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Carte blanche: Julian Assange a raison, c’est la liberté de la presse qui est en jeu dans son histoire

Soutenu par 60 magistrats, juristes, journalistes, représentants du corps académique et du monde de la culture, le comité Free Assange Belgium proteste contre les menaces d’extradition vers les Etats-Unis qui pèsent sur le lanceur d’alerte. En raison de la mauvaise santé de celui-ci, l’audience prévue ce jeudi 30 à ce sujet a toutefois été ajournée à la semaine du 12 juin.

Carte blanche - Temps de lecture: 5 min

Julian Assange a été arrêté par la police britannique le 11 avril 2019, à l’ambassade d’Equateur où il était réfugié depuis 7 ans, après le retrait de son asile politique par le Président Moreno, une arrestation en violation de la convention de Genève et des lois relatives à l’asile.

A la suite de son arrestation, Julian Assange a été condamné à 50 semaines d’emprisonnement pour non-respect des termes de sa liberté conditionnelle en 2012. L’ONU qui, ces dernières années, avait déjà affirmé que Julian Assange se trouvait enfermé de manière illégale et arbitraire en raison de la promesse d’arrestation des autorités britanniques, se dit aujourd’hui « profondément préoccupée » par cette décision de la justice britannique, la considérant « disproportionnée ».

Derrière cette arrestation pèse une menace plus inquiétante, celle de la demande d’extradition du gouvernement américain. Se dissimulant derrière une accusation de « piratage informatique » pour motiver l’extradition de Julian Assange, les Américains avaient évité jusqu’ici d’en révéler les vraies raisons.

Ils accusaient principalement Julian Assange d’avoir aidé l’ex-analyste Chelsea Manning à accéder à des documents classés défense qui témoignaient de crimes d’Etat des Etats-Unis durant les guerres d’Afghanistan et d’Irak. Des informations qui avaient à l’époque été publiées et utilisées par les plus grands médias au monde : New York Times, Washington Post, Le Monde, El País, The Guardian…

Néanmoins, depuis toujours, Julian Assange, ainsi que ceux qui suivent de près sa situation et le soutiennent, pensaient que cet acte d’inculpation n’était qu’un prétexte dissimulant des accusations beaucoup plus graves. Elles viennent juste de tomber ! Avec 17 nouveaux chefs d’inculpation dont celui d’espionnage. Julian Assange risque à présent plus d’un siècle d’emprisonnement. Alors même qu’à ce chemin de croix vient de s’ajouter une demande d’extradition de la part de la Suède, qui ne s’est jamais montrée opposée à une extradition de Julian Assange depuis son territoire vers les États-Unis.

Si on suit la manière dont les Etats-Unis pourchassent Assange depuis des années, il apparaît clairement que le but poursuivi est de faire taire la voix de celui qui a permis de faire la lumière sur de nombreux scandales majeurs de corruption, de violations des droits fondamentaux, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Et il s’agit de faire, au travers du cas d’Assange, une démonstration de force pour désormais museler toutes velléités d’apporter de la transparence sur les appareils politiques, économiques et administratifs et identifier les zones de non-droits démocratiques.

A la veille de la deuxième audience d’extradition prévue le 30 mai, ce qui nous mobilise autour de Julian Assange dépasse de loin les points de vue et les images utilisées pour glorifier, disqualifier ou décrypter sa personnalité. A travers lui, nous réclamons avec force notre droit à être informés des points aveugles, des cases secrètes du pouvoir et des décisions dérobées à notre délibération démocratique.

Ce qui nous anime plus que jamais c’est la défense des droits et des libertés fondamentales que représente Assange : le droit à la liberté d’information, le droit à la liberté d’opinion, le droit de publication et la promotion du droit à la vérité.

Nous soutenons Julian Assange, nous demandons que tout soit entrepris politiquement pour empêcher son extradition.

Nous soutenons le travail exceptionnel de Wikileaks qui se poursuit malgré les pressions incessantes.

Nous soutenons les lanceurs d’alerte, nous réclamons qu’ils soient accueillis et protégés.

