la même époque que le Cézanne et pas si loin de la montagne Sainte-Victoire, à Saint-Rémy en Provence, mais datée avec plus de précision d’octobre 1889, la toile était due aux pinceaux de Vincent Van Gogh. Représentant des arbres dans le jardin de l’asile où l’artiste était soigné, le tableau s’est échangé contre 40 millions de dollars. Quant au troisième meilleur résultat, il va également à un artiste « maudit », à savoir Amedeo Modigliani. Un amateur paya plus de 34 millions de dollars pour une sculpture en pierre exécutée vers 1911-1912.

Sotheby’s

Près de 55 millions de dollars ont été offerts pour cette œuvre  de Picasso.
Près de 55 millions de dollars ont été offerts pour cette œuvre de Picasso. - Copyright Succession Picasso, 2019.

Pour la plupart des collectionneurs, la vente du 14 mai était l’occasion de découvrir le réaménagement de l’immeuble de York Avenue. Fini le pourtant très lumineux 10e étage et inauguration d’une myriade de salles sur les trois premiers niveaux. Les œuvres importantes soigneusement accrochées donnent l’impression de la visite d’un musée, tandis que les pièces moins importantes pendues sur des dizaines de mètres de cimaises font penser à un supermarché !

Quoi qu’il en soit, tout le monde semble avoir apprécié ce nouveau lieu du marché de l’art. Au point d’inciter un collectionneur à payer près de 111 millions de dollars pour un tableau de la célèbre série des meules de Claude Monet ? Peut-être, mais toujours est-il que ce tableau peint en 1890 ne pouvait que susciter les convoitises. Il s’agit d’un nouveau record en vente publique pour une œuvre de l’artiste.

Picasso rafle les deux autres places du podium. D’abord avec une Femme au chien, estimée entre 30 et 40 millions, qui changea de mains contre près de 55 millions de dollars. L’œuvre provenait d’une collection japonaise et avait été achetée il y a 29 ans à la galerie Beyeler de Bâle. Elle représentait, en 1962, Jacqueline Roque, la dernière égérie de l’artiste, et Kaboul, le lévrier afghan du couple. Quant à « Mousquetaire à la pipe », un tableau peint en 1968, soit cinq ans avant la disparition du maître, il avait été prisé entre 20 et 30 millions. Une estimation très optimiste par rapport au prix final, un peu moins de 21 millions de dollars.

Le 13 mai, un dollar valait 0,89 euro.

 
 
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