Menaces, demande d’argent, surveillance…: un journaliste fait état de témoignages inquiétants au sein du PTB

Peter Mertens et Raoul Hedebouw
Peter Mertens et Raoul Hedebouw - Belga

Ce dimanche, dans l’émission politique de RTL « C’est pas tous les jours dimanche », le journaliste indépendant Patrick Lefèbvre a fait état de témoignages troublants sur le fonctionnement interne au PTB.

« Différents militants et ex-militants ont été interrogés et neuf personnes ont expliqué qu’à partir du moment où l’on arrive à un certain degré de militantisme, le parti demande des preuves de revenus du ménage », explique le journaliste. L’objectif est de déterminer les besoins réels de la personne. Il donne comme exemple un couple avec un enfant. « On a estimé que 2.100 euros étaient suffisants pour vivre et comme ils gagnaient plus de 3.000 euros, la différence devait être versée au PTB ». Le couple a décidé de quitter le parti.

« Il y a une véritable peur. La peur de représailles et clairement, trois personnes m’ont dit qu’il y avait des menaces sous entendues », explique le journaliste sur le plateau de RTL. « On connaît des Polonais qui pourraient vous faire du mal », a raconté un ancien militant.

Un autre exemple concerne le conseil communal à Namur. Le journaliste explique que les conseillers PTB ne peuvent pas assister à un drink organisé par la commune et ne peuvent fréquenter les gens des autres partis qui sont des « traîtres ». Les militants PTB se sentent surveillés. On parle ici d’une surveillance approfondie des réseaux sociaux. « Il y aurait une personne qui passe son temps à surveiller le Facebook des militants », ajoute Patrick Lefèbvre.

Pour le moment, aucune plainte n’a été déposée.

Et la réaction du parti ?

Le journaliste de RTL, Christophe Giltay, a contacté Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB, afin d’obtenir son avis sur ces témoignages inquiétants. Ce sont pour des problèmes d’organisation qu’il n’est venu pour parler du sujet sur le plateau. « Nous sommes un parti en expansion, des gens rentrent chez nous par centaine et quand ils sont confrontés à la réalité politique, telle que le PTB la conçoit, ils ont des problèmes. Ces militants n’ont pas bien compris où ils mettent les pieds. Et quand ils atteignent un certain niveau de militantisme, car c’est assez structuré, ils se rendent compte de certaines choses », explique Raoul Hedebouw.

 
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