Bientôt Art Basel!

Jan Mot
: Pierre Bismuth, «
Abstractions
», 2019.
Jan Mot : Pierre Bismuth, « Abstractions », 2019. - Courtesy of the artist and Jan Mot ;

Le 13 juin, la foire d’art moderne et contemporain la plus célèbre du monde ouvrira ses portes au public. Les privilégiés qui auront pu y pénétrer deux jours plus tôt auront déjà, pour la plupart, déserté les lieux et les galeristes auront sans doute remplacé les nombreuses œuvres vendues par d’autres pièces. Art Basel est une foire commerciale et non un événement culturel, même si les chefs-d’œuvre n’y sont pas rares. Tout est orienté vers l’efficacité et le chiffre d’affaires et c’est la raison pour laquelle toutes les galeries rêvent d’y être acceptées… Elles seront 290 cette année pour montrer pas moins de 4.000 artistes !

Gagosian
: Steven Parrino.
Gagosian : Steven Parrino. - Courtesy of the artist and Gagosian

Mardi, 11 heures

Massés sur la place de la Messe Basel, les collectionneurs n’attendront qu’une chose : l’ouverture des portes ! En quinze minutes, les deux étages de la halle principale d’exposition seront pris d’assaut. Le privilège consiste donc plus à avoir un droit de première vue qu’à se balader paisiblement dans les allées bondées… L’organisation est très stricte sur le respect de ce rituel et la galerie qui fait entrer un collectionneur avec un badge de complaisance lors du montage des stands risque l’exclusion l’année qui suit. Vu l’enjeu, personne n’ose enfreindre la règle. Mais cela n’empêche pas les galeristes d’envoyer avant l’ouverture officielle des photographies de ce qui va être montré sur le stand, histoire de permettre à un bon client de déjà prendre une option, qui sera confirmée dès l’ouverture du salon.

Unlimited

Landau Fine Art
: Alberto Giacometti, «
Caroline
», 1963.
Landau Fine Art : Alberto Giacometti, « Caroline », 1963. - Courtesy of Landau Fine Art

La particularité de la foire de Bâle est d’avoir dédié une vaste halle aux œuvres d’art trop volumineuses que pour être montrées sur un stand. Trop volumineuses ou bien tout simplement inappropriées pour un stand classique. Il en va ainsi des projections vidéo. Installations tentaculaires, série de tableaux grand format, sculptures géantes se disputent ainsi l’espace avec des cubes qui permettent de regarder confortablement un film d’artiste. Certaines œuvres jouent le gigantisme assez gratuitement et ne sont que l’agrandissement des œuvres traditionnelles d’un artiste. Par contre, d’autres pièces ont une réelle pertinence et « Unlimited » montre alors toute son utilité.

Il n’y aura pas d’artiste belge présent cette année. Par contre, le programme « Parcours » qui rassemble des œuvres en extérieur autour de la Messe, permettra de voir une œuvre de nos compatriotes Jos de Gruyter & Harald Theys, qui occupent actuellement le Pavillon belge à la Biennale de Venise et qui ont été unanimement salués pour leur travail.

Galeries belges et assimilées

Dépendance
: Jos de Gruyter & Harald Thys, «
Die schmutzige Puppen von Pommern», 2018.
Dépendance : Jos de Gruyter & Harald Thys, « Die schmutzige Puppen von Pommern», 2018. - Courtesy of the artist and dépendance

La Belgique a toujours été bien représentée à la foire de Bâle, et ce historiquement. D’une part, du côté des visiteurs car les collectionneurs belges précédés par leur réputation y ont toujours été courtisés. D’autre part par les galeries belges qui, très tôt, ont rivalisé en qualité de programmation avec leurs confrères européens. Elles sont encore nombreuses cette année eu égard à la superficie du pays, d’autant que sont venues gonfler leurs rangs les galeries étrangères y ayant une succursale. Hormis deux exceptions, la galerie Zeno X et la galerie Tommy Simoens, qui sont anversoises, toutes sont bruxelloises.

Les autres galeries exclusivement belges sont « dépendance », Xavier Hufkens, Greta Meert, Jan Mot et Vedovi. Quant aux galeries présentes en Belgique, mais dont le siège principal est à l’étranger, il s’agit de Bernier/Eliades (Athènes), Gladstone (New York), Nathalie Obadia (Paris), Almine Rech (Paris) et Templon (Paris). Bien que ces galeries seraient de toute façon représentées à Bâle, succursale en Belgique ou pas, certains galeristes belges ont l’impression qu’elles occupent une place qu’eux-mêmes pourraient revendiquer. Ce qu’ils oublient, c’est que Art Basel doit maintenant accueillir des professionnels de pays qui n’existaient pas pour le marché de l’art voici vingt ans et que les mètres carrés ne sont pas extensibles. Avec sept galeries présentes à Bâle, notre pays n’est pas si mal loti…

 
 
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