Construction: Besix mise à fond sur l’innovation

Jonas Vandeven (à droite) et Luai Al Kurdi, ingénieur 3D, veillent à la destinée du bureau 3D à Dubaï.
Jonas Vandeven (à droite) et Luai Al Kurdi, ingénieur 3D, veillent à la destinée du bureau 3D à Dubaï. - D.R.

Besix, c’est un groupe belge dont on ne cesse de vanter le savoir-faire en matière de construction à travers le monde. Mais c’est aussi un groupe qui veut être à la page en matière de construction digitale. La mise en place du programme d’innovation interne « Unleash » et du processus d’idéation il y a deux ans a été le détonateur de plus de 300 idées. Certaines d’entre elles sont arrivées à différents niveaux de maturité.

L’Open innovation est un des six piliers stratégiques du groupe, a rappelé le CEO Rik Vandenberghe lors de la présentation des derniers résultats annuels. « Nos clients continuent à nous considérer comme des partenaires à long terme, ayant la capacité et les compétences requises pour assumer des projets complexes, via des solutions innovantes, durables et à valeur ajoutée. »

D’où l’idée de s’ouvrir aussi à l’innovation externe. « Concrètement, il s’agit de repérer les produits, les services, les nouvelles manières de travailler, qui sont en train d’émerger dans le secteur de la construction et de l’immobilier », explique Jérôme Constant, Start-Ups Accelerator Manager chez Besix. « Le secteur de la construction n’est pas le plus innovant. Les télécoms, la finance, la biotech… se sont intéressés avant lui aux start-up. »

Cet ancien des télécoms, qui a lancé l’Orange Fab en Belgique et au Luxembourg, sait de quoi il parle. « On constate que depuis 2, 3 ans, il y a de plus en plus de start-up qui voient le jour pour relever les défis et résoudre les problèmes que le monde de la construction connaît (NDLR : manque de digitalisation, lenteur d’exécution, sécurité sur chantiers…) », explique-t-il encore. « En juin 2018, nous avons lancé un accélérateur de start-up “matures”. Ce sont des sociétés qui ont mis au point un produit déjà commercialisable. »

Le groupe recherche des start-up en Europe et partout où il est actif (Canada, Afrique, Australie, Moyen-Orient). « Aujourd’hui, nous en avons neuf dans le programme. Cinq nous ont rejoints en octobre 2018 et quatre viennent de le faire début avril. Nous cherchons des start-up actives dans la construction 4.0, les nouveaux matériaux de construction, la mobilité, l’économie, le Urban Farming… Le programme est sur-mesure et gratuit. De plus, nous avons décidé de laisser ces jeunes pousses se développer dans leur propre écosystème », poursuit Jérôme Constant.

La prise de participation est une ambition et ne sera pas systématique. « Nous offrons du support dans plusieurs domaines (marketing, finance, juridique, financier…) mais plus spécifiquement nous mettons notre expertise construction à la disposition des start-up. Chacune d’entre elles reçoit également au moins un parraineur au niveau du Comité de direction qui met à disposition son réseau clients, partenaires, fournisseurs… Nous allons tester les solutions sur nos sites de construction. »

Une première à Dubaï

D’ores et déjà, des sociétés ont retenu l’attention. C’est le cas de la start-up française CAD 42, spécialisée dans la sécurisation des ouvriers sur chantier, de la start-up espagnole Scaled Robotics qui propose un robot autonome qui effectue des relevés sur chantier, et de la start-up munichoise, Kewazo, active dans la robotique en échafaudage.

Besix a par ailleurs acquis des participations dans Neanex (qui développe un logiciel de collaboration et d’intégration BIM) et PropChain (une application qui numérise les preuves écrites dans le domaine de l’immobilier et centralise les documents pour les propriétaires et autres parties prenantes dans un environnement sécurisé).

Par ailleurs, un laboratoire d’impression béton en 3D a été récemment inauguré à Dubaï. « Plusieurs éléments de l’impression 3 D sont susceptibles d’apporter une réelle valeur ajoutée », explique à ce sujet Jonas Vandeven, directeur Besix 3D à Dubaï. « Il s’agit de la possibilité de concrétiser directement sur chantier des formes architecturales beaucoup plus complexes que celles effectuées en béton classique au départ d’un coffrage. Mais il y a également la vitesse d’exécution. On passe très vite d’un process de design, à une impression directe de cette forme précise avec l’aide d’un bras robotique. Autres avantages : un environnement de travail plus sûr, moins de déchets, d’émissions CO2. Depuis deux ans, nous travaillons notamment sur un projet de brise-lames. C’est un projet très prometteur… »

 
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