Avec le soutien de : Mateo ALALUF, Professeur honoraire ULB ; Jean-Marie DERMAGNE, avocat, ancien bâtonnier, Membre de la Ligue des droits humains, Porte-parole du Syndicat des avocats pour la démocratie ; Vincent ENGEL, écrivain ; Anne MORELLI, professeure honoraire de l'ULB ; Pierre GALAND, ancien sénateur Belgique ; Olivier STEIN, avocat, membre du cabinet Progress Lawyers Network ; Farida AARRASS, comité Free Ali ; Carla NAGELS, chercheure à l’Université libre de Bruxelles ; Manuel ABRAMOWICZ, coordinateur du journal d'investigation RésistanceS.be ; Paul-Emile DUPRET, juriste, membre du Comité pour les Droits Humains « Daniel GILLARD » ; Eric DAVID, Prof. ém. de droit international, Président du Centre de droit international de l’ULB ; Michel COLLON, journaliste, site Investig'action ; Jean-Claude GAROT, rédacteur en chef de la coopérative d’édition POUR.press ; Christine PAGNOULLE, Université de Liège, ATTAC Liège, CADTM ; Paulette PIERSON-MATHY, professeur honoraire ULB ; Claire DELSTANCHE, DIEM 25 ; Emmanuel WATHELET, professeur à l'IHECS ; Jean FLINKER, responsable d'Attac-Bruxelles [1], Felipe VAN KEIRSBILCK, secrétaire général CNE ; Jean-Claude ENGLEBERT, ex-échevin ; Christian SAVESTRE, Militant contre l'évasion fiscale ; Pierre ROBERT, avocat ; Alain ADRIAENS, porte-parole du mouvement politique des objecteurs de croissance ;Jean BRICMONT, professeur honoraire de l’UCL ; Walter BAUWENS, retraité ; Rudi BARNET, animateur culturel ; Frans LEENS, Psychologue, Bruxelles ; Laïla GHOZZI, présidente de la Maison du Peuple d'Europe ; Pietro EMILI, directeur de la Maison du Peuple d'Europe ; Daniel FONTEYN, citoyen ; Michel STASZEWSKI, enseignant retraité ; Valérie BRIXHE, citoyenne ; Marie-Françoise CORDEMANS, ex-enseignante active en faveur des libertés fondamentales, membre du comité Free Ali ;François BROUYAUX, retraité de la fonction publique ; Christine PIERARD, citoyenne pour la défense des droits humains et la liberté de la presse ; Marc SOMVILLE. Animateur culturel ; Monique MUNTING, réalisatrice ; Olivier MALAY, doctorant en sciences économiques UCL ; Vladimir CALLER, journaliste ; Isabelle LOODTS, journaliste et réalisatrice ; Patricia VILLALON, citoyenne, membre du comité surveillance OTAN ; Marianne SAMRAY, Enseignante retraitée ; Nicole VAN DAEL, enseignante retraitée ; Annie THONON, réalisatrice retraitée ; Michel CORDIER, éditeur ; AM GILSOUL, enseignante retraitée ; Christian PALMERO, citoyen ; Alexis MERLAUD, chercheur ; Anne De Rudder, chercheur scientifique ; Claire FREDERIC, citoyenne ; Jean Christophe YU, réalisateur ; André VERLAINE, Conseiller communal ; Christine DECANTERE, citoyenne ; Suzanne VELDEMAN, CNE ; Alain HERTAY, enseignant ; Francis LEBOUTTE, ingénieur civil, président de l'asbl Fin du nucléaire ; Robert E.GOEDERTIER, physicien, retraité. ; Marie-Anne SWARTENBROEKX, magistrat honoraire ; Dragolioub Mirko POPOVITCH, Directeur retraité du Centre culturel de Watermael-Boitsfort, Réalisateur films et documentaires TV ; Michel Brouyaux, libraire retraité ; Frans MAGGIO, militant Internationaliste et activiste pour la transition ; Anne-Marie CLAMOT, enseignante retraitée ; Michel RENARD, Syndicaliste Pensionné ; Michel Majoros, historien et enseignant.

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2 Commentaires

  • Posté par Buys Alain, samedi 22 février 2020, 20:07

    Assange n'est poursuivi pour aucun fait sur le territoire de la Grande-Bretagne, si ce n'est le non respect de la liberté conditionnelle en 2012 alors qu'il n'était sous le coup d'aucune inculpation en GB. Pour la Suède, on est proche de la prescription (au mois d'août pour le dernier des faits reprochés) et un tribunal d'Uppsala a abandonné les poursuites en 2017 (susceptible d'appel ...). Laissons en effet la justice suivre son cours : comme ce qui lui est reproché aux USA n'existe pas dans le droit britannique, il n'y a pas en principe d'extradition possible, sauf si justement, ce n'est pas la justice mais la politique qui suit son cours.

  • Posté par Naeije Robert, jeudi 30 mai 2019, 21:46

    Assange n'a jamais été journaliste, et se trouve poursuivi par la justice de trois pays démocratiques, le USA, la Suède et la Grande-Bretagne. Il est, entre-autres accusé de viol. S'il n'a commis aucun délit, il n'a rien à craindre. Le fait qu'il se soit terré pendant 7 ans dans l'ambassade de l'Equateur fait suspecter qu'il n'a pas vraiment la conscience tranquille. Laissons la justice suivre son cours.

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