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Hyperandrogénie: Caster Semenya fait appel de la décision du TAS devant la justice suisse

Les trois arbitres du Tribunal arbitral du sport (TAS) avaient rejeté l’appel déposé par l’athlète sud-africaine et la fédération sud-africaine d’athlétisme (ASA). Celles-ci s’opposaient au règlement de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) concernant les athlètes avec des différences de développement sexuel.

Temps de lecture: 3 min

Caster Semenya a fait appel mercredi devant la justice suisse du jugement controversé du Tribunal arbitral du sport (TAS) en faveur d’un règlement de l’IAAF qui lui impose, ainsi qu’à plusieurs athlètes hyperandrogènes, de prendre des médicaments pour faire baisser son taux de testostérone.

«Je suis une femme et une athlète de classe mondiale. L’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) ne me droguera pas ou ne m’empêchera pas d’être ce que je suis», écrit notamment l’athlète sud-africaine dans son appel déposé devant la Cour suprême fédérale suisse de Lausanne.

Son action intervient 24 heures avant le meeting de Stockholm, jeudi, où sera couru le premier 800 m féminin depuis l’entrée en vigueur du nouveau règlement de l’IAAF. Semenya, N.1 mondiale et double championne olympique de la discipline, n’y sera pas présente, pas plus que la Burundaise Francine Niyonsaba et la Kényane Margaret Wambui, qui l’accompagnaient sur le podium du 800 m lors des Jeux de Rio 2016.

Caster Semenya demande à la justice suisse d’annuler la totalité de la décision du TAS qui avait rejeté son recours le 1er mai dernier contre le nouveau réglement de l’IAAF. Ce dernier, entré en vigueur depuis le 1er mai demande à certaines athlètes présentant une différence du développement sexuel (DSD) de suivre un traitement pour faire baisser un taux de testostérone élevé qui, selon l’IAAF, leur offre un avantage injuste dans la catégorie féminine.

Les athlètes concernées doivent faire baisser leur taux de testostérone pendant six mois consécutifs avant de pouvoir participer à une compétition internationale du 400 m au mile (1.609 m).

Selon l’avocate suisse en charge de l’appel de Semenya, Dorothee Schramm, «le nouveau règlement de l’IAAF viole l’un des principes fondamentaux du droit suisse. Dans l’intérêt de la justice, les droits humains doivent l’emporter sur les intérêts sportifs».

«Il est extrêmement préoccupant que l’IAAF ait appelé les médecins à +clarifier+ l’identité de genre des athlètes féminines et à justifier des interventions médicales sur les athlètes féminines destinées à +affirmer leur genre+. De tels points de vue ne sont basés ni sur la science ni sur la médecine modernes. Au contraire, ils reflètent un stéréotype daté et imparfait de ce que signifie le fait d’être une femme», a pour sa part déclaré l’avocat sud-africain de Semenya, Gregory Nott.

Le 13 mai, le ministère sud-africain des Sports avait lui-même annoncé que la Fédération d’athlétisme (ASA) allait contester la décision controversée du TAS devant un tribunal fédéral suisse.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Naeije Robert, vendredi 31 mai 2019, 7:26

    Semenya a parfaitement le droit de refuser un traitement hormonal. Un médecin qui prescrit un traitement hormonal dans un but sportif enfreint les règles déontologiques de sa profession, et commet un délit sanctionné par les règlemments contre le dopage. La position de l'IAAF est insoutenable.

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