RDCongo: vives tensions entre le clan Tshisekedi et le clan Kabila

Depuis la nomination de Felix Tshisekedi, les relations se sont tendues avec Joseph Kabila.
Depuis la nomination de Felix Tshisekedi, les relations se sont tendues avec Joseph Kabila. - Reuters

Cinq mois après les élections présidentielle et législatives, le Congo renoue avec les turbulences politiques. Il y a tout d’abord les tensions entre le clan du président Tshisekedi et celui de l’ex-président Kabila autour de la constitution d’un gouvernement. Si les deux parties ont réussi à se mettre d’accord sur le nom d’un Premier ministre, ça coince sur le partage des portefeuilles.

Et surtout parce que la coalition FCC de Kabila a conservé une large majorité des sièges à l’Assemblée nationale : plus de 300 sur 500 ! Ce qui ne facilite pas les choses. Une décision de la Cour constitutionnelle a même renforcé ce résultat en invalidant l’élection d’une vingtaine de députés (sur 33) de la coalition Lamuka de Martin Fayulu au profit du FCC.

Plusieurs incidents

Ce dernier conteste par ailleurs toujours le verdict officiel et controversé de l’élection présidentielle dont la Commission électorale (Céni) n’a jamais publié les résultats complets. D’après les observateurs de l’Eglise catholique déployés dans tout le pays pour les élections, Martin Fayulu l’aurait en effet emporté haut la main devant Tshisekedi et le dauphin de Kabila dont tout le monde a déjà oublié le nom.

Le climat de ces derniers jours n’est pas vraiment au partage serein des postes stratégiques au sein de l’exécutif. Plusieurs incidents ont opposé des militants du parti de Tshisekedi (UDPS) à ceux du parti de Kabila (PPRD), à Kinshasa aux abords du parlement et à Lubumbashi notamment où le siège local du PPRD a été incendié et pillé.

L’origine des tensions : les « combattants » de l’UDPS accusent le PPRD d’« outrage au chef de l’État ». Ils n’ont pas digéré le débat, vendredi dernier, dans l’hémicycle durant lequel les députés pro-Kabila ont remis en cause deux ordonnances présidentielles portant nomination à la tête de deux entreprises publiques (Gécamines et SNCC).

« Bêtise de la Cour constitutionnelle »

Mercredi, lors d’une conférence de presse, Martin Fayulu a annoncé un « programme de manifestations » à partir de jeudi pour dénoncer « la bêtise de la Cour constitutionnelle qui ne respecte pas les délais et qui ne respecte pas la procédure ». Les invalidations touchent toutes les forces de la coalition Lamuka dont le MLC de Jean-Pierre Bemba (qui a annoncé son retour à Kinshasa le 23 juin).

Dans une attaque d’une violence sans précédent, depuis les élections du 30 décembre, Martin Fayulu a accusé Tshisekedi et Kabila d’avoir « assassiné l’État de droit ». Il a annoncé « la suspension des activités parlementaires de tous les parlementaires de Lamuka jusqu’à nouvel ordre ».

Enfin, il a également annoncé pour le 30 juin, jour de la fête de l’Indépendance, « des manifestations de grande envergure » dans tout le pays.

 
 
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