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La politique, entre cahots et chaos

Dans « Les ingénieurs du chaos » (éd. Lattès), Giulano Da Empoli décortique la manière dont des ingénieurs ont pris le contrôle d’Internet et des réseaux sociaux pour en faire des outils ultra-performants au service de partis populistes et d’opportunistes politiques prêts à tout pour vendre leur soupe…

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Chroniqueur Temps de lecture: 11 min

Da Empoli commence par le rappel de la folie du carnaval romain, durant lequel le monde se retrouve littéralement sens dessus dessous, cul par-dessus tête, carnaval et processus de renversement qui se trouvent au cœur du phénomène populiste, même si les « spin doctors », les scientifiques et les experts qui mènent la dansent ont ajouté à cette « fête » exubérante une face sombre et fort peu festive.

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7 Commentaires

  • Posté par Stinglhamber Xavier, mardi 11 juin 2019, 12:22

    Ouf ! Merci Vincent (de la part d'un ex-IHECSien), c'est terriblement intéressant et c'est à raison que j'utilise le mot terrible. Je dois encore prendre du recul et relire 2/3/10 X si nécessaire et partager nos réflexions avec quelques ami(e)s mais une chronique qui fait plus que nous interpeller...Merci Le Soir, super Vincent.

  • Posté par Deckers Björn, mardi 11 juin 2019, 10:19

    Naeije Robert, vous êtes soit aveugle, soit consentant à ce qui se passe. Il n'y a que vous pour ne pas être au courant des manipulations massives via les réseaux sociaux dans les élections de Trump, Bolsonaro (une échelle industrielle) et le référendum du Brexit (vous êtes bien le seul à être passé à côté du scandale Cambridge analytica). Avant de critiquer LE SOIR, apprenez donc à le lire! Entièrement d'accord par ailleurs avec la chronique ci-dessus. Il est plus que temps de responsabiliser les entreprises de réseaux sociaux qui sont en réalité asociaux (et en particulier l'entreprise de désinformation massive de la poubelles gigantesque qu'est devenue facebook). Il faut les toucher là ou ça fait mal et faire payer la désinformation. Comme le dit Vincent Engel, la régulation se fera très vite. Et oui aussi, les partis traditionnels doivent reconquérir le terrain perdu sans se livrer à leur tour à cette entreprise lamentable de travestissement de la vérité. Rien à été plus toxique pour la démocratie ces dernières années que la foire au fake diffusée sur le net. Préserver la démocratie nécessite de réguler internet. Et il y a urgence même si l'article dit vrai, les spectateurs commencent à voir les ficelles du magiciens.

  • Posté par Naeije Robert, mardi 11 juin 2019, 17:33

    "manipulations massives", "Trump" (bien sur", "Bolsonaro" (pourquoi pas?), "scandale de Cambridge analytica","désinformation massive", "entreprise lmamentable de travestissement de la vérité" "foire du fake" "ficelles des magiciens"... M Beckers, je crois vraiment que vous devriez vous reposer.

  • Posté par Monsieur Alain, lundi 10 juin 2019, 9:39

    Excellent diagnostic quoiqu'incomplet puisque l'extrême gauche, justement parce que non-citée, semble faire partie des médicaments recommandés par le Docteur Engel.

  • Posté par Moreau Michel, dimanche 9 juin 2019, 18:55

    Monsieur Engel, merci de rappeler les analyses si éclairantes de Giulano Da Empoli. Outre l'article de Mathieu Colinet du 23/04/2019 "Populismes, élections… Pour Giuliano da Empoli..." référencé dans le corps du texte, on peut aussi écouter en complément l'auteur interrogé par Adèle Van Reeth dans "Les Chemins de la Philosophie" (troisième partie de la série consacrée aux Algorithmes : Internet a-t-il réinventé les règles du jeu politique ?), un entretien du 08/05/2019 toujours disponible dans les podcasts de France Culture. Mais merci surtout de rappeler que "les gens ne sont pas tous des abrutis prêts à croire n’importe quoi", et que la dissidence prend forme... Certes, on doit constater un alignement de plus en plus étroit entre les techniques de la publicité/marketing, les pratiques des politiques, et les produits des médias (dans leur majorité). Cet alignement résulte de l'idée - machiavélique mais efficace - qu'il est extrêmement facile d'amener des moutons à consommer tous la même herbe (toxique ou non), pour peu que chacun d'eux croie qu'il l'a trouvée lui-même, ou qu'on l'a préparée minutieusement pour satisfaire ses besoins, soigner ses angoisses, lui assurer plein d'amis, voire faire de lui un dominant... La mise en oeuvre de ce principe avait déjà été détectée par Horkheimer-Adorno dès 1934 (la Kulturindustrie...), mais c'est évidemment l'apport récent des outils de profilage de masse qui a permis de passer à son exploitation industrielle ; et ce, surtout, à coût dérisoire/profit maximum pour ceux qui détiennent les gisements de données personnelles, extorquées à chaque seconde par les multinationales du recel des traces WEB (Cfr. les analyses d'Antoinette Rouvroy, par exemple). Un des symptôme les plus visibles de l'alignement étroit du marketing, du politique et du médiatique, c'est précisément leur recours commun de plus en plus massif, aveugle, soumis, complice... à ces multinationales, déjà plus puissantes que beaucoup d'Etats. Demain, au train où vont les choses, toutes les relations humaines (finance, commerce, loisirs, éducation, médecine...) passeront nécessairement par leur mains... A moins que... A moins que ceux qui veulent résister à l'abrutissement se parlent et recommencent à tisser les liens qui libèrent, reprennent l'échange de paroles ouvertes, poursuivent la bataille du sens partagé et la quête persévérante de plus de vérité et de bonheur. A moins que ces résistants manifestent à chaque occasion que c'est dans le regard de l'autre, dans la rencontre de son visage comme disait Emmanuel Levinas, que l'humanité se "vérifie", et nullement dans la fusion avec un profil prêt-à-porter fournis par une machine à pré-juger. C'est dans la dissolution de notre rapport concret à l'autre, dans son remplacement "gratuit" par des groupes de connivences artificielles, dans notre isolement consenti, que réside le pouvoir des nouveaux éleveurs de moutons... Comme vous le dites, le mouvement de dissidence contre cette exploitation a démarré ; à chacun de nous de lui prêter assistance !

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