Brexit sans accord: un «suicide politique», selon le ministre des Affaires étrangères britannique

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Chercher à sortir de l’Union européenne sans accord serait commettre « un suicide politique » pour les Conservateurs, a averti lundi soir le ministre des Affaires étrangères britannique Jeremy Hunt, après le triomphe du Parti du Brexit aux élections européennes.

« Essayer de mettre en oeuvre une sortie sans accord via des élections législatives n’est pas une solution : c’est un suicide politique » pour les Tories, a écrit dans le Telegraph Jeremy Hunt, dont le parti a essuyé sa pire défaite depuis 1832 en récoltant seulement 9 % des suffrages, loin derrière le parti de Nigel Farage, qui a raflé 31,6 % des voix et défend une rupture nette avec l’UE, même sans accord, le 31 octobre.

« Si nous nous risquons à des élections législatives avant d’avoir mis en oeuvre le Brexit, nous serons anéantis », a estimé Jeremy Hunt qui fait partie des dix candidats à la succession de la Première ministre Theresa May.

« Le seul moyen de lui (Nigel Farage, ndlr) montrer qu’il a tort, c’est de mettre en oeuvre le Brexit (…) en s’unissant et en entrant de nouveau en négociation avec l’Union européenne », a-t-il poursuivi alors que la date butoir du divorce avec Bruxelles, initialement prévu le 29 mars, a été repoussée au 31 octobre.

Le chef de la diplomatie britannique avait voté en faveur de l’accord de divorce conclu en novembre par Theresa May avec Bruxelles, mais ce plan de sortie a été rejeté trois fois par le Parlement, contraignant Mme May à annoncer vendredi sa démission pour le 7 juin prochain.

Jeremy Hunt défend désormais la recherche d’un « accord différent » avec Bruxelles. Mais la Commission européenne a déjà prévenu que la démission de Mme May ne changeait « rien » à la position des autres Etats membres sur cet accord de sortie déjà négocié.

M. Hunt estime toutefois qu’il y a « une chance » pour que les dirigeants de l’UE rouvrent les négociations car « ils ne veulent pas de l’ombre du Brexit planant au-dessus d’eux ». « Allez les voir avec un problème commun et il y a une chance de trouver une solution commune », a-t-il avancé.

Mais pour Esther McVey, ex-ministre du Travail qui brigue aussi le poste de Premier ministre, le vrai « suicide politique » serait de « ne pas avoir une rupture nette avec l’UE et de ne pas partir le 31 octobre ».

De son côté Boris Johnson, l’actuel favori parmi les prétendants, a jugé lundi qu’une « une personne raisonnable ne peut uniquement chercher à obtenir une sortie sans accord » mais que « toute personne raisonnable doit garder cette éventualité sur la table » pour renégocier avec Bruxelles.

 
 
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