Coworking: Spaces renforce sa position en Belgique

Le Spaces European District a ouvert en novembre dans le quartier européen. En médaillon, William Willems.
Le Spaces European District a ouvert en novembre dans le quartier européen. En médaillon, William Willems. - D.R.

Le développement des espaces de travail partagés carbure en plein, ce n’est plus un secret. Et la tendance pour le futur va dans le sens d’un accroissement des parts de marché d’un secteur dont on se demande où il s’arrêtera.

Des études le démontrent. En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, 50 % des forces vives du monde du travail sont déjà des employés contractuels, c’est-à-dire des employés avec un contrat temporaire. Ils sont évidemment une cible privilégiée pour ces espaces de travail qu’on loue pour des périodes elles aussi déterminées. Un autre chiffre qui explique que le succès du coworking n’est pas près de s’arrêter : 70 % des millenials, ou génération Y, soit ces jeunes nés entre le début des années 80 et le début des années 2000, posent comme conditions (mais devrait-on pas parler plutôt d’exigences ?…) à leur engagement chez un employeur des éléments comme une flexibilité des horaires, des pauses-carrière ou des congés de maternité/paternité et la possibilité de travailler près de leur domicile. Pour les entreprises qui veulent engager ces talents de demain, les centres de coworking qui pullulent un peu partout sont des hameçons non négligeables.

William Willems, Spaces.
William Willems, Spaces. - Griet Dekoninck.

En Belgique, les bureaux partagés ont déjà investi quelque 700.000 m2 des 24 millions de mètres carrés disponibles à travers tout le pays. Soit 2,7 %. Les Pays-Bas sont à 4 %, les Etats-Unis à 56 % et la Grande-Bretagne à 5,5 %. « Comme vous pouvez le voir, la marge de progression est donc encore énorme », explique William Willems, le directeur général de Spaces, la marque trendy de IWG, l’un des pionniers du coworking en Belgique. « Le phénomène des bureaux partagés s’inscrit clairement dans un changement d’habitudes de vie et de travail. Ce n’est nullement un effet de mode. »

Pour étayer sa thèse, William Willems dit percevoir ces changements sur ses propres enfants, issus précisément de la génération Y, dont il constate chaque jour, comme beaucoup d’autres parents, un mode de vie et des centres d’intérêts différents de ceux qui furent les siens dans sa jeunesse. « Aujourd’hui, la technologie permet de travailler de n’importe où, même d’une plage si l’on veut », sourit notre interlocuteur. « Le coworking a de beaux jours devant lui même si en Belgique, on est encore trop à la traîne. Mais le vrai changement viendra des sociétés. Pour recruter les talents, elles devront leur procurer des espaces de travail agréables qui améliorent le bien-être et donc la productivité des employés. »

Dans un tel contexte, le patron est évidemment fier de nous recevoir dans le tout nouveau centre Spaces de la rue Belliard, en plein quartier européen à Bruxelles. Sur les trois centres Spaces ouverts à ce jour (3 autres sont en construction et 4 autres en finalisation de contrats), le « Spaces European District » est le plus grand : sur 5 étages d’un bâtiment neuf de 18.000 m2 appartenant à Cofinimmo, Spaces loue 4.400 m2 où l’on trouve des bureaux design, des espaces de coworking, des endroits voués à la détente (du corps et de l’esprit) et des salles de réunion, sans oublier la zone de restauration située au sous-sol, sauf qu’ici le sous-sol n’en est pas vraiment un puisqu’il jouit d’une lumière naturelle qui entre à la fois par la rue Belliard et par l’arrière du bâtiment via d’immenses baies vitrées donnant sur une grande terrasse et un jardin au milieu desquels trône un chêne peut-être centenaire.

Aujourd’hui, la concurrence est forte dans le secteur. Tout le monde se met à faire du coworking mais beaucoup perdent de l’argent. Il n’y a pas de suroffre et je suis persuadé que c’est l’offre qui va créer la demande. William Willems, Directeur général de Spaces

A ce jour, 70 % des espaces sont loués, un score plutôt honorable quand on sait que le Spaces European District n’est ouvert que depuis le mois de novembre. « Pour l’heure, nous sommes dans une phase d’incubation mais on n’a pas à se plaindre », se réjouit William Willems. « Une dizaine d’autres Spaces sont en cours de négociation. Notre objectif est d’en posséder trente d’ici 2022. Aujourd’hui, la concurrence est forte dans le secteur. Tout le monde se met à faire du coworking mais beaucoup perdent de l’argent. Il n’y a pas de suroffre et je suis persuadé que c’est l’offre qui va créer la demande. Mais ne me demandez pas si la part de marché atteindra un jour les 30 %, je n’ai pas de boule de cristal. Tout ce que je sais, c’est que la demande est en forte augmentation. »

Facilement accessible en transports en commun grâce aux stations de métro Trône et Maalbeek, le Spaces de la rue Belliard dispose toutefois d’un parking de 29 places et d’un garage à vélos. « Que le client ait besoin de quelques-uns ou de plusieurs centaines de mètres carrés d’espace de travail, pour du court ou du long terme, tout est possible », jure le patron. « Une affiliation avec accès au club business durant les heures de bureau est au prix de 149 euros par mois. Un bureau privé avec un accès au club business est déjà accessible à partir de 349 euros par mois. »

Pour ne pas être en reste par rapport à la concurrence, Spaces a décidé de pousser sur la pédale de l’accélérateur. D’ici à l’été, le Spaces Antwerpen X à Berchem, le Spaces Ghent Zuidepoort Center et le Spaces Auderghem Center viendront s’ajouter aux centres déjà existants à Diegem, Malines et dans le quartier européen. En octobre, le Spaces Stock Exchange sera disponible dans un beau bâtiment art déco de la rue des Poissonniers, à Bruxelles. Enfin, au début 2020, la panoplie des Spaces s’enrichira de trois nouvelles destinations : le Spaces Gare Maritime à Tour et Taxis, le Spaces Manhattan dans le gratte-ciel de la place Rogier et le Spaces Liège Guillemins au cœur de la Cité ardente. « A terme, chaque ville belge de plus de 50.000 habitants disposera au moins d’un Spaces. Nos prévisions ne vont pas dans le sens d’un développement à l’infini, mais nous monterons certainement jusqu’à 150 sites en Belgique pour un chiffre d’affaires généré de 100 millions d’euros. Aujourd’hui, Spaces Belgique occupe 12 personnes. Nous passerons très vite à 250 employés », n’hésite pas à annoncer William Willems.

Le succès d’acteurs du coworking est tel qu’ils ne doivent même plus se déplacer pour aller chercher des clients. Les promoteurs immobiliers viennent à eux car ils leur fournissent un « all-in package » (gestion du hall de réception, de l’espace restauration, des réservations des espaces de travail…) qui valorise leur bâtiment. « Notre plus gros challenge sera de garder notre produit au goût du jour car vu l’évolution dans laquelle nous sommes tous plongés, les centres vieillissent très vite. Mais le futur est rempli de possibilités qui doivent encore être explorées. »

 
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