Parlement européen: les accréditations suspendues pour les Espagnols après un incident avec Puigdemont

Les eurodéputés espagnols © Le Soir/Pierre-Yves Thienpont
Les eurodéputés espagnols © Le Soir/Pierre-Yves Thienpont

Le Parlement européen a décidé la suspension des accréditations temporaires de tous les nouveaux eurodéputés espagnols, à la suite d’un incident avec Carles Puigdemont et un autre indépendantiste.

Carles Puigdemont et Toni Comin se sont vus refuser mercredi soir l’entrée du Parlement et la possibilité de s’accréditer temporairement, au motif que le Parlement ne disposait pas encore de la « liste officielle » des élus espagnols, a expliqué Paul Bekaert, l’un des avocats de Carles Puigdemont.

Or, d’autres élus espagnols s’étaient déjà accrédités, selon l’avocat, qui a dénoncé une décision « arbitraire et discriminatoire » des services du Parlement concernant les deux indépendantistes.

Des résultats officiels pas encore publiés en Espagne

Saisi par ailleurs par les trois présidents des délégations espagnoles des partis populaire (PPE), socialiste et de Cuidadanos, opposés aux indépendantistes et qui ont évoqué le risque de « perturbations politiques en Espagne », le président du Parlement européen Antonio Tajani a pris la décision de suspendre toutes les accréditations temporaires des élus espagnols.

Notant que les résultats officiels définitifs ne sont pas encore publiés en Espagne, M. Tajani explique avoir pris cette décision pour « éviter toute interférence avec une procédure nationale », dans sa réponse aux trois élus, vue par l’AFP.

« Le théâtre de l’absurde espagnol a été importé au Parlement européen », a commenté l’avocat.

Ancien président régional catalan, M. Puigdemont, qui s’est établi en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires en Espagne, était tête de la liste d’indépendantistes « Libres pour l’Europe » qui a obtenu 2 sièges aux élections.

Selon des sources parlementaires espagnoles, son élection ne devrait toutefois être validée qu’après sa prestation de serment en personne devant la Commission électorale espagnole. Or, il serait immédiatement arrêté s’il rentrait en Espagne. Selon sa défense, cette prestation n’est absolument pas prévue par la législation européenne et elle est contraire aux règles du Parlement européen.

M. Puigdemont affirme aussi pouvoir disposer de l’immunité parlementaire dès son élection.

La notification officielle du résultat des élections par les autorités espagnoles doit être communiquée au Parlement dans les 20 jours qui suivent le scrutin, selon l’avocat.

« Si le Parlement européen se laisse influencer par un État membre pour interdire qu’un député puisse y siéger, nous irons devant la Cour de justice européenne », a prévenu l’avocat.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. COP25 à Madrid

    COP25: un échec pour le multilatéralisme et pour le climat

  2. «
Il est temps maintenant d’arrêter les postures disant qu’on veut bien négocier mais qu’on ne négocie pas réellement.
» © Mathieu Golinvaux.

    Sabine Laruelle (MR): «PS et N-VA doivent tomber les masques»

  3. Anna Karina, en 2018.

    Anna Karina, première muse de Godard, ne chantera plus sous le soleil

La chronique
  • Champagne ou Kidibul?

    Chez Elio D., on se frotte les mains. Le fils prodige a jeté l’éponge. C’est pas demain la veille qu’on effacera des tablettes le joli nom du dernier premier ministre socialiste wallon. Le dernier et peut-être l’ultime comme le lui a promis Père Noël – dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

    Chez Paul M., on débouche aussi le Kidibul. Pendant un mois de mission royale, le fiston a prouvé, à défaut de mettre sur pied un gouvernement, qu’il était désormais le seul chef rouge et même qu’il occupait tout l’espace francophone.

    Rue de Naples, avec l’arrivée du fils prodigue, on se prépare à tuer le veau gras. Grâce à lui, les Bleus ont retrouvé leurs couleurs. Président, informateur, tout s’emballe. Dans la foulée, il a déjà promis au roi de glisser sous son sapin, un gouvernement pesé, emballé (cadeau) et ficelé. Georges L.B. en sera à la fois le Premier, comme son papa Charles M., et le vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, comme son oncle Didier....

    Lire la suite

  • Le roi, l’enfant et la justice

    A l’entame de la procédure, lorsqu’en 2013 Delphine Boël saisit les tribunaux pour contester la paternité de Jacques Boël et se faire reconnaître fille d’Albert II, d’aucuns se sont interrogés sur l’indépendance de la Justice dans pareil contexte : un ex-Roi traîné devant les juges pour se voir contraint de reconnaître l’existence d’une fille naturelle présumée. Lesdits juges oseraient-ils tenir tête à ce roi venant d’abdiquer, le forcer à réaliser un test...

    Lire la suite