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Le Roi nomme Didier Reynders et Johan Vande Lanotte comme informateurs

Après avoir achevé un premier tour de consultations, le Roi a désigné deux informateurs pour explorer les pistes possibles en vue de former le gouvernement fédéral.

Temps de lecture: 2 min

Le roi Philippe a désigné jeudi comme informateurs l’actuel vice-Premier ministre MR Didier Reynders et l’ex-vice-Premier ministre socialiste Johan Vande Lanotte en leur demandant de faire un premier rapport la semaine prochaine, a annoncé le Palais royal.

Le souverain «a reçu en audience au Palais de Bruxelles MM. Didier Reynders et Johan Vande Lanotte et les a chargés d’une mission d’information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral», a précisé le Palais dans un communiqué.

«Dans le cadre de cette mission, ils garderont le contact avec les responsables des négociations dans les régions et communautés. Reynders et Vande Lanotte ont accepté cette mission. Ils feront un premier rapport au Roi sur l’avancement de leur mission le 6 juin», conclut le texte.

«Nous allons travailler, ensemble, dans la discrétion jusqu’au 6 juin», a de son côté affirmé Didier Reynders à la presse, à l’issue de l’audience qui aura duré une petite heure.

Les deux responsables politiques, qui ont assuré «bien se connaître et travailler ensemble depuis longtemps», ont été chargés d’"objectiver les grands défis» qui sous-tendent la formation du prochain gouvernement et de «voir quelles solutions sont possibles» pour y parvenir, a précisé le vice-Premier ministre libéral.

«Les contacts démarreront dès ce jeudi et se poursuivront dans les jours qui viennent», notamment avec les partis qui sont à la manoeuvre dans les Régions, a ajouté Didier Reynders.

«La situation est complexe et on sait que cela ne sera pas facile. Si c’était facile, ce serait déjà fait», a-t-il conclu.

Le souverain avait achevé un premier tour de consultations mercredi, en recevant les présidents de chaque parti, y compris celui du Vlaams Belang.

Elections 2019: ça sert à quoi, un informateur?

Didier Reynders et Johan Vande Lanotte ont été nommés « informateurs » par le Roi. Mais en quoi consiste cette mission ?

Décodage - Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Au Palais, après le scrutin, le Roi reçoit en audience une série de personnalités (les présidents de partis et ceux de la Chambre et du Sénat), afin de déterminer les possibilités de formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Après ces consultations, le Souverain a pris l’habitude de nommer un informateur (voire deux, dans le cas présent). Ce dernier est chargé de défricher le terrain et d’analyser la faisabilité de telle ou telle coalition. « L’informateur est un responsable politique expérimenté, qui rassemble des informations auprès des différents partis quant à leurs points de vue et souhaits concernant la formation d’un nouveau gouvernement. Il vérifie comment une majorité peut être dégagée et avec quels partenaires. Un informateur peut, par exemple, être désigné lorsque les résultats des élections offrent plusieurs possibilités de former un gouvernement ou lorsque la formation d’un gouvernement pourrait s’avérer très difficile », explique-t-on sur le site officiel belgium.be.

La première fois que le Roi a eu recours à un informateur date de 1935, lors des négociations qui ont mené à la formation du gouvernement Van Zeeland.

Dans sa définition, le Crisp (Centre de recherche et d’information sociopolitiques) souligne encore que « le choix de l’informateur est laissé à la discrétion du Roi. Il s’agit généralement d’une personnalité politique connaissant les rouages de la politique belge et généralement issu d’un parti politique ayant remporté une victoire électorale ». Si la connaissance des mécanismes politiques belges est incontestable pour le tandem Reynders-Vande Lanotte, on ne peut en revanche pas dire que leur parti soit sorti vainqueur des élections.

Suivra un formateur… ou une crise

Une fois que l’informateur a terminé sa mission, il en fait rapport au Roi et le conseille quant à la désignation d’un formateur. Ce dernier aura la tâche de former la coalition avec les partis pressentis, et de définir le programme à réaliser.

En cas de crise politique (quand aucune coalition ne se dégage et/ou que l’informateur jette l’éponge), le Palais peut se montrer inventif, en faisant intervenir des négociateurs, explorateurs, médiateurs ou pacificateurs. Autant d’appellations qui recouvrent en fait la notion d’informateur. On a fait tout le dictionnaire des synonymes en 2010-2011, lors des 541 jours de crise.

Ce mécanisme n’existe qu’à l’échelon fédéral. Pour la formation des gouvernements régionaux, ce sont les présidents de parti qui gèrent la négociation, sans rapport au Roi. La tradition veut que ce soit le parti arrivé en tête du scrutin régional qui entame les négociations.

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10 Commentaires

  • Posté par Linard Bernard, vendredi 31 mai 2019, 0:38

    Bon travail à vous deux et merci d'avoir accepté cette tâche pour notre pays qui doit rester uni. Merci.

  • Posté par Van Obberghen Paul, jeudi 30 mai 2019, 18:02

    Le 1er et le 2e groupe du parlement représentés par un francophone et un néérlandophone. Tous les 2 loin des extrêmes, se connaissent bien, ne sont pas président de leur parti respectif et non suspects de visé le 16. Consensus. Bien vu.

  • Posté par Van Obberghen Paul, jeudi 30 mai 2019, 18:03

    De viseR le 16. Grrrr!!!!

  • Posté par Deckers Björn, jeudi 30 mai 2019, 17:35

    Johan Vande Lanotte et Didier Reynders s'étaient déjà croisés en 2010-2011. Le premier dans une mission de "conciliation" (fin 2010 - début 2011) soldée par l'échec définitif de la piste NVA-PS-SP.A-CD&V-Cdh-Ecolo-Groen par les refus de la NVA et du CD&V. Le second prenait alors la relève en "informateur" et signait le retour des libéraux. Ce qui est à retenir, c'est que l'un comme l'autre firent alors preuve d'une solide audace chacun dans leur communauté. Le premier, le socialiste flamand achevait sa mission de conciliation en reconnaissant qu'il fallait aller vers une Belgique à quatre entités largement autonome (alors que le CD&V et la NVA poursuivent la chimère communautaire). Le second avait sans doute osé aller encore plus loin dans l'audace en disant en gros : 1. De quoi les francophones auraient ils peur d'assumer eux-mêmes de nouvelles compétences? Élémentaire! 2. Il lançait comme informateur la piste de la page blanche. Inverser les négociations en ne décidant plus des compétences à transférer aux régions mais bien définir les compétences communes en repartant d'une feuille vierge. Quoiqu'il en soit, le palais n'a pas eu tort de faire preuve d'audace à son tour. Car il en faudra, de l'audace et de la créativité pour sortir le pays de l'ornière.

  • Posté par Symons Pierre, jeudi 30 mai 2019, 17:30

    Choix intelligent effectivement. 2 Hommes d'Etat capables (devenus rares en Belgique) et représentant les grands axes linguistiques et politiques (droite/gauche)

